Les estuaires
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plusieurs kilomètres de longueur. Elle a tendance à se former dans le fond des
chenaux et à y stagner. Elle évolue selon un cycle déterminé par la marée. Elle se
développe pendant les périodes de coefficients décroissants tandis qu’elle perd de
sa substance pendant les époques de revif, d’où un gonflement et un dégonflement
du bouchon vaseux que l’on a pu comparer à un ballon de baudruche. Mais, toutes
les particules qui se sont rassemblées et accumulées dans la crème de vase ne sont
pas remises en mouvement car une partie d’entre elles devient suffisamment
compacte et cohérente pour résister à la dispersion. Ainsi, à chaque lunaison, une
mince couche de vase se dépose au fond de l’estuaire.
Le bouchon vaseux peut être expulsé hors de l’estuaire lorsque de fortes crues
fluviales sont accompagnées par de grandes marées. Des images de satellite, obtenues lorsque cette conjonction est réalisée pour la Gironde, montrent des panaches
turbides qui s’échappent en mer vers le nord et dont les matériaux finissent par se
sédimenter sur la plate-forme continentale.
Le bouchon vaseux ne concentre pas que des particules minérales. A celles-ci
sont associés, depuis que les estuaires font l’objet d’aménagements urbains,
portuaires et industriels, des polluants chimiques et bactériologiques. La connaissance du comportement du bouchon vaseux présente donc un intérêt pratique
évident.
La sédimentation se fait à la hauteur du bouchon vaseux, non seulement dans le
fond des chenaux comme on l’a vu à propos de la crème de vase, mais aussi sur les
bords des estuaires, de l’amont à l’aval, puisque la zone de turbidité maximale
connaît des pulsations latérales et aussi des déplacements longitudinaux en fonction du débit fluvial et du coefficient des marées. Cette sédimentation est
importante par le volume des matériaux fins qu’elle met en jeu. Pour prendre
l’exemple de la Gironde, on a dit que la Garonne et la Dordogne apportent annuellement à cet estuaire 2,5.106 tonnes de charge solide de taille inférieure à celle des
sables. De fait, par suite d’un phénomène de stockage, les particules en suspension
dans la Gironde représentent un volume d’un à deux ordres plus élevé, à partir
duquel se sédimentent en moyenne chaque année 1,5.106 tonnes sur les espaces
subtidaux et intertidaux latéraux, la différence finissant par être expulsée pour aller
se déposer sur la plate-forme continentale (Castaing, 1981).
g Les auteurs accordent souvent à la floculation des argiles un rôle impôt tant dans
■5 h sédimentation des particules en suspension, mais les modalités de son occuirence font toujours l’objet de discussions. La floculation se produit au contact de
® 1 eau douce fluviale et de l’eau salée marine dont les électrolytes favoriseraient la
» formation d'agrégats de taille suffisante pour qu’ils se mettent à chutei. Des
□ actions biologiques interviennent aussi. Des organismes ingèrent des particules en
ç suspension, assimilent la matière organique et rejettent la fraction minérale sous a
- forme d’agrégats appelés fecal pellets.
g La décantation de l’eau turbide du bouchon vaseux a lieu pendant les étalés
o caractérisés par une immobilisation de la masse liquide, surtout les étales de p eine
« merplus longs que ceux de basse mer, par suite de la dissymétrie de la cour e ce
J marée dans les estuaires. Cette décantation se produit vers l’amont lors des etiages
g vers laval lors des crues. L’établissement des courants de Ilot et e Jusan
। P'ovoque une remise en suspension des particules dès qu une vitesse su isante es
i Peinte pour vaincre leur adhérence. Cependant, en période de marnage decroissant, la puissance de ces courants diminue et, à chaque maiée, la quantité e vase
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plusieurs kilomètres de longueur. Elle a tendance à se former dans le fond des
chenaux et à y stagner. Elle évolue selon un cycle déterminé par la marée. Elle se
développe pendant les périodes de coefficients décroissants tandis qu’elle perd de
sa substance pendant les époques de revif, d’où un gonflement et un dégonflement
du bouchon vaseux que l’on a pu comparer à un ballon de baudruche. Mais, toutes
les particules qui se sont rassemblées et accumulées dans la crème de vase ne sont
pas remises en mouvement car une partie d’entre elles devient suffisamment
compacte et cohérente pour résister à la dispersion. Ainsi, à chaque lunaison, une
mince couche de vase se dépose au fond de l’estuaire.
Le bouchon vaseux peut être expulsé hors de l’estuaire lorsque de fortes crues
fluviales sont accompagnées par de grandes marées. Des images de satellite, obtenues lorsque cette conjonction est réalisée pour la Gironde, montrent des panaches
turbides qui s’échappent en mer vers le nord et dont les matériaux finissent par se
sédimenter sur la plate-forme continentale.
Le bouchon vaseux ne concentre pas que des particules minérales. A celles-ci
sont associés, depuis que les estuaires font l’objet d’aménagements urbains,
portuaires et industriels, des polluants chimiques et bactériologiques. La connaissance du comportement du bouchon vaseux présente donc un intérêt pratique
évident.
La sédimentation se fait à la hauteur du bouchon vaseux, non seulement dans le
fond des chenaux comme on l’a vu à propos de la crème de vase, mais aussi sur les
bords des estuaires, de l’amont à l’aval, puisque la zone de turbidité maximale
connaît des pulsations latérales et aussi des déplacements longitudinaux en fonction du débit fluvial et du coefficient des marées. Cette sédimentation est
importante par le volume des matériaux fins qu’elle met en jeu. Pour prendre
l’exemple de la Gironde, on a dit que la Garonne et la Dordogne apportent annuellement à cet estuaire 2,5.106 tonnes de charge solide de taille inférieure à celle des
sables. De fait, par suite d’un phénomène de stockage, les particules en suspension
dans la Gironde représentent un volume d’un à deux ordres plus élevé, à partir
duquel se sédimentent en moyenne chaque année 1,5.106 tonnes sur les espaces
subtidaux et intertidaux latéraux, la différence finissant par être expulsée pour aller
se déposer sur la plate-forme continentale (Castaing, 1981).
g Les auteurs accordent souvent à la floculation des argiles un rôle impôt tant dans
■5 h sédimentation des particules en suspension, mais les modalités de son occuirence font toujours l’objet de discussions. La floculation se produit au contact de
® 1 eau douce fluviale et de l’eau salée marine dont les électrolytes favoriseraient la
» formation d'agrégats de taille suffisante pour qu’ils se mettent à chutei. Des
□ actions biologiques interviennent aussi. Des organismes ingèrent des particules en
ç suspension, assimilent la matière organique et rejettent la fraction minérale sous a
- forme d’agrégats appelés fecal pellets.
g La décantation de l’eau turbide du bouchon vaseux a lieu pendant les étalés
o caractérisés par une immobilisation de la masse liquide, surtout les étales de p eine
« merplus longs que ceux de basse mer, par suite de la dissymétrie de la cour e ce
J marée dans les estuaires. Cette décantation se produit vers l’amont lors des etiages
g vers laval lors des crues. L’établissement des courants de Ilot et e Jusan
। P'ovoque une remise en suspension des particules dès qu une vitesse su isante es
i Peinte pour vaincre leur adhérence. Cependant, en période de marnage decroissant, la puissance de ces courants diminue et, à chaque maiée, la quantité e vase
