Photo 32. — Ancien lit fluvial, delta de la Medjerda, Tunisie.
Le lit à méandres, bien conservé, a été abandonné par le fleuve au IIe siècle av. J.-C.
basse environnante. Parce qu’ils offrent une protection relative contre les inondations, ils fixent les agglomérations qui prennent l’aspect caractéristique du villagerue. La charge solide étant abondante et le gradient longitudinal faible, les fleuves,
tout en édifiant des levées alluviales, exhaussent leur lit en déposant cette charge.
Ce relèvement s’accentue au fur et à mesure que les cours d’eau s’allongent en
gagnant sur la mer, car leur pente ne cesse de diminuer et, avec elle, leur capacité
de transport. Une telle situation fait que le fleuve est obligé de changer de lit si, à
l’occasion d’une crue, une rupture — ce que l’on dénomme une crevasse dans le
delta du Mississippi — se produit dans une levée. Il modifiera alors sa direction en
empruntant un nouveau tracé plus court et plus pentu vers la mer. Les bras morts —
appelés bayous en Louisiane — sont nombreux dans les plaines deltaïques et leurs
traces se perpétuent longtemps dans le modelé (photo 32).
Cependant, si au moment où s’ouvre une brèche dans un bourrelet de rive
l’exhaussement n’est pas trop prononcé, le chenal pourra continuer à fonctionner
mais son débit ira s’affaiblissant par rapport au nouveau bras qui sera conquérant
parce que sa pente est plus marquée. C’est une situation que l’on constate pour le
bras Atchafalaya qui représente un raccourcissement de 307 km par comparaison
avec le cours du Mississippi aboutissant au sous-delta de Balize. Né au milieu du
XVIe siècle, le bras Atchafalaya n’a pris de l’importance qu’au cours du XXe siècle et
particulièrement pendant les dernières décennies. À son embouchure où apparaît
déjà une forme en patte d’oiseau dont les images de satellite permettent de suivre le
développement, sont arrivées, en moyenne annuelle, 96.106 de sédiments pour la
période 1973-1975 contre seulement 46 pour la période 1967-1971. Cependant, des
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