Les marais maritimes
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Fig. 45. — Coupe schématique à travers la baie du Mont-Saint-Michel
(d’après C. Larsonneur, 1989).
BMVE : basses mers de vives-eaux. HMVE : hautes mers de vives-eaux.
I : sables coquilliers. 2 : sablons. 3 : sables pélitiques. 4 : tangue.
a : digue, b : chenal de schorre. c : banc coquillier. d : chenal de slikke. e : bioherme d’hermelles.
humus), à côté d’une fraction sableuse plus ou moins bien représentée suivant les
cas. Sa teneur en calcaire, d’origine bioclastique, est variable et il arrive qu’elle
soit faible. Sa couleur peut être jaune, voire rouge; cependant, elle est généralement noire ou grise. La teinte est en rapport avec la richesse en fer et en matière
organique. Le dépôt est homogène, sans laminations. Les particules fines adhèrent
fortement entre elles et donnent à la vase sa cohérence. Imbibée d’eau, la vase est
molle, plastique, thixotropique. En séchant, elle durcit et se tasse.
a r m a n d
c o lin .
L a
p h o to c o p ie n o n
a u to ris é e e s t u n
d é lit.
On désigne sous le nom de bri le sédiment caractéristique des marais maritimes
de la côte atlantique française entre Loire et Gironde. Il s’agit d’un dépôt argileux
à scrobiculaires dans lequel 50 à 60 % des particules ont des tailles inférieures à
0,002 mm. L’illite prédomine, mais on y trouve aussi de la kaolinite et de la chlorite et, en petite quantité, de la montmorillonite. Cette vase contient 10 à 35 % de
carbonate de calcium, surtout concentré dans la fraction granulométrique des
limons fins. Avec le temps, le bri prend une couleur brune, puis verdâtre à bleuâtre
à l’état humide, gris olive à l’état sec.
La tangue est particulière au schorre et à la haute slikke des marais du golfe
Normand-Breton. C’est un sédiment de couleur grise, perméable, moins fin que le
bri puisque c’est la fraction des particules dont la taille est comprise entre 0,01 et
0,05 mm qui domine. Autre trait original, la forte teneur en calcaire (fragments de
mollusques, foraminifères, ostracodes, bryozoaires; spiculés d’éponges; coccolithes) qui se tient entre 45 et 60 % du poids du sédiment sec. La tangue est
thixotropique {lises de la baie du Mont-Saint-Michel). Elle montre, s’il n’y a pas
eu perturbation par les racines des plantes du schorre, une structure laminaire
millimétrique, due au rythme de la marée, faite d une alternance de lits grossiers
clairs, riches en sablons, et de lits fins, sombres, silto-argileux.
L’étude de la fraction lithoclastique tant du bri que de la tangue suggère une
origine complexe pour les matériaux qui constituent ces dépôts. Une partie d entre
eux est jetée à la côte par les cours d’eau actuels, une autre provient, après un
transport par la dérive littorale, de l’érosion des rivages par les vagues. La
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Fig. 45. — Coupe schématique à travers la baie du Mont-Saint-Michel
(d’après C. Larsonneur, 1989).
BMVE : basses mers de vives-eaux. HMVE : hautes mers de vives-eaux.
I : sables coquilliers. 2 : sablons. 3 : sables pélitiques. 4 : tangue.
a : digue, b : chenal de schorre. c : banc coquillier. d : chenal de slikke. e : bioherme d’hermelles.
humus), à côté d’une fraction sableuse plus ou moins bien représentée suivant les
cas. Sa teneur en calcaire, d’origine bioclastique, est variable et il arrive qu’elle
soit faible. Sa couleur peut être jaune, voire rouge; cependant, elle est généralement noire ou grise. La teinte est en rapport avec la richesse en fer et en matière
organique. Le dépôt est homogène, sans laminations. Les particules fines adhèrent
fortement entre elles et donnent à la vase sa cohérence. Imbibée d’eau, la vase est
molle, plastique, thixotropique. En séchant, elle durcit et se tasse.
a r m a n d
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p h o to c o p ie n o n
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d é lit.
On désigne sous le nom de bri le sédiment caractéristique des marais maritimes
de la côte atlantique française entre Loire et Gironde. Il s’agit d’un dépôt argileux
à scrobiculaires dans lequel 50 à 60 % des particules ont des tailles inférieures à
0,002 mm. L’illite prédomine, mais on y trouve aussi de la kaolinite et de la chlorite et, en petite quantité, de la montmorillonite. Cette vase contient 10 à 35 % de
carbonate de calcium, surtout concentré dans la fraction granulométrique des
limons fins. Avec le temps, le bri prend une couleur brune, puis verdâtre à bleuâtre
à l’état humide, gris olive à l’état sec.
La tangue est particulière au schorre et à la haute slikke des marais du golfe
Normand-Breton. C’est un sédiment de couleur grise, perméable, moins fin que le
bri puisque c’est la fraction des particules dont la taille est comprise entre 0,01 et
0,05 mm qui domine. Autre trait original, la forte teneur en calcaire (fragments de
mollusques, foraminifères, ostracodes, bryozoaires; spiculés d’éponges; coccolithes) qui se tient entre 45 et 60 % du poids du sédiment sec. La tangue est
thixotropique {lises de la baie du Mont-Saint-Michel). Elle montre, s’il n’y a pas
eu perturbation par les racines des plantes du schorre, une structure laminaire
millimétrique, due au rythme de la marée, faite d une alternance de lits grossiers
clairs, riches en sablons, et de lits fins, sombres, silto-argileux.
L’étude de la fraction lithoclastique tant du bri que de la tangue suggère une
origine complexe pour les matériaux qui constituent ces dépôts. Une partie d entre
eux est jetée à la côte par les cours d’eau actuels, une autre provient, après un
transport par la dérive littorale, de l’érosion des rivages par les vagues. La
