Les deltas
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Fig. 89. —Morphologie d’un delta.
A : plaine deltaïque. B : marge deltaïque. C : front deltaïque. D : talus prodeltaïque.
a : sables, limons, argiles, b : argiles.
1 : diapir de boue.
La pente du talus prodeltaïque est très exagérée puisqu’elle ne dépasse pas 10° dans la réalité.
Les flèches noires expriment la progradation.
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Œ
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oblique ou entrecroisée, qui représentent le faciès distal de la sédimentation
deltaïque (fore set beds) et qui sont progressivement recouvertes en discordance par
les couches sommitales plus grossières du delta proprement dit. Pour prendre un
exemple, le talus prodeltaïque de la rivière Fraser, au Canada, a une pente dont les
valeurs vont de l°40’ à 3°30’ ; entre 1929 et 1959, il a avancé en moyenne de 4 m
par an; son pied se situe à 180 m de profondeur.
Au-delà du talus prodeltaïque se déposent sur la plate-forme continentale des
argiles fines et des particules encore plus petites qui donnent des couches de fond
(bottomset beds) horizontales.
Le talus prodeltaïque est fréquemment affecté par des mouvements de masse. La
pente, dès qu’elle atteint une valeur de 2°, devient critique pour des sédiments argileux
meubles, imbibés d’eau, qui subissent en outre le poids des couches sommitales et qui
sont aussi le siège de dégagement de gaz produits par la décomposition d une abondante matière organique. Les glissements sont à l’origine de ravins (guilies), bien
connus dans les deltas du Mississippi, du Niger et de la Fraser, qui ont quelques mètres
ou quelques dizaines de mètres de profondeur, quelques centaines de mètres de large
et plusieurs kilomètres de longueur. Le matériel arraché n atteint pas nécessairement
le pied du talus : il peut s’arrêter en cours de route pour former des monticules lobés.
Ravins et monticules sont ensuite progressivement enfouis sous les argiles qui continuent à se déposer jusqu’au moment où un nouveau mouvement de masse se produira.
Les diapirs de vase (mudlumps), bien étudiés dans le delta du Mississippi, sont
des éjections d’argiles du prodelta à travers les couches sommitales, dues aux pressions que celles-ci exercent sur celles-là. Certains d entre eux ai rivent a émerger et
donnent naissance à de petites îles. Des vitesses de montée du matériel de
plusieurs mètres par an ont été parfois constatées.
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Fig. 89. —Morphologie d’un delta.
A : plaine deltaïque. B : marge deltaïque. C : front deltaïque. D : talus prodeltaïque.
a : sables, limons, argiles, b : argiles.
1 : diapir de boue.
La pente du talus prodeltaïque est très exagérée puisqu’elle ne dépasse pas 10° dans la réalité.
Les flèches noires expriment la progradation.
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oblique ou entrecroisée, qui représentent le faciès distal de la sédimentation
deltaïque (fore set beds) et qui sont progressivement recouvertes en discordance par
les couches sommitales plus grossières du delta proprement dit. Pour prendre un
exemple, le talus prodeltaïque de la rivière Fraser, au Canada, a une pente dont les
valeurs vont de l°40’ à 3°30’ ; entre 1929 et 1959, il a avancé en moyenne de 4 m
par an; son pied se situe à 180 m de profondeur.
Au-delà du talus prodeltaïque se déposent sur la plate-forme continentale des
argiles fines et des particules encore plus petites qui donnent des couches de fond
(bottomset beds) horizontales.
Le talus prodeltaïque est fréquemment affecté par des mouvements de masse. La
pente, dès qu’elle atteint une valeur de 2°, devient critique pour des sédiments argileux
meubles, imbibés d’eau, qui subissent en outre le poids des couches sommitales et qui
sont aussi le siège de dégagement de gaz produits par la décomposition d une abondante matière organique. Les glissements sont à l’origine de ravins (guilies), bien
connus dans les deltas du Mississippi, du Niger et de la Fraser, qui ont quelques mètres
ou quelques dizaines de mètres de profondeur, quelques centaines de mètres de large
et plusieurs kilomètres de longueur. Le matériel arraché n atteint pas nécessairement
le pied du talus : il peut s’arrêter en cours de route pour former des monticules lobés.
Ravins et monticules sont ensuite progressivement enfouis sous les argiles qui continuent à se déposer jusqu’au moment où un nouveau mouvement de masse se produira.
Les diapirs de vase (mudlumps), bien étudiés dans le delta du Mississippi, sont
des éjections d’argiles du prodelta à travers les couches sommitales, dues aux pressions que celles-ci exercent sur celles-là. Certains d entre eux ai rivent a émerger et
donnent naissance à de petites îles. Des vitesses de montée du matériel de
plusieurs mètres par an ont été parfois constatées.
