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Les littoraux
Fig. 49. — Coupe topographique à travers les prises de Saint-Michel-en-l’Herm
(marais Poivetin) (d’après F. Verger, 1968).
Wadden, où diverses pratiques ont été mises en œuvre pour atteindre ce but, F. Verger
(1956) a pu parler d’un «jardinage de la vase ». Ainsi, des parcs de sédimentation ont
été créés. La technique de leur aménagement consistait à enclore une étendue de
slikke par des clayonnages, faits de fascines et de pieux fichés dans la vase, munis
d’ouvertures afin de faciliter la pénétration de la marée. Des rigoles étaient creusées
pour permettre une meilleure répartition de l’eau du flot. En France, des parcs de
sédimentation, vastes de plusieurs dizaines ou centaines d’hectares, ont été délimités
par des digues basses, faites de pierres, submersibles pendant les pleines mers. Dans
ces grands casiers, mis à l’abri de la divagation des chenaux, des nappes d’eau calme
étaient retenues lors des baissées, ce qui favorisait le dépôt. On observait de la sorte
des taux de sédimentation verticale de plusieurs centimètres par an.
Il y a véritablement jardinage lorsque s’ajoutent à l’aménagement de ces parcs de
sédimentation des plantations d’halophytes pour accroître encore la vitesse du dépôt
de la vase. À cet égard, une espèce est particulièrement efficace. Il s’agit de Spartina
townsendii, hybride naturel qui résulte d’un croisement entre Spartina maritima,
native d Europe, et Spartina alterniflora, venue accidentellement d’Amérique. Spartina townsendii est apparue sur les côtes d’Angleterre dans les années soixante-dix du
siècle passé. Elle s est répandue d’elle-même, mais aussi par introduction volontaire,
dans le Pays de Galles et, à partir du début du XXe siècle, dans les marais des littoraux
du nord-ouest de l’Europe. Elle a été aussi plantée dans le sud-est de l’Australie et en
Nouvelle-Zélande où elle a prospéré. En revanche, elle n’a réussi, ni sur le littoral
atlantique de 1 Amérique du Nord, ni dans les latitudes tropicales. Spartina touunsendii est une graminée pérenne remarquable à plusieurs points de vue. Sa souplesse
vis-a-vis de la salinité et de la submersion est grande si bien qu’on la rencontre sur les
schorres, mais aussi dans la partie inférieure des hautes slikkes. Sa reproduction par
graine est aisée, sa croissance rapide. Elle constitue sur de vastes étendues des touffes
denses et hautes qui freinent considérablement les courants et piègent efficacement les
particules fines en suspension. Ses racines profondes et ses rhizomes fixent fermement
a vase., es taux d accrétion verticale de plusieurs centimètres par an sont communs.
n ne s etonnera donc pas si Spartina townsendii a été systématiquement plantée en
Les littoraux
Fig. 49. — Coupe topographique à travers les prises de Saint-Michel-en-l’Herm
(marais Poivetin) (d’après F. Verger, 1968).
Wadden, où diverses pratiques ont été mises en œuvre pour atteindre ce but, F. Verger
(1956) a pu parler d’un «jardinage de la vase ». Ainsi, des parcs de sédimentation ont
été créés. La technique de leur aménagement consistait à enclore une étendue de
slikke par des clayonnages, faits de fascines et de pieux fichés dans la vase, munis
d’ouvertures afin de faciliter la pénétration de la marée. Des rigoles étaient creusées
pour permettre une meilleure répartition de l’eau du flot. En France, des parcs de
sédimentation, vastes de plusieurs dizaines ou centaines d’hectares, ont été délimités
par des digues basses, faites de pierres, submersibles pendant les pleines mers. Dans
ces grands casiers, mis à l’abri de la divagation des chenaux, des nappes d’eau calme
étaient retenues lors des baissées, ce qui favorisait le dépôt. On observait de la sorte
des taux de sédimentation verticale de plusieurs centimètres par an.
Il y a véritablement jardinage lorsque s’ajoutent à l’aménagement de ces parcs de
sédimentation des plantations d’halophytes pour accroître encore la vitesse du dépôt
de la vase. À cet égard, une espèce est particulièrement efficace. Il s’agit de Spartina
townsendii, hybride naturel qui résulte d’un croisement entre Spartina maritima,
native d Europe, et Spartina alterniflora, venue accidentellement d’Amérique. Spartina townsendii est apparue sur les côtes d’Angleterre dans les années soixante-dix du
siècle passé. Elle s est répandue d’elle-même, mais aussi par introduction volontaire,
dans le Pays de Galles et, à partir du début du XXe siècle, dans les marais des littoraux
du nord-ouest de l’Europe. Elle a été aussi plantée dans le sud-est de l’Australie et en
Nouvelle-Zélande où elle a prospéré. En revanche, elle n’a réussi, ni sur le littoral
atlantique de 1 Amérique du Nord, ni dans les latitudes tropicales. Spartina touunsendii est une graminée pérenne remarquable à plusieurs points de vue. Sa souplesse
vis-a-vis de la salinité et de la submersion est grande si bien qu’on la rencontre sur les
schorres, mais aussi dans la partie inférieure des hautes slikkes. Sa reproduction par
graine est aisée, sa croissance rapide. Elle constitue sur de vastes étendues des touffes
denses et hautes qui freinent considérablement les courants et piègent efficacement les
particules fines en suspension. Ses racines profondes et ses rhizomes fixent fermement
a vase., es taux d accrétion verticale de plusieurs centimètres par an sont communs.
n ne s etonnera donc pas si Spartina townsendii a été systématiquement plantée en
