50 • Première partie: Atlantique
Variations sur les estrans des côtes atlantiques
g Histoire d'une recolonisation
Plusieurs naufrages successifs de pétroliers ont mobilisé périodiquement
les médias sur les côtes atlantiques européennes depuis les années 1960:
Torrey Canyon, 1967, Amoco Cadiz, 1978, Erica, 1999, Prestige, 2002, sont
quelques-uns des noms qui rappellent de tristes souvenirs. L'émotion
générale alors provoquée a deux sortes de raisons, les unes économiques,
les autres écologiques.
Dans tous les cas de déversements massifs de pétrole, l'impact sur le
milieu est brutal et les conséquences s'étalent sur plusieurs années, entraînant pour les scientifiques une lourde tâche d'observations à long terme.
La première du genre, réalisée sur les côtes rocheuses de Cornouailles
anglaise à la suite de la catastrophe du Torrey Canyon, se poursuivit durant
onze ans (Southward, 1979). Les observations, effectuées au niveau de la
mi-marée en mode moyennement battu, furent complétées par une
comparaison sur des côtes moins souillées de la même région.
Il apparut dans un premier temps que les multiples interventions de
nettoyage à l'aide de détergents furent plus nocives pour les organismes
marins que le pétrole lui-même. La leçon fut retenue: actuellement, ces
détergents ne sont plus employés pour le nettoyage de côtes souillées par
des hydrocarbures.
La seconde étape de l'étude fut le suivi de la recolonisation des lieux par
les populations végétales et animales. Des courbes représentant les variations de six populations (trois végétales et trois animales) vivant dans
l’espace concerné résument le déroulement de ces événements (voir exercice p. 52). Ces observations ont permis d'établir de manière irréfutable,
par une expérimentation bien involontaire, la réalité constante de
l'équilibre dynamique des populations animales et végétales sur les
estrans rocheux. La valeur universelle, pour les côtes atlantiques européennes, des conclusions de l'étude précédente a pu être vérifiée lors de
la recolonisation des côtes bretonnes souillées par le pétrole de l'Amoco
Cadiz à Portsall en 1978 (Floc'h & Diouris, 1980).
o Algues vertes: nuances
Des éphémères exubérantes aux persistantes bien secrètes
Les Algues vertes ont mauvaise presse, tout au moins certaines d'entre
elles qui font périodiquement la une des journaux quand reviennent les
beaux jours, leur présence étant interprétée comme un signe de pollution.
Considérons-les au sein des Chlorophyta selon les genres. Certains, tels
les Codium indigènes (C. adhaerens, C. tomentosum, C. vermilara...), à crois
Variations sur les estrans des côtes atlantiques
g Histoire d'une recolonisation
Plusieurs naufrages successifs de pétroliers ont mobilisé périodiquement
les médias sur les côtes atlantiques européennes depuis les années 1960:
Torrey Canyon, 1967, Amoco Cadiz, 1978, Erica, 1999, Prestige, 2002, sont
quelques-uns des noms qui rappellent de tristes souvenirs. L'émotion
générale alors provoquée a deux sortes de raisons, les unes économiques,
les autres écologiques.
Dans tous les cas de déversements massifs de pétrole, l'impact sur le
milieu est brutal et les conséquences s'étalent sur plusieurs années, entraînant pour les scientifiques une lourde tâche d'observations à long terme.
La première du genre, réalisée sur les côtes rocheuses de Cornouailles
anglaise à la suite de la catastrophe du Torrey Canyon, se poursuivit durant
onze ans (Southward, 1979). Les observations, effectuées au niveau de la
mi-marée en mode moyennement battu, furent complétées par une
comparaison sur des côtes moins souillées de la même région.
Il apparut dans un premier temps que les multiples interventions de
nettoyage à l'aide de détergents furent plus nocives pour les organismes
marins que le pétrole lui-même. La leçon fut retenue: actuellement, ces
détergents ne sont plus employés pour le nettoyage de côtes souillées par
des hydrocarbures.
La seconde étape de l'étude fut le suivi de la recolonisation des lieux par
les populations végétales et animales. Des courbes représentant les variations de six populations (trois végétales et trois animales) vivant dans
l’espace concerné résument le déroulement de ces événements (voir exercice p. 52). Ces observations ont permis d'établir de manière irréfutable,
par une expérimentation bien involontaire, la réalité constante de
l'équilibre dynamique des populations animales et végétales sur les
estrans rocheux. La valeur universelle, pour les côtes atlantiques européennes, des conclusions de l'étude précédente a pu être vérifiée lors de
la recolonisation des côtes bretonnes souillées par le pétrole de l'Amoco
Cadiz à Portsall en 1978 (Floc'h & Diouris, 1980).
o Algues vertes: nuances
Des éphémères exubérantes aux persistantes bien secrètes
Les Algues vertes ont mauvaise presse, tout au moins certaines d'entre
elles qui font périodiquement la une des journaux quand reviennent les
beaux jours, leur présence étant interprétée comme un signe de pollution.
Considérons-les au sein des Chlorophyta selon les genres. Certains, tels
les Codium indigènes (C. adhaerens, C. tomentosum, C. vermilara...), à crois
