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Les littoraux
Ces mares naturelles ont des origines diverses. Certaines se sont formées en
même temps que le schorre. Au départ, elles correspondent à des parties basses,
encerclées par des îlots de végétation pionnière, où la concentration progressive en
sel a empêché l’installation des plantes. D’autres résultent de l’atrophie, dans leur
cours supérieur, de chenaux de marée que des éboulements, bientôt colonisés par
des halophytes, tronçonnent en dépressions, plus ou moins alignées. Là où dans les
dépôts du schorre existent des lentilles de sable, des affaissements de la topographie peuvent être dus à un phénomène de soutirage, appelé suffosion et lié à une
circulation souterraine de l’eau. Enfin, il arrive que des amas d’algues apportées par
les grandes marées tuent, en se putréfiant, la végétation qu’ils recouvrent, amorçant
ainsi des dépressions qui se transforment en cuvettes par érosion aréolaire.
On peut appeler pré-salé un vieux schorre qui n’est plus inondé qu’à l’occasion de tempêtes très exceptionnelles par suite de son éloignement de la mer lié à
la progradation continue de son bord externe. F. Verger (1968) le désigne sous le
nom de marais (sensu stricto), celui de wadden s’appliquant alors à l’ensemble
d’une slikke et d’un schorre en cours de développement. A la surface d’un schorre
que la marée n’atteint plus, les dépôts connaissent un début d’évolution pédologique. Les pluies sont responsables d’un lessivage qui diminue la teneur en sel.
Des phénomènes de décarbonatation interviennent. Une structure prismatique
commence à se manifester. Des fentes de dessiccation polygonales s’observent.
Les chenaux qui ont cessé d’être fonctionnels s’oblitèrent. Un modelé de détail,
étudié par F. Verger (1968), caractérise la topographie. Là où le matériel est hétérogène, composé par exemple de vase dans les interfluves et de sable à
l’emplacement des anciens chenaux, un tassement de la première mettra en saillie
le second, exagérant la dénivellation des levées latérales s’il en existait. Certains
marais de la zone tempérée présentent des microreliefs de quelques centimètres à
quelques décimètres de hauteur, sous la forme de petites buttes gazonnées. Ces
mottureaux, ronds ou allongés, disposés de façon anarchique ou en alignements
parallèles, se développent en quelques années. Ils sont le résultat d’une alternance
de périodes de dessiccation, pendant lesquelles des matériaux argileux tombent
dans des fentes de retrait, et de périodes d’hydratation, pendant lesquelles ils se
gonflent tandis que les fentes se referment. Ainsi s’exercent des pressions qui sont
à l’origine des bombements (Verger, 1994).
B. La sédimentation dans les marais maritimes
de la zone tempérée
Les marais maritimes constituent des espaces d’accumulation de sédiments fins
dont le type est la vase. Mais, dans la partie moyenne et à l’aval des slikkes, il
arrive que se déposent des sablons, voire des sables, comme on peut le constater
dans la baie du Mont-Saint-Michel (fig. 45).
1. Les dépôts
La vase est un sédiment meuble à éléments détritiques très fins (argiles, limons,
sablons) et à colloïdes en grande partie d’origine biologique (diatomées, pollens,
Les littoraux
Ces mares naturelles ont des origines diverses. Certaines se sont formées en
même temps que le schorre. Au départ, elles correspondent à des parties basses,
encerclées par des îlots de végétation pionnière, où la concentration progressive en
sel a empêché l’installation des plantes. D’autres résultent de l’atrophie, dans leur
cours supérieur, de chenaux de marée que des éboulements, bientôt colonisés par
des halophytes, tronçonnent en dépressions, plus ou moins alignées. Là où dans les
dépôts du schorre existent des lentilles de sable, des affaissements de la topographie peuvent être dus à un phénomène de soutirage, appelé suffosion et lié à une
circulation souterraine de l’eau. Enfin, il arrive que des amas d’algues apportées par
les grandes marées tuent, en se putréfiant, la végétation qu’ils recouvrent, amorçant
ainsi des dépressions qui se transforment en cuvettes par érosion aréolaire.
On peut appeler pré-salé un vieux schorre qui n’est plus inondé qu’à l’occasion de tempêtes très exceptionnelles par suite de son éloignement de la mer lié à
la progradation continue de son bord externe. F. Verger (1968) le désigne sous le
nom de marais (sensu stricto), celui de wadden s’appliquant alors à l’ensemble
d’une slikke et d’un schorre en cours de développement. A la surface d’un schorre
que la marée n’atteint plus, les dépôts connaissent un début d’évolution pédologique. Les pluies sont responsables d’un lessivage qui diminue la teneur en sel.
Des phénomènes de décarbonatation interviennent. Une structure prismatique
commence à se manifester. Des fentes de dessiccation polygonales s’observent.
Les chenaux qui ont cessé d’être fonctionnels s’oblitèrent. Un modelé de détail,
étudié par F. Verger (1968), caractérise la topographie. Là où le matériel est hétérogène, composé par exemple de vase dans les interfluves et de sable à
l’emplacement des anciens chenaux, un tassement de la première mettra en saillie
le second, exagérant la dénivellation des levées latérales s’il en existait. Certains
marais de la zone tempérée présentent des microreliefs de quelques centimètres à
quelques décimètres de hauteur, sous la forme de petites buttes gazonnées. Ces
mottureaux, ronds ou allongés, disposés de façon anarchique ou en alignements
parallèles, se développent en quelques années. Ils sont le résultat d’une alternance
de périodes de dessiccation, pendant lesquelles des matériaux argileux tombent
dans des fentes de retrait, et de périodes d’hydratation, pendant lesquelles ils se
gonflent tandis que les fentes se referment. Ainsi s’exercent des pressions qui sont
à l’origine des bombements (Verger, 1994).
B. La sédimentation dans les marais maritimes
de la zone tempérée
Les marais maritimes constituent des espaces d’accumulation de sédiments fins
dont le type est la vase. Mais, dans la partie moyenne et à l’aval des slikkes, il
arrive que se déposent des sablons, voire des sables, comme on peut le constater
dans la baie du Mont-Saint-Michel (fig. 45).
1. Les dépôts
La vase est un sédiment meuble à éléments détritiques très fins (argiles, limons,
sablons) et à colloïdes en grande partie d’origine biologique (diatomées, pollens,
