Les deltas
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surcharge alluviale. A cet affaisement s’ajoutent, d’une part une compaction par
tassement des sédiments compressibles (sables gorgés d’eau, argiles, tourbes),
d’autre part le léger relèvement eustatique contemporain. Ainsi se manifeste une
tendance transgressive qui a pour effet d’accroître l’efficacité des forces marines
d’érosion et de dispersion des matériaux terrigènes. La subsidence de la marge
nord-est du delta du Nil a été en moyenne de 0,5 cm par an au cours des
7 500 dernièies années. La subsidence actuelle du Mississippi est estimée à
environ 1 cm par an. Le résultat est que les sous-deltas abandonnés par le fleuve à
l’occasion de ses changements de cours sont progressivement submergés.
C. La formation des deltas
La formation d’un delta résulte de l’interaction à l’embouchure d’un cours
d’eau de processus hydrodynamiques fluviaux et marins. Ceux-ci sont moins efficaces que ceux-là puisqu’ils ne sont pas capables de disperser tous les sédiments
terrigènes apportés dont une partie s’accumule sur place.
Le dépôt d’alluvions par un cours d’eau à son embouchure s’explique d’abord
par une diminution de la pente longitudinale du lit à l’approche du rivage et finalement son annulation au niveau de la mer. Ceci a pour effet de réduire et de faire
tendre vers zéro la vitesse du courant fluvial dont la compétence et la capacité
décroissent. Quand cette décroissance est progressive, ce sont les éléments les plus
grossiers, ceux transportés par reptation (galets, graviers) et saltation (sables) qui
se déposent les premiers, ceux véhiculés en suspension continuant plus loin leur
chemin. Il y a donc diminution vers l’aval de la taille des matériaux déposés.
Lorsque le courant fluvial pénètre dans la mer, la décélération est très rapide car
à l’annulation de la pente s’ajoutent l’épanouissement dans le réceptacle, l’affrontement avec les forces antagonistes des vagues et aussi de la marée au moment du
flot. La floculation intervient également. Cependant, parce que l’eau douce, même
turbide, sauf si elle est très froide ou très chargée en matériaux, est plus légère que
l’eau salée, le mélange entre l’une et l’autre n’est pas immédiat. Des particules qui
sont en suspension peuvent le rester en passant dans le domaine marin agité par les
vagues, comme en témoignent les panaches turbides que l’on voit, sur les images
de satellite des deltas, s’avançant vers le large à partir des embouchures.
Aux dépôts terrigènes dus directement au courant fluvial là où il pénètre dans la
mer, s’ajoutent d’autres dépôts dont il est indirectement responsable, lorsqu’il
bloque le transfert sableux assuré par la dérive littorale parallèlement au rivage.
Sables et parfois galets s’accumulent alors du côté d’où vient cette dérive. Ainsi
s explique l’incorporation de sédiments d’origine marine dans un delta dont les
matériaux constitutifs sont néanmoins avant tout de provenance continentale.
L’accumulation de sédiments à l’embouchure des cours d’eau donne des barres
Qui prennent des formes diverses selon le rapport de forces entre le courant fluvial,
les vagues et la marée (fig. 82).
Lorsque le débit fluvial est important, la charge solide abondante et les actions
marines modestes, la morphologie de l’embouchure est caractérisée par des levées
sous-aquatiques qui prolongent les levées subaériennes de la rivière et qui canalisent le courant dans la mer sur une distance plus ou moins grande. À 1 extrémité du
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