24 • Introduction
dénomination de système profond, ou système aphytal, les premiers
étages marins comportant le suffixe littoral étant, par opposition, regroupés en un système littoral, ou système phytal.
Si l'on considère la surface totale des océans, le littoral et les profondeurs ne dépassant pas quelques dizaines de mètres, les seuls niveaux
favorables à l’installation des Algues ne tiennent qu'une très faible part.
Mais, à l’échelle de toute la biosphère, c'est dans cet espace restreint que
l'on rencontre la zonation verticale la plus intense.
Les utilisations des Algues
Les Algues ont été utilisées depuis des temps immémoriaux dans tous les
pays maritimes du globe. Mais c’est surtout dans les pays d'ExtrêmeOrient: Japon, Chine et Corée, qu'elles ont trouvé depuis longtemps une
place de choix dans l'alimentation humaine. En réalité, les Algues constituent la base de la nourriture populaire, en particulier au Japon, au
moins depuis le xvne siècle.
Dans les pays occidentaux, elles ont été appréciées de manière différente selon les civilisations: «Il n’y a rien de plus vil qu'une Algue», déclaraient les auteurs romains Virgile et Horace, mais «Er mor ez eus damez »
(dans la mer il y a de la richesse), disent les Bretons. Et c'est vrai que, par
l'amendement des terres, les Algues ont contribué pour une part importante à la réputation de la «ceinture dorée» de la Bretagne. C'est vrai aussi
que, par la récolte des Algues et leur brûlage pour la fabrication du verre
ou l'extraction de l’iode, les goémoniers ont, naguère, animé les côtes
bretonnes. Mais il faut reconnaître qu'en Occident les Algues n'ont initialement servi de nourriture qu'aux populations indigentes.
Si l'on excepte les laits gélifiés fabriqués à partir de la petite Algue rouge
Chondrus, carragheen pour les Irlandais, pioka pour les habitants de l'île
d’Ouessant, les Algues n’étaient recherchées pour l'alimentation humaine
qu'en période de famine. Paradoxalement, c’est dans les pays occidentaux
que les Algues entrent en force dans l'industrie moderne. Depuis que les
«fours à soude» se sont éteints sur les dunes et que la fumée âcre en a
disparu au milieu du xxe siècle, une nouvelle activité s'est en effet développée qui utilise les Algues comme matière première: l'industrie des
phycocolloïdes. Deux types d’Algues sont essentiellement récoltés à cet
effet : les Algues brunes Laminaria digitata, Laminaria hyperborea, Ascophyllum nodosum, dont on extrait les polysaccharides appelés alginates, et les
Algues rouges Chondrus crispus et Mastocarpus stellatus dont on extrait d'autres polysaccharides appelés carraghénanes.
La plus grande partie des Algues récoltées en Europe est utilisée pour
1 extraction de ces substances particulières qui n'existent que chez ces
végétaux et qui n’ont pas leur équivalent de synthèse. Ces substances sont
recherchées pour leurs propriétés physiques et utilisées surtout comme
agent gélifiant, épaississant et stabilisateur. Leur pouvoir élevé de gélifi-
dénomination de système profond, ou système aphytal, les premiers
étages marins comportant le suffixe littoral étant, par opposition, regroupés en un système littoral, ou système phytal.
Si l'on considère la surface totale des océans, le littoral et les profondeurs ne dépassant pas quelques dizaines de mètres, les seuls niveaux
favorables à l’installation des Algues ne tiennent qu'une très faible part.
Mais, à l’échelle de toute la biosphère, c'est dans cet espace restreint que
l'on rencontre la zonation verticale la plus intense.
Les utilisations des Algues
Les Algues ont été utilisées depuis des temps immémoriaux dans tous les
pays maritimes du globe. Mais c’est surtout dans les pays d'ExtrêmeOrient: Japon, Chine et Corée, qu'elles ont trouvé depuis longtemps une
place de choix dans l'alimentation humaine. En réalité, les Algues constituent la base de la nourriture populaire, en particulier au Japon, au
moins depuis le xvne siècle.
Dans les pays occidentaux, elles ont été appréciées de manière différente selon les civilisations: «Il n’y a rien de plus vil qu'une Algue», déclaraient les auteurs romains Virgile et Horace, mais «Er mor ez eus damez »
(dans la mer il y a de la richesse), disent les Bretons. Et c'est vrai que, par
l'amendement des terres, les Algues ont contribué pour une part importante à la réputation de la «ceinture dorée» de la Bretagne. C'est vrai aussi
que, par la récolte des Algues et leur brûlage pour la fabrication du verre
ou l'extraction de l’iode, les goémoniers ont, naguère, animé les côtes
bretonnes. Mais il faut reconnaître qu'en Occident les Algues n'ont initialement servi de nourriture qu'aux populations indigentes.
Si l'on excepte les laits gélifiés fabriqués à partir de la petite Algue rouge
Chondrus, carragheen pour les Irlandais, pioka pour les habitants de l'île
d’Ouessant, les Algues n’étaient recherchées pour l'alimentation humaine
qu'en période de famine. Paradoxalement, c’est dans les pays occidentaux
que les Algues entrent en force dans l'industrie moderne. Depuis que les
«fours à soude» se sont éteints sur les dunes et que la fumée âcre en a
disparu au milieu du xxe siècle, une nouvelle activité s'est en effet développée qui utilise les Algues comme matière première: l'industrie des
phycocolloïdes. Deux types d’Algues sont essentiellement récoltés à cet
effet : les Algues brunes Laminaria digitata, Laminaria hyperborea, Ascophyllum nodosum, dont on extrait les polysaccharides appelés alginates, et les
Algues rouges Chondrus crispus et Mastocarpus stellatus dont on extrait d'autres polysaccharides appelés carraghénanes.
La plus grande partie des Algues récoltées en Europe est utilisée pour
1 extraction de ces substances particulières qui n'existent que chez ces
végétaux et qui n’ont pas leur équivalent de synthèse. Ces substances sont
recherchées pour leurs propriétés physiques et utilisées surtout comme
agent gélifiant, épaississant et stabilisateur. Leur pouvoir élevé de gélifi-
