Les marais maritimes
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© a h m a n d
c o lin .
L a
p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e e s t u n
d é lit.
lendemain de la Deuxième Guerre mondiale de nouveaux polders sont conquis
pendant une période d’expansion économique.
H. Enjalbert avait cru voir un rapport de cause à effet entre des baisses du niveau
marin et ces phases d’annexion de terres amphibies, et il est vrai que celle du XVIIeXVIIIe siècle correspond au Petit Age de Glace qui logiquement à dû être accompagné d’une légère régression. En revanche, F. Verger y discerne davantage une
liaison avec des faits humains, d’ordre démographique, social et économique.
Le front des polders peut connaître des reculs. Par exemple, dans la baie de
Bourgneuf, en Vendée, des prises aménagées en 1860 ont été réoccupées par la mer
en 1940, avant d’être annexées de nouveau à la terre en 1962. En Charente, celles
de Monportail, au nord de Brouage, sont menacées par l’érosion des vagues qui
rongent leur digue frontale. Certains, comme C. Gabet, y voient un effet de la
remontée contemporaine du niveau de la mer, peut-être aussi d’un accroissement
de la force et de la fréquence des tempêtes.
L’occupation par l’Homme des marais côtiers a pu avoir pour objectif la production de sel. Dans les terres basses charentaises, les aires saunantes ont joué un rôle
économique important entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Mais la vocation principale des
vasières littorales conquises au cours de l’Histoire a été l’agriculture. Après dessalage,
dans les régions tempérées où la teneur en carbonate de calcium est parfois élevée, les
sols sont bons. Dans les régions tropicales, ils le sont moins, la présence de sulfures
les rendant acides. Dans les premières, les prairies d’élevage sont aujourd’hui plus
importantes que les cultures proprement dites. Dans les secondes, des champs de riz,
des plantations de cocotiers ou de canne à sucre ont succédé à des mangroves.
Aménagements salicoles et agricoles modifient la morphologie des marais.
Dans les environs de Brouage, dans les marais gâts, marais salants abandonnés
depuis longtemps, on reconnaît encore des dépressions correspondant aux anciens
bassins et des bosses, vestiges des taillées ou chemins d’accès. Dans les polders, le
modelé est artificiel. Le réseau originel des chenaux de marée qui traversaient le
schorre s’est effacé, mais on en voit toujours les traces sur les photographies
aériennes. Les formes qui se remarquent sur le terrain sont anthropiques. Des
canaux de drainage évacuent les eaux continentales au moment du jusant; les
écluses dont ils sont équipés y interdisent l’entrée du flot. Les digues, hautes de
quelques mètres, créent les dénivellations les plus apparentes. Celles de front,
parallèles au littoral, empêchent des inondations par les vagues; celles de rebras,
perpendiculaires ou obliques par rapport aux premières, s’opposent à la submersion à partir de chenaux restés en libre communication avec la mer, les étiers.
Quand les lais ont fait l’objet de prises qui ont été étalées dans le temps, comme
dans le marais Poitevin où un trajet entre Saint-Michel-en-l’Herm et le trait de côte
actuel permet de recouper huit prises (fig. 49), la surface des polders ne se trouve
pas au même niveau de part et d'autre de chaque digue de front. Elle est moins
élevée du côté interne. Cette dénivellation s’explique d’abord par une compaction
des dépôts meubles due au drainage du polder. Elle tient aussi au fait que la sédimentation y a été interrompue alors qu’elle se poursuivait à 1 extérieur sur le
schorre et la slikke. Pour reprendre l’exemple de Saint-Michel-de-1 Herm, en
moins de vingt ans, plus d’un mètre d’argile à scrobiculaires s est accumulé du
côté externe de la digue édifiée en 1965.
Afin de gagner plus rapidement de nouvelles terres, I Homme a aussi essayé de
favoriser la sédimentation en accélérant le colmatage. À propos de la mer des
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