Les lagunes
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était suffisant. Le phénomène est très net sur les rives des lagunes orientales
(King Lake, Victoria Lake), les plus proches de la passe artificielle. Il y a là un
exemple intéressant d’un effet indirect d’un aménagement sur l’évolution d’un
milieu lagunaire.
Toute modification d’origine anthropique du débit solide ou liquide des rivières a
des conséquences sur le comportement des lagunes dans lesquelles elles débouchent.
Dans la lagune St. Lucia, sur la côte du Natal, en Afrique du Sud, les apports
solides ont considérablement augmenté aux cours des dernières décennies en liaison
avec des défrichements étendus. Ceux-ci ont déclenché une forte érosion des sols,
favorisée par des conditions climatiques de type subtropical. A.R. Orme (1975)
estime que le taux actuel de la sédimentation lagunaire est au moins trois fois supérieur à celui qui a pu être calculé pour l’ensemble des 5 000 dernières années. Aussi
le processus de compartimentage en six lagunes plus petites de forme ovale, par la
construction de flèches internes, qui était amorcé naturellement, est-il en cours
d’accélération. Les caractéristiques écologiques de la lagune sont modifiées.
L’édification de barrages et les prélèvements d’eau pour l’irrigation diminuent
le débit des rivières et altèrent les conditions hydrologiques des lagunes dans
lesquelles ces rivières aboutissent. Les passes, lorsqu’il en existe, ont alors
tendance à se fermer par suite de l’affaiblissement de l’effet de chasse. Ainsi, pour
reprendre l’exemple de la lagune St. Lucia, le détournement en 1952 de la rivière
Mfolozi vers le sud a eu pour conséquence de réduire les apports solides, mais
aussi de rendre plus fréquente la fermeture de la lagune.
Comme dans d’autres espaces littoraux abrités, les lagunes sont souvent équipées, en particulier dans les régions tempérées, d’installations conchylicoles.
Celles-ci ont une influence sur la morphologie des fonds. En effet, les tables ostréicoles et les bouchots mytilicoles perturbent les conditions hydrologiques. Ils
représentent des obstacles qui affaiblissent l’agitation de l’eau en ralentissant les
courants de marée et en diminuant la hauteur des vagues. Ils favorisent la sédimentation en même temps qu’ils rendent difficile la remise en suspension des
particules fines. D’autre part, la concentration en mollusques sur les lieux d élevage renforce le rôle de la biodéposition. La vase est surtout constituée de
boulettes fécales riches en carbone organique. Il en résulte un exhaussement des
= fonds dont le modelé de détail montre des buttes et des chenaux (fig. 66). Cette
ç exhaussement menace à terme les rendements de la conchyliculture en gênant la
» circulation de l’eau, donc le renouvellement des nutriments.
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2 ► Le « lac » de Tunis
ç C’est, en fait, une lagune littorale méditerranéenne qui présente 1 originalité,
J sans doute unique au monde, d’avoir subi de fortes influences anthropiques depuis
| près de 3 000 ans puisque les historiens s’accordent pour placer la fondation e
2 Carthage au début du vme siècle av. J.-C. Son évolution pendant l’époque histo| nque est étroitement commandée par la présence de l’Homme.
i La lagune couvre aujourd’hui environ 45 km-. Sa profondeur est faible, en
à général de l’ordre de 1 m. Au cours de l’année, il tombe en moyenne 450 mm de
? Prèie, tandis que l’évaporation est estimée à 1 600 mm. La lagune ne benf ’cæ
1 a aucun tributaire permanent. En été, la température de l’eau peut atterndre 3U et
6 la salinité dépasser 45 %o.
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