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Les littoraux
normale et passagère d’un prédateur, qui relève d’un phénomène naturel. Les
destructions que celui-ci entraîne, comme dans le cas de celles dues aux cyclones
et aux tsunamis, contribuent elles aussi au maintien de la diversité et au bon équilibre des différentes populations qui constituent les écosystèmes récifaux. On a
d’ailleurs noté, au cours des années quatre-vingt, une régression d’Acanthaster
planci sur la Grande Barrière d’Australie et la reprise de la vie corallienne paraît
rapide là où la menace s’estompe. À Guam, dans l’archipel des Mariannes, il a
fallu seulement une douzaine d’années pour que des récifs recouvrent leur état
antérieur à leur dévastation par une invasion Acanthaster planci. Cependant, ici,
la part respective des différentes espèces de coraux a été modifiée au profit
d’espèces moins compétitives parce qu’elles avaient été plus que d’autres épargnées par le prédateur.
F. Les dégradations des récifs coralliens
par les activités humaines
Les récifs coralliens n’échappent pas aux dégradations que par ses activités
l’Homme apporte aux milieux littoraux. Mais parce qu’ils sont liés à la vie, ils sont
encore plus fragiles que les autres environnements côtiers vis-à-vis des menaces
d’origine anthropique. Il convient d’ajouter qu’à quelques exceptions près
(Australie, Japon, États-Unis, France par ses DOM-TOM), les récifs coralliens se
situent dans des pays du tiers-monde qui se préoccupent davantage de la solution
de leurs problèmes socio-économiques que de la gestion de leur environnement.
Les causes humaines des périls qui pèsent sur l’existence des récifs coralliens sont
multiples.
Il y a d’abord la pêche dont les méthodes peuvent être destructrices pour le
milieu récifal. Certaines sont traditionnelles, comme aux Philippines celles
connues sous les noms de muro ami et kayakas qui consistent à frapper violemment le corail, avec pour résultat de le casser, à l’aide de lourdes pierres ou de gros
bâtons pour chasser les poissons vers des filets. Plus nocif encore est le recours au
dynamitage dont l’usage s’est généralisé dans l’océan Pacifique avec l’introduction d’explosifs dans le sillage des armées qui s’y sont battues pendant la
Deuxième Guerre mondiale. Des lagons ont été ainsi complètement dévastés. Le
cyanure de sodium utilisé pour la capture de poissons destinés à des aquariums
s’avère toxique pour bon nombre d’organismes récifaux.
Les activités extractives sont également très agressives pour les récifs. Les
coraux vivants et morts qui les constituent procurent à maintes communautés des
côtes et des îles tropicales une source commode, et la seule dans le cas des atolls,
de matériaux de construction pour les maisons et les routes. Ils servent aussi à la
fabrication de la chaux. Avec les moyens mécaniques dont on dispose aujourd’hui,
les volumes rocheux enlevés dépassent de beaucoup ceux créés par la croissance
des récifs. A Tahiti, pour une surface de construction corallienne estimée à
160 km2, et une population de Tordre de 120 000 personnes, l’extraction représente 2 m3 par an et par habitant. On drague aussi du sable dans les lagons. Ces
prélèvements provoquent une turbidité qui gêne la vie corallienne.
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