Les deltas
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Le delta, fondamentalement sablo-limoneux, montre une forme conique régulière, d’environ 12 km de génératrice, à pente très faible (0,04 %0). Le fleuve s’y
divise en de nombreux chenaux divergeant vers l’aval, certains aboutissant à des
chenaux de marée.
Les épandages aréolaires de dépôts détritiques ne se produisent qu’épisodiquement, lors de crues qui voient l’eau déborder des chenaux. Entre les crues, la
déflation éolienne est intense et remanie les sédiments. Les auteurs ne parlent pas
de dunes, mais ils insistent sur la présence d’un pavage qui résulte d’un balayage
des éléments les plus fins. Pendant la majeure partie de l’année, les eaux très salées
(plus de 100 g.L ) qui arrivent de 1 amont où affleurent des évaporites anciennes
percolent dans les dépôts du delta. L’occurrence dans ces dépôts de minéraux
néoformés, de l’argile magnésienne (attapulgite) et de la dolomite, en concentrations importantes, est mise en rapport avec l’évaporation de ces eaux interstitielles.
Dans un tel cadre, la présence de dépressions tantôt inondées tantôt asséchées
devrait permettre la formation de dunes d’argile, mais il n’en est pas signalé.
► Les deltas des régions tropicales humides. — De nombreux deltas, parmi les
plus étendus du monde, se rencontrent dans les latitudes chaudes et arrosées, tout
spécialement en Asie des moussons.
Ce grand développement des deltas tient à la fois au débit liquide important et à
la charge solide élevée des fleuves. Ces caractères sont liés aux conditions
climatiques : précipitations abondantes, chaleur et humidité constantes, donc une
conjonction propice à une altération rapide et profonde des roches qui libèrent de
grandes quantités de débris fins. En période de crue, le Gange et le Brahmapoutre
jettent ensemble à la mer 1,3.107 tonnes de sédiments par jour.
La végétation exubérante accélère la sédimentation. À cet égard, la mangrove
joue un rôle de premier plan dans l’extension de la terre aux dépens de la mer. En
colonisant rapidement les vasières, elle accroît l’accrétion car elle retient et fixe les
particules en suspension. Dans le delta de la Mahakam, à Bornéo, une formation à
palmiers (nipah nipah) couvre la plaine deltaïque en arrière de la mangrove. Elle
aussi, piège les sédiments lorsque, pendant les crues, les eaux turbides débordent
- des bras fluviaux. Une très grande quantité de matière organique est ajoutée aux
S apports minéraux. Sur la marge deltaïque, il existe des crêtes de plage constituées
’ majoritairement par des débris végétaux.
g Les deltas des régions tropicales humides sont sujets à des inondations d autant
5 plus dangereuses qu’ils sont souvent densément peuplés. En particulier, là où des
« typhons peuvent se produire, ils déchaînent des crues démesurées dues à des
o chutes de pluie intense. Ils sont aussi à l’origine de la submersion des terres basses
| par les eaux marines car la baisse de pression et les vents violents déclenchent des
§ ondes de tempête, particulièrement catastrophiques lorsqu elles correspondent à
: des marées de vives-eaux. Ainsi, le Bangladesh, dans le delta du Gange et du Biah3 mapoutre, est fréquemment dévasté par de calamiteuses inondations fluviales et
i marines.
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Sur les côtes des mers chaudes, là où s’édifient des deltas, les constiactions
r coralliennes manquent, la forte turbidité des eaux littorales inhibant la croissance
j des coraux.
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