Les deltas
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travaux d’ingénierie empêchent le bras Atchafalaya de l’emporter sur le chenal
actuel du Mississippi pour ne pas modifier les conditions de navigation sur le lit qui
se termine dans le secteur de Balize.
De fait, la défluviation constitue un phénomène général et essentiel pour
comprendre la formation et l’évolution des deltas composés. Outre les deux bras
actuels de Rosette et de Damiette, existent dans le delta du Nil les traces d’au
moins sept autres bras aujourd’hui asséchés (canopique, saïtique, sébennytique,
atribique, mendésien, tanitique, pélusiaque). Les cours abandonnés du delta du
Rhône sont bien connus (fig. 84). Pour le Gange, six lits successifs ont été repérés,
montrant un glissement du fleuve vers le nord-est, ce qui le rapproche du Brahmapoutre qui, lui, s’est déplacé vers l’ouest.
Les défluviations sont à l’origine de sous-deltas successifs qui parfois se
chevauchent et constituent par leur coalescence de vastes plaines deltaïques. À cet
égard, le delta du Mississippi qui résulte de la réunion de six sous-deltas holocènes
(Sale-Cypremort, Cocodrie, Teche, Saint-Bernard, Lafourche, Plaquemine),
auxquels s’ajoutent celui actif de Balize et celui naissant d’Atchafalaya, est très
connu et il est souvent cité car il a été étudié en détail. Celui du Danube n’est pas
moins démonstratif. N. Panin (1974) y a distingué trois sous-deltas anciens —
Saint-Georges I (5 600-3 200 ans B.P.), Sulina (3 800-1 200 ans B.P), Sinoe
(1 800-1 300 ans B.P.) — et deux sous-deltas actifs. Ces derniers sont liés aux bras
Chilia et Saint-Georges qui écoulent respectivement 65 % et 20 % du débit du
Danube. Les 15 % restant sont évacués par le bras Sulina, rectifié pour la navigation, à l’embouchure duquel la côte a reculé (fig. 85).
Entre les lits fluviaux, plus ou moins surélevés, existent des espaces bas dont
les parties les plus déprimées constituent des cuvettes peu profondes, réceptacles
des eaux de débordement chargées de limons et d’argiles. Des rigoles y conduisent à l’extrémité desquelles s’accumulent de petits cônes de déjection. J. Tricart
distingue les cuvettes d’inondation, qui se vidangent progressivement lors des
décrues, des cuvettes de décantation, fermées de tous côtés par des levées alluviales, où les eaux stagnent. Les chenaux abandonnés et les méandres recoupés
restent aussi longtemps inondés. Dans ces dépressions, là où le climat est
pluvieux, une végétation palustre s’installe, comme celle des vastes champs de
; phragmites du delta du Danube. Ailleurs, là où les températures sont plus fraî? ches, par exemple dans le delta de la rivière Fraser, en Colombie britannique, des
3 tourbières à sphaignes se forment. Ainsi, une quantité importante de matière orga| nique est incorporée à la vase qui se dépose. Dans les régions à régime
» pluviométrique et thermique contrasté, l’eau stagnante peut s’évaporer complète2 ment pendant la saison sèche. Si elle contient des sels en dissolution, la formation
t d efflorescences s’accompagne d’une floculation des particules fines. A 1 occa, sion, des agrégats sont emportés par le vent, puis piégés sur une rive par la
ï végétation. Le lessivage des sels se fait pendant la saison des pluies et les argiles
s finissent par constituer une dune en forme de croissant, appelée lunette. Les
à lunettes constituent des hauteurs qui dominent nettement la plaine deltaïque .
celles de Pont-de-Bizerte, dans le delta de la Medjerda, atteignent une cinquan5 taine de mètres.
? Les cuvettes d’inondation et de décantation des deltas sont condamnées à dispai mitre par remblaiement progressif, mais leur colmatage est ralenti, parfois, on
9 vient de le voir, par la déflation, plus souvent par la compaction des sédiments que
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travaux d’ingénierie empêchent le bras Atchafalaya de l’emporter sur le chenal
actuel du Mississippi pour ne pas modifier les conditions de navigation sur le lit qui
se termine dans le secteur de Balize.
