Les marais maritimes
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d é lit.
le même ordre d’idées, des chenaux sont dévasés pour que leur profondeur reste
compatible avec le passage d’embarcations. Pour éviter leurs divagations, des
digues submersibles sont construites, comme celle qui fut mise en place, dans la
seconde moitié du XIXe siècle, dans la baie d’Authie. De semblables interventions
perturbent évidemment les modalités naturelles de la sédimentation.
Il en va de même pour de grands ouvrages portuaires, routiers ou ferroviaires.
Afin d’améliorer les conditions d’accès au port de Tuléar (sud-ouest de Madagascar), une nouvelle jetée, longue de 1 400 m, édifiée au sud de la première dans
les années vingt, a engendré d’importants envasements vite colonisés par la
mangrove. Entre 1975 et 1981, la progradation a été de 5 à 6 m/an, le front des
palétuviers suivant à peu près au même rythme. Dans le bassin de Minas (baie de
Fundy, Canada), les chaussées qui traversent les estuaires sont à l’origine d’atterrissements vaseux étendus du côté de la mer : à Moncton, sur la rivière Petitcodiac,
une vasière d’une vingtaine de kilomètres de long s’est formée en une décennie.
Des études ont montré que la sédimentation sur les vasières intertidales est accélérée de façon appréciable par les installations conchylicoles lorsqu’elles y
occupent des surfaces considérables. Au rôle que jouent les tables ostréicoles et les
bouchots mytilicoles dans le piégeage et la fixation des particules en suspension,
s’ajoute la production d’excreta (biodéposition). Aujourd’hui, l’utilisation de véhicules amphibies lourds pour desservir ces installations crée dans les slikkes des
ornières qui modifient localement les caractéristiques des courants de marée.
Comme ceux des autres forêts du monde tropical, les arbres des mangroves ont,
dans beaucoup de régions d’Afrique (Nigéria, Gabon, Tanzanie), d’Asie (Inde,
Indonésie, Philippines) et d’Amérique (Brésil), fait l’objet d’abattages sur de vastes
espaces. Autrefois recherchés pour leur tanin, les palétuviers fournissent
aujourd’hui surtout du bois d’œuvre et du combustible. Au Bénin, comme sur
d’autres littoraux de l’Afrique de l’Ouest, leur destruction semble plus ancienne.
G. Paradis (1980) pense que l’existence d’aires dénudées étendues, dans un milieu
côtier favorable à l’existence d’arbres, s’explique par une extraction du sel qui
remonte sans doute au Moyen Age et qui a impliqué une déforestation poussée. La
destruction des mangroves s’accompagne d’une érosion concomitante des vasières.
D’autres interventions humaines réduisent l’extension des marais maritimes :
aménagement de marinas par des dragages; extractions d’eau douce ou d’hydrocarbures engendrant une subsidence qui se traduit par une submersion permanente des
schorres, ainsi condamnés à revenir à l’état de slikke. La pollution des eaux littorales
par des effluents urbains et industriels, même s’ils ont fait l’objet d’un traitement,
endommage la végétation des marais. On a noté des dépérissements de plantes sur
des surfaces étendues à proximité de raffineries de pétrole. Cependant, les marées
noires n’entraînent pas toujours une dégradation du couvert herbacé, comme on a pu
le constater après l’accident de VAmoco Cadiz sur la côte bretonne. Dans ce cas, il
est apparu que les schorres ont davantage souffert des nettoiements qu ils ont subis.
3- La conquête de terres
Les espaces amphibies des marais maritimes ont depuis longtemps attiré la
convoitise des sociétés riveraines qui se sont efforcées de les conquérir pour les
annexer à la terre ferme, en créant ce qu’il est convenu d appeler des polders
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le même ordre d’idées, des chenaux sont dévasés pour que leur profondeur reste
compatible avec le passage d’embarcations. Pour éviter leurs divagations, des
digues submersibles sont construites, comme celle qui fut mise en place, dans la
seconde moitié du XIXe siècle, dans la baie d’Authie. De semblables interventions
perturbent évidemment les modalités naturelles de la sédimentation.
Il en va de même pour de grands ouvrages portuaires, routiers ou ferroviaires.
Afin d’améliorer les conditions d’accès au port de Tuléar (sud-ouest de Madagascar), une nouvelle jetée, longue de 1 400 m, édifiée au sud de la première dans
les années vingt, a engendré d’importants envasements vite colonisés par la
mangrove. Entre 1975 et 1981, la progradation a été de 5 à 6 m/an, le front des
palétuviers suivant à peu près au même rythme. Dans le bassin de Minas (baie de
Fundy, Canada), les chaussées qui traversent les estuaires sont à l’origine d’atterrissements vaseux étendus du côté de la mer : à Moncton, sur la rivière Petitcodiac,
une vasière d’une vingtaine de kilomètres de long s’est formée en une décennie.
Des études ont montré que la sédimentation sur les vasières intertidales est accélérée de façon appréciable par les installations conchylicoles lorsqu’elles y
occupent des surfaces considérables. Au rôle que jouent les tables ostréicoles et les
bouchots mytilicoles dans le piégeage et la fixation des particules en suspension,
s’ajoute la production d’excreta (biodéposition). Aujourd’hui, l’utilisation de véhicules amphibies lourds pour desservir ces installations crée dans les slikkes des
ornières qui modifient localement les caractéristiques des courants de marée.
Comme ceux des autres forêts du monde tropical, les arbres des mangroves ont,
dans beaucoup de régions d’Afrique (Nigéria, Gabon, Tanzanie), d’Asie (Inde,
Indonésie, Philippines) et d’Amérique (Brésil), fait l’objet d’abattages sur de vastes
espaces. Autrefois recherchés pour leur tanin, les palétuviers fournissent
aujourd’hui surtout du bois d’œuvre et du combustible. Au Bénin, comme sur
d’autres littoraux de l’Afrique de l’Ouest, leur destruction semble plus ancienne.
G. Paradis (1980) pense que l’existence d’aires dénudées étendues, dans un milieu
côtier favorable à l’existence d’arbres, s’explique par une extraction du sel qui
remonte sans doute au Moyen Age et qui a impliqué une déforestation poussée. La
destruction des mangroves s’accompagne d’une érosion concomitante des vasières.
D’autres interventions humaines réduisent l’extension des marais maritimes :
aménagement de marinas par des dragages; extractions d’eau douce ou d’hydrocarbures engendrant une subsidence qui se traduit par une submersion permanente des
schorres, ainsi condamnés à revenir à l’état de slikke. La pollution des eaux littorales
par des effluents urbains et industriels, même s’ils ont fait l’objet d’un traitement,
endommage la végétation des marais. On a noté des dépérissements de plantes sur
des surfaces étendues à proximité de raffineries de pétrole. Cependant, les marées
noires n’entraînent pas toujours une dégradation du couvert herbacé, comme on a pu
le constater après l’accident de VAmoco Cadiz sur la côte bretonne. Dans ce cas, il
est apparu que les schorres ont davantage souffert des nettoiements qu ils ont subis.
3- La conquête de terres
Les espaces amphibies des marais maritimes ont depuis longtemps attiré la
convoitise des sociétés riveraines qui se sont efforcées de les conquérir pour les
annexer à la terre ferme, en créant ce qu’il est convenu d appeler des polders
