Variations sur les estrans des côtes atlantiques • 51
sance lente et vie longue (Algues pérennantes), préfèrent les biotopes
ombragés (espèces sciaphiles) et, de ce fait, restent discrets. D'autres, au
contraire, tels les Ulva, certains Cladophora, sont photophiles et ont un
développement rapide qui se déclenche au printemps, aboutissant parfois
à des proliférations spectaculaires connues de longue date de par le
monde. Le phénomène, éphémère mais massif, est particulièrement
marqué dans le cas des Ulvales, suscitant depuis quelques décennies attention et inquiétude du public.
Les « marées vertes » : un enchaînement
de circonstances fâcheuses
Au cours des dernières décennies du xxe siècle, le développement des
Algues vertes s’est trouvé exacerbé, dans différentes régions des côtes européennes, à la suite d'activités humaines mal contrôlées: pratiques agricoles intensives, effluents urbains non ou insuffisamment épurés. Les
accumulations d'Algues vertes sur les plages, longtemps désignées sous le
terme d'échouages et plus récemment de «marées vertes», et les nuisances (gênes, odeurs) qui en découlent pour les riverains sont le résultat
d'excès d'apports d'éléments nutritifs par les émissaires, les eaux de ruissellement et les fleuves.
Les mécanismes physiologiques et écologiques de ces proliférations
intempestives sont maintenant connus : bien nourries, les Algues vertes
profitent immédiatement des conditions de lumière et de température
favorables à leur croissance. Le phénomène est donc saisonnier. Souvent
naturel lorsqu'il touche de faibles étendues durant de courtes périodes, il
devient accidentel et traduit un déséquilibre grave de l'environnement
lorsqu'il affecte de vastes étendues sur de plus longues périodes.
Les Algues participant aux marées vertes appartiennent au genre Ulva
(formes foliacées ou en tubes), d'organisation toujours simple: une ou
deux couches de cellules toujours au contact direct de l'eau de mer, et
puisant ainsi directement leurs éléments nutritifs dans le milieu. De telles
conditions permettent une croissance rapide de l'ensemble du thalle.
Les Ulvales sont des Algues éphémères à vie courte (quelques mois) et
à reproduction abondante et rapide. La descendance d'un individu
comporte une succession de générations au cours de la saison d'été. Sur
une large frange, chaque cellule du thalle se transforme en cellule fertile
libérant de nombreuses spores ou de nombreux gamètes tous mobiles et
constituant des sortes de fleurs d'eau (eau verte) bien visibles sur la grève
et dans les cuvettes à marée basse en période de vive-eau. Cette reproduction particulièrement efficace intervient lorsque les Algues adultes
vivent fixées sur des supports solides. Habituellement, au cours de leur
vieillissement, elles se détachent et, le plus souvent, se décomposent dans
l'eau. Mais, lorsque les conditions offertes par le milieu ambiant leur sont
particulièrement favorables, elles peuvent demeurer en suspension dans
l'eau, s'y fragmenter en éléments capables à leur tour de croissance et de
nouvelles fragmentations. Il s'agit là d'une multiplication végétative,
sance lente et vie longue (Algues pérennantes), préfèrent les biotopes
ombragés (espèces sciaphiles) et, de ce fait, restent discrets. D'autres, au
contraire, tels les Ulva, certains Cladophora, sont photophiles et ont un
développement rapide qui se déclenche au printemps, aboutissant parfois
à des proliférations spectaculaires connues de longue date de par le
monde. Le phénomène, éphémère mais massif, est particulièrement
marqué dans le cas des Ulvales, suscitant depuis quelques décennies attention et inquiétude du public.
Les « marées vertes » : un enchaînement
de circonstances fâcheuses
Au cours des dernières décennies du xxe siècle, le développement des
Algues vertes s’est trouvé exacerbé, dans différentes régions des côtes européennes, à la suite d'activités humaines mal contrôlées: pratiques agricoles intensives, effluents urbains non ou insuffisamment épurés. Les
accumulations d'Algues vertes sur les plages, longtemps désignées sous le
terme d'échouages et plus récemment de «marées vertes», et les nuisances (gênes, odeurs) qui en découlent pour les riverains sont le résultat
d'excès d'apports d'éléments nutritifs par les émissaires, les eaux de ruissellement et les fleuves.
Les mécanismes physiologiques et écologiques de ces proliférations
intempestives sont maintenant connus : bien nourries, les Algues vertes
profitent immédiatement des conditions de lumière et de température
favorables à leur croissance. Le phénomène est donc saisonnier. Souvent
naturel lorsqu'il touche de faibles étendues durant de courtes périodes, il
devient accidentel et traduit un déséquilibre grave de l'environnement
lorsqu'il affecte de vastes étendues sur de plus longues périodes.
Les Algues participant aux marées vertes appartiennent au genre Ulva
(formes foliacées ou en tubes), d'organisation toujours simple: une ou
deux couches de cellules toujours au contact direct de l'eau de mer, et
puisant ainsi directement leurs éléments nutritifs dans le milieu. De telles
conditions permettent une croissance rapide de l'ensemble du thalle.
Les Ulvales sont des Algues éphémères à vie courte (quelques mois) et
à reproduction abondante et rapide. La descendance d'un individu
comporte une succession de générations au cours de la saison d'été. Sur
une large frange, chaque cellule du thalle se transforme en cellule fertile
libérant de nombreuses spores ou de nombreux gamètes tous mobiles et
constituant des sortes de fleurs d'eau (eau verte) bien visibles sur la grève
et dans les cuvettes à marée basse en période de vive-eau. Cette reproduction particulièrement efficace intervient lorsque les Algues adultes
vivent fixées sur des supports solides. Habituellement, au cours de leur
vieillissement, elles se détachent et, le plus souvent, se décomposent dans
l'eau. Mais, lorsque les conditions offertes par le milieu ambiant leur sont
particulièrement favorables, elles peuvent demeurer en suspension dans
l'eau, s'y fragmenter en éléments capables à leur tour de croissance et de
nouvelles fragmentations. Il s'agit là d'une multiplication végétative,