De fait, la défluviation constitue un phénomène général et essentiel pour
comprendre la formation et l’évolution des deltas composés. Outre les deux bras
actuels de Rosette et de Damiette, existent dans le delta du Nil les traces d’au
moins sept autres bras aujourd’hui asséchés (canopique, saïtique, sébennytique,
atribique, mendésien, tanitique, pélusiaque). Les cours abandonnés du delta du
Rhône sont bien connus (fig. 84). Pour le Gange, six lits successifs ont été repérés,
montrant un glissement du fleuve vers le nord-est, ce qui le rapproche du Brahmapoutre qui, lui, s’est déplacé vers l’ouest.
Les défluviations sont à l’origine de sous-deltas successifs qui parfois se
chevauchent et constituent par leur coalescence de vastes plaines deltaïques. À cet
égard, le delta du Mississippi qui résulte de la réunion de six sous-deltas holocènes
(Sale-Cypremort, Cocodrie, Teche, Saint-Bernard, Lafourche, Plaquemine),
auxquels s’ajoutent celui actif de Balize et celui naissant d’Atchafalaya, est très
connu et il est souvent cité car il a été étudié en détail. Celui du Danube n’est pas
moins démonstratif. N. Panin (1974) y a distingué trois sous-deltas anciens —
Saint-Georges I (5 600-3 200 ans B.P.), Sulina (3 800-1 200 ans B.P), Sinoe
(1 800-1 300 ans B.P.) — et deux sous-deltas actifs. Ces derniers sont liés aux bras
Chilia et Saint-Georges qui écoulent respectivement 65 % et 20 % du débit du
Danube. Les 15 % restant sont évacués par le bras Sulina, rectifié pour la navigation, à l’embouchure duquel la côte a reculé (fig. 85).
Entre les lits fluviaux, plus ou moins surélevés, existent des espaces bas dont
les parties les plus déprimées constituent des cuvettes peu profondes, réceptacles
des eaux de débordement chargées de limons et d’argiles. Des rigoles y conduisent à l’extrémité desquelles s’accumulent de petits cônes de déjection. J. Tricart
distingue les cuvettes d’inondation, qui se vidangent progressivement lors des
décrues, des cuvettes de décantation, fermées de tous côtés par des levées alluviales, où les eaux stagnent. Les chenaux abandonnés et les méandres recoupés
restent aussi longtemps inondés. Dans ces dépressions, là où le climat est
pluvieux, une végétation palustre s’installe, comme celle des vastes champs de
; phragmites du delta du Danube. Ailleurs, là où les températures sont plus fraî? ches, par exemple dans le delta de la rivière Fraser, en Colombie britannique, des
3 tourbières à sphaignes se forment. Ainsi, une quantité importante de matière orga| nique est incorporée à la vase qui se dépose. Dans les régions à régime
» pluviométrique et thermique contrasté, l’eau stagnante peut s’évaporer complète2 ment pendant la saison sèche. Si elle contient des sels en dissolution, la formation
t d efflorescences s’accompagne d’une floculation des particules fines. A 1 occa, sion, des agrégats sont emportés par le vent, puis piégés sur une rive par la
ï végétation. Le lessivage des sels se fait pendant la saison des pluies et les argiles
s finissent par constituer une dune en forme de croissant, appelée lunette. Les
à lunettes constituent des hauteurs qui dominent nettement la plaine deltaïque .
celles de Pont-de-Bizerte, dans le delta de la Medjerda, atteignent une cinquan5 taine de mètres.
? Les cuvettes d’inondation et de décantation des deltas sont condamnées à dispai mitre par remblaiement progressif, mais leur colmatage est ralenti, parfois, on
9 vient de le voir, par la déflation, plus souvent par la compaction des sédiments que
