Les marais maritimes
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nombreuses (Dionne, 1969, 1978; McCann étal., 1981). Elles concernent particulièrement la baie de Fundy, l’estuaire du Saint-Laurent, la baie d’Ungava, la baie
de James, le sud de la Terre de Baffin. Comme dans les régions tempérées, les
marais présentent un schorre et une slikke, tous deux constitués fondamentalement
par des dépôts fins. Mais, l’intervention, au moment du dégel, de radeaux de glace
est à l’origine de phénomènes glaciels qui donnent des traits originaux à la
morphologie et à la sédimentation.
Sur le schorre, on observe un éparpillement de blocs, parfois très gros, délestés
par des radeaux de glace en cours de fusion. Ici et là, ce sont des amas de sables et
de cailloux, plus ou moins épais, qui couvrent les plantes. Au moment de la dissociation de la glace qui s’étend sur le marais, l’arrachement de plaques de
végétation, emportées à la manière d’une semelle par les radeaux, crée des
cuvettes, appelées marelles au Canada. Le talonnage par des radeaux dans lesquels
sont enchâssés des blocs rocheux donne naissance à des sillons, parfois longs de
plusieurs mètres, accompagnés par des bourrelets latéraux.
La slikke est également jonchée de blocs, dans certains cas géants, et de
cailloux erratiques, déposés sur la vase ou partiellement enfouis en elle, qui
peuvent former de véritables dallages. Son bord externe est parfois frangé par de
longs cordons de gros blocs, hauts de quelques mètres, désignés en anglais sous le
nom de boulder barricades. L’origine de ces cordons suscite des discussions.
Certains y voient un dépôt par les glaces flottantes en avant du pied de glace
encore en place, tandis que d’autres les expliquent plutôt par du matériel repoussé
par les radeaux de glace de l’étage intertidal vers l’avant-côte encore gelée.
Les traces d’affouillement par les glaçons, soumis au va-et-vient de la marée,
sont multiples sur la surface meuble de la slikke : coups de pelle, souillles, dépressions circulaires à bords relevés autour de blocs échoués, sillons de toutes
dimensions. On a aussi signalé des microformes qui seraient, en partie au moins,
liées à des phénomènes glaciels, tels ces « volcans » de boue en miniature décrits
par J.C. Dionne sur les bords de la baie de James.
2. Les marais maritimes des régions chaudes
Quand il n’y a pas d’hiver, les vasières intertidales portent une végétation forestière ou arborescente : c’est la mangrove. Les palétuviers qui la constituent sont
caractéristiques de la zone tropicale qu’ils débordent cependant, puisqu on en
tiouve jusque dans l’État de Victoria, dans le sud-est de l’Australie, et dans le noid
de la mer Rouge. En revanche, ils sont absents le long des littoraux longés par des
courants froids, comme l’est la côte du Pérou. De fait, pour sa croissance, la
mangrove exige de la chaleur, la pluie paraissant jouer un rôle subordonné dans
son existence, encore qu’elle soit mieux développée dans les régions tropicales
humides que dans celles qui sont sèches. Elle colonise tout particulièrement les
vasières intertidales des côtes abritées des houles. La marée intervient de façon
décisive dans sa présence, non seulement en apportant de la vase, mais aussi en
assurant la dissémination des graines des palétuviers, en maintenant un degré de
salinité acceptable et en renouvelant constamment les éléments nutritifs nécessaires à sa croissance car il n’y a pas véritablement de litière dans cette forêt
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nombreuses (Dionne, 1969, 1978; McCann étal., 1981). Elles concernent particulièrement la baie de Fundy, l’estuaire du Saint-Laurent, la baie d’Ungava, la baie
de James, le sud de la Terre de Baffin. Comme dans les régions tempérées, les
marais présentent un schorre et une slikke, tous deux constitués fondamentalement
par des dépôts fins. Mais, l’intervention, au moment du dégel, de radeaux de glace
est à l’origine de phénomènes glaciels qui donnent des traits originaux à la
morphologie et à la sédimentation.
Sur le schorre, on observe un éparpillement de blocs, parfois très gros, délestés
par des radeaux de glace en cours de fusion. Ici et là, ce sont des amas de sables et
de cailloux, plus ou moins épais, qui couvrent les plantes. Au moment de la dissociation de la glace qui s’étend sur le marais, l’arrachement de plaques de
végétation, emportées à la manière d’une semelle par les radeaux, crée des
cuvettes, appelées marelles au Canada. Le talonnage par des radeaux dans lesquels
sont enchâssés des blocs rocheux donne naissance à des sillons, parfois longs de
plusieurs mètres, accompagnés par des bourrelets latéraux.
La slikke est également jonchée de blocs, dans certains cas géants, et de
cailloux erratiques, déposés sur la vase ou partiellement enfouis en elle, qui
peuvent former de véritables dallages. Son bord externe est parfois frangé par de
longs cordons de gros blocs, hauts de quelques mètres, désignés en anglais sous le
nom de boulder barricades. L’origine de ces cordons suscite des discussions.
Certains y voient un dépôt par les glaces flottantes en avant du pied de glace
encore en place, tandis que d’autres les expliquent plutôt par du matériel repoussé
par les radeaux de glace de l’étage intertidal vers l’avant-côte encore gelée.
Les traces d’affouillement par les glaçons, soumis au va-et-vient de la marée,
sont multiples sur la surface meuble de la slikke : coups de pelle, souillles, dépressions circulaires à bords relevés autour de blocs échoués, sillons de toutes
dimensions. On a aussi signalé des microformes qui seraient, en partie au moins,
liées à des phénomènes glaciels, tels ces « volcans » de boue en miniature décrits
par J.C. Dionne sur les bords de la baie de James.
2. Les marais maritimes des régions chaudes
Quand il n’y a pas d’hiver, les vasières intertidales portent une végétation forestière ou arborescente : c’est la mangrove. Les palétuviers qui la constituent sont
caractéristiques de la zone tropicale qu’ils débordent cependant, puisqu on en
tiouve jusque dans l’État de Victoria, dans le sud-est de l’Australie, et dans le noid
de la mer Rouge. En revanche, ils sont absents le long des littoraux longés par des
courants froids, comme l’est la côte du Pérou. De fait, pour sa croissance, la
mangrove exige de la chaleur, la pluie paraissant jouer un rôle subordonné dans
son existence, encore qu’elle soit mieux développée dans les régions tropicales
humides que dans celles qui sont sèches. Elle colonise tout particulièrement les
vasières intertidales des côtes abritées des houles. La marée intervient de façon
décisive dans sa présence, non seulement en apportant de la vase, mais aussi en
assurant la dissémination des graines des palétuviers, en maintenant un degré de
salinité acceptable et en renouvelant constamment les éléments nutritifs nécessaires à sa croissance car il n’y a pas véritablement de litière dans cette forêt
