Photo 27. — Mangrove, Cananeia, Sâo Paulo, Brésil.
La marée haute envahit la mangrove à Rhizophora.
Ainsi, la présence d’arbres est ce qui différencie principalement les marais
maritimes tropicaux de leurs congénères des pays tempérés (photo 27). L’intrication des palétuviers, parfois accompagnés d’un sous-bois de buissons comme
Machaerium lunatum dans les Guyanes, donne à la mangrove un caractère impénétrable et explique probablement aussi les multiples interconnections qui
caractérisent ici les chenaux de marée. Cependant, tous les marais tropicaux ne
sont pas couverts par une mangrove typique (Guilcher, 1979). Au Costa Rica, si le
long des chenaux existent bien des arbres, dans les parties intercalaires on ne
trouve qu une brousse basse de palétuviers. En Afrique de l’Ouest, on observe
paifois de vastes étendues herbacées de vases littorales; certaines sont d’origine
anthropique, mais pas toutes. La mangrove peut présenter d’importantes discontinuités, pas toujours aisément explicables.
Les palétuviers sont des arbres adaptés à un milieu salé et à un substrat instable.
Beaucoup ont des graines vivipares qui libèrent des plantules prêtes à se ficher
dans la vase. Leur pression osmotique élevée leur permet de prélever de l’eau. On
compte seulement une soixantaine d’espèces de palétuviers : elles sont beaucoup
plus nombreuses dans le domaine indo-pacifique que dans le domaine atlantique.
„ Les Rhi-ophora ou palétuviers rouges sont caractérisés par des racines
aériennes en forme d’arceau, issues du tronc, qui souvent fixent des huîtres. Ces
soites d échasses évitent à 1 arbre l’asphyxie et lui permettent de s’arc-bouter dans
la vase (photo 28).
Les Ai k ennia ou palétuviers blancs ont, eux, des racines traçantes enterrées qui
portent des pneumatophores. Ce sont des protubérances verticales qui pointent à
travers la vase et aident à la respiration lorsque la marée est basse. Avicennia est un
genre résistant. De tous les palétuviers, c’est celui qui atteint les latitudes les plus
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