148
Les littoraux
Fig. 65. —Accrétion et érosion sur les bords d’une lagune, le cas des GippslandLakes,
Victoria, Australie (d’après E.C.F. Bird, 1978).
A : à l’état naturel, dans un milieu d’eau douce, développement d’un marécage à phragmites et
accrétion.
B : après l’ouverture d’une passe, augmentation de la salinité de l’eau, dépérissement des
phragmites et érosion.
la marée changent : il en résulte une modification des caractères de la sédimentation. On en reparlera à propos de la lagune de Venise. Quant au développement de
la navigation à moteur, il accroît l’ampleur du batillage, d’où une plus forte érosion
des berges.
Une meilleure communication avec la mer entraîne une augmentation de la
salinité de 1 eau de la lagune. Cette élévation du taux de salinité peut avoir une
influence sur 1 évolution géomorphologique de la lagune. Les Gippsland Lakes,
ensemble de lagunes du sud-est australien déjà cité, en donnent un exemple significatif (fig. 65). A 1 état naturel, qui a duré jusqu’à la fin du XIXe siècle, la liaison
avec la mer était intermittente et l’eau des lagunes était dans l’ensemble douce.
Des marécages couverts de phragmites s’étendaient largement sur les rives. La
sédimentation y était active car cette végétation de roseaux participait efficacement au piégeage des sédiments fins apportés par les rivières tributaires. Aussi la
superficie des lagunes se réduisait-elle par colmatage à partir des bordures.
L ouverture, en 1889, d’une passe artificielle, maintenue depuis en état de fonctionnement, a considérablement accru la salinité des Gippsland Lakes, ce qui a
entraîne un dépérissement des phragmites. La conséquence est, non seulement un
arrêt e accrétion, mais encore une érosion par les vagues des anciens dépôts
marécageux, e petites falaises sont taillées dans la vase colonisée par la forêt
listes qui prenait la place de la formation à roseaux dès que le remblaiement
Précédent

- 151/262

Suivant