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Les littoraux
avoir pour conséquence une sédimentation accrue dans les marais maritimes. En
effet, en favorisant l’ablation de particules fines aux dépens de sols que la végétation ne protégeait plus, ils ont été à l’origine d’une augmentation importante de la
charge en limons et en argiles livrée par les cours d’eau au domaine littoral. Cette
influence d’un décapage des sols par l’érosion pelliculaire, après déforestation, sur
l’évolution des marais maritimes a été démontrée dans la baie de Chesapeake, aux
U.S.A., où les schorres ont grandement progressé depuis que l’agriculture a fait son
apparition dans la région, il y a environ 300 ans (Froomer, 1980). Les vitesses
élevées de progradation de mangroves qui ont été signalées sur certaines côtes
d’Indonésie (20 m/an à Java; 100 m/an à Sumatra sur le détroit de Malacca) sont
aussi à mettre en relation avec l’extension des plantations depuis la fin du
XIXe siècle. Mais, lorsque la charge livrée par l’érosion des sols est grossière, un
effet inverse peut se produire. On a noté à Madagascar des reculs de la forêt littorale
là où un ensablement auquel résistent mal les palétuviers, en particulier Rhizophora,
a succédé à un envasement. J.N. Salomon (1978), qui cite de tels cas d’évolution
régressive, établit un rapport avec une reprise très marquée des feux de brousse au
cours des dernières années; l’élimination de la végétation a exacerbé l’enlèvement
par le ruissellement d’arène et de cailloutis sur les pentes des bassins fluviaux.
Les mangroves sont aussi sensibles à des modifications dans les apports d’eau
douce continentale qui ont une influence sur la teneur en sel et la richesse en
éléments nutritifs du milieu intertidal. La construction de barrages sur les cours
d’eau peut avoir pour effet d’augmenter la première et de diminuer la seconde. Il
en résulte alors une dégradation des mangroves et, conséquemment, une érosion
des vasières qui les supportent.
2. Exemples d’interventions humaines en dehors de celles liées
à la conquête de terres
On a vu que de petites dépressions fermées parsèment presque tous les schorres.
Si certaines ont une origine naturelle, d’autres, parfois nombreuses, ont une
origine anthropique. Même dans des marais de haute latitude, que l’on pourrait
penser être encore restés à l’écart de l’influence de l’Homme, il existe des cuvettes
artificielles. Sur le littoral oriental de la baie de James, J.-C. Dionne rapporte que
des mares sont dues à l’enlèvement par des chasseurs de mottes de vase qui, entourées de papier ou de plastique, servent à attirer les oies. Des mares de chasse,
creusées intentionnellement, sont très fréquentes en Picardie (baie de Somme; baie
d’Authie). D’autres dépressions d’origine anthropique résultent du prélèvement de
sédiments qui sont utilisés comme matériaux de construction (bri destiné à l’édification de digues) ou comme amendement (tangue). D’anciennes ornières sur les
chemins abandonnés persistent longtemps. Au Bénin, des mares dont le diamètre
va de 20 à 150 m s’expliquent par l’extraction de sel.
Parce que les dépressions naturelles ou artificielles qui trouent les marais ont
tendance à se perpétuer — la concentration de la salinité a pour effet d’empêcher
leur occupation par des plantes — des fossés ayant pour but de les connecter entre
elles et de les drainer sont parfois creusés et reliés aux chenaux de marée. Non
seulement ils facilitent l’assèchement des schorres après les pluies ou les submersions marines, mais ils contribuent aussi à l’effacement des cuvettes en permettant
à la végétation de les coloniser. Une telle pratique a été décrite au Danemark. Dans
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