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Les littoraux
plate-forme continentale proche fournit aussi des particules fines qui sont mobilisées lors des fortes tempêtes. Ces particules viennent d’accumulations fluviales ou
éoliennes, mises en place lors de la dernière grande régression glacio-eustatique et
repoussées vers le littoral d’aujourd’hui par la transgression flandrienne. Brassés,
triés et déposés par la mer, les constituants minéraux de la vase, du moins la
plupart d’entre eux, ont connu, avant d’atterrir dans les marais, de nombreuses
vicissitudes.
2. Les conditions de la sédimentation
Dans les marais, l’onde de marée présente une dissymétrie qui s’accentue au
fur et à mesure qu’elle s’avance sur les slikkes, puis éventuellement sur les
schorres. La durée du flot est plus courte que celle du jusant, et les courants de
flux sont plus rapides que ceux de reflux. L’étale est un moment privilégié pour
le dépôt des sédiments. Sables fins et sablons cessent de progresser par roulement et saltation. La chute par gravité des particules fines en suspension est
favorisée par la formation d’agrégats due au phénomène de floculation sur les
slikkes par attraction capillaire. D’une façon générale, les courants de jusant
emportent moins de matériaux fins que ceux de flot n’en ont apportés car on sait
que les vitesses nécessaires à la mise en mouvement de ces matériaux sont nettement plus élevées que celles qui permettent leur transport en suspension (courbes
de Hjulstrôm). Quant aux courants de flot qui leur succèdent, ils trouvent sur les
vasières nues une pellicule de sédiments frais qu’ils n’érodent que partiellement.
En effet, la cohésion de cette pellicule a été renforcée, pendant les heures d’émersion, par suite d’une diminution du volume de l’eau interstitielle; cette
diminution est due à une évapo-ascension capillaire, surtout importante pendant
le jour et en été.
La biodéposition joue dans les marais un rôle qu’il ne faut pas négliger. Sur les
slikkes, les huîtres, les moules, les Cardium ingèrent pendant la marée haute des
particules en suspension dans l’eau, les agglomèrent avec du mucus et les rejettent
sous la forme de fèces ou de pseudo-fèces. Le rôle des lamellibranches dans la
sédimentation vaseuse est appréciable. Dans la baie du Mont-Saint-Michel, on a
pu montrer qu’une seule huître expulse chaque jour 10 g de matière minérale en
poids sec. Sur les vasières, les diatomées prolifèrent (1 000 à 1 500 au mm2 sur la
côte atlantique française) et, lors des émersions ensoleillées, elles étendent à leur
surface un réseau de filaments mucilagineux. Ce dispositif a pour effet de
renforcer la résistance à l’érosion par le flot de la pellicule superficielle de vase
déposée lors de la marée antérieure (Gouleau, 1975). Sur les schorres, la participation efficace de la végétation à la sédimentation a déjà été soulignée.
La sédimentation n’a pas la même importance tout au long de l’année. D’une
façon générale, elle est plus active en été qu’en hiver. En effet, pendant la mauvaise
saison, les salicornes annuelles manquent et les spartines végètent mal. Des
tempêtes se produisent qui accroissent l’agitation de l’eau, donc sa puissance
érosive. L insolation est insuffisante pour raffermir la cohérence de la vase entre
deux marées.
La sédimentation est la plus forte sur la partie supérieure de la haute slikke, c’està-dire là où les laisses de pleine mer sont les plus fréquentes, celles des périodes de
revit étant plus nourricières que celles des périodes de déchet. L’accrétion active à
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