Introduction • 19
de pigments accessoires que sont carotènes, xanthophylles, phycoérythrines et phycocyanines. Ceux-ci interviennent dans la capture de l'énergie
lumineuse, qu'ils rétrocèdent à la chlorophylle. Selon leur nature, ils absorbent préférentiellement cette énergie dans des longueurs d'ondes particulières que n'absorbe pas la chlorophylle. Algues brunes, rouges et vertes
n'absorbent donc pas avec la même efficacité l'ensemble des radiations du
spectre solaire. Ceci nous est aisément perceptible si l’on se souvient que
la couleur que nous percevons d'un objet correspond à la radiation qu’il ne
retient pas, mais que, par contre, il absorbe la radiation correspondant à la
teinte complémentaire de la teinte que nous voyons. Ainsi, les Algues
rouges captent intensément les radiations vertes, les Algues vertes les radiations rouges. Les Algues ne font donc pas toutes le même usage des radiations lumineuses. Sur la base d'une telle constatation fut proposée, à la fin
du xixe siècle, l'hypothèse d'une distribution bathymétrique préférentielle
des grands groupes d'Algues en fonction des radiations lumineuses présentes en un lieu. Cette proposition se renforça au début du xxe siècle, à la suite
d’expériences de laboratoire. Des Algues bleues cultivées derrière des écrans
colorés tendent à développer des pigments variables en fonction de la
longueur d'onde, et complémentaires de celle-ci. Sur la base de cette expérience fut alors formulée la théorie de l'adaptation chromatique complémentaire des Algues, qui servit de confirmation à celle de la distribution
bathymétrique en fonction des radiations disponibles. On aurait ainsi,
dans les régions superficielles, une dominance d'Algues vertes recherchant
les radiations rouges, puis une exubérance des Algues brunes, les Algues
rouges étant confinées aux zones plus profondes, là où dominent les radiations vertes. Cette hypothèse fut formulée au départ dans les régions
nordiques à flore algale pauvre, où la distribution verticale observée concordait assez bien avec le schéma proposé.
L'observation d'autres régions côtières plus riches en espèces remet en
cause cette hypothèse. On connaît des Algues vertes profondes et des
Algues rouges superficielles. En outre, la conjugaison d'observations biocénotiques et écophysiologiques a mis l'accent sur l'importance de l’intensité lumineuse, c'est-à-dire sur la quantité de lumière recherchée par les
différentes espèces d’Algues. On a été conduit à distinguer des espèces
photophiles, c'est-à-dire recherchant les fortes intensités, et des espèces
sciaphiles, ou espèces d'ombre. Il est maintenant bien connu que la distribution bathymétrique d'une espèce est limitée en profondeur par son
point de compensation, c'est-à-dire le niveau où l'intensité lumineuse
est telle que photosynthèse et respiration s'équilibrent du point de vue
des échanges métaboliques. Indépendamment des phénomènes très
importants de compétitions interspécifiques, chaque espèce possède donc
ses limites bathymétriques propres qui sont de nature métabolique.
Il n’en reste pas moins que, si l'hypothèse d'une distribution bathymétrique en fonction des longueurs d'onde présentes n'est plus actuellement retenue, l'adaptation chromatique des Algues demeure l'objet de
recherches physiologiques très actuelles.
de pigments accessoires que sont carotènes, xanthophylles, phycoérythrines et phycocyanines. Ceux-ci interviennent dans la capture de l'énergie
lumineuse, qu'ils rétrocèdent à la chlorophylle. Selon leur nature, ils absorbent préférentiellement cette énergie dans des longueurs d'ondes particulières que n'absorbe pas la chlorophylle. Algues brunes, rouges et vertes
n'absorbent donc pas avec la même efficacité l'ensemble des radiations du
spectre solaire. Ceci nous est aisément perceptible si l’on se souvient que
la couleur que nous percevons d'un objet correspond à la radiation qu’il ne
retient pas, mais que, par contre, il absorbe la radiation correspondant à la
teinte complémentaire de la teinte que nous voyons. Ainsi, les Algues
rouges captent intensément les radiations vertes, les Algues vertes les radiations rouges. Les Algues ne font donc pas toutes le même usage des radiations lumineuses. Sur la base d'une telle constatation fut proposée, à la fin
du xixe siècle, l'hypothèse d'une distribution bathymétrique préférentielle
des grands groupes d'Algues en fonction des radiations lumineuses présentes en un lieu. Cette proposition se renforça au début du xxe siècle, à la suite
d’expériences de laboratoire. Des Algues bleues cultivées derrière des écrans
colorés tendent à développer des pigments variables en fonction de la
longueur d'onde, et complémentaires de celle-ci. Sur la base de cette expérience fut alors formulée la théorie de l'adaptation chromatique complémentaire des Algues, qui servit de confirmation à celle de la distribution
bathymétrique en fonction des radiations disponibles. On aurait ainsi,
dans les régions superficielles, une dominance d'Algues vertes recherchant
les radiations rouges, puis une exubérance des Algues brunes, les Algues
rouges étant confinées aux zones plus profondes, là où dominent les radiations vertes. Cette hypothèse fut formulée au départ dans les régions
nordiques à flore algale pauvre, où la distribution verticale observée concordait assez bien avec le schéma proposé.
L'observation d'autres régions côtières plus riches en espèces remet en
cause cette hypothèse. On connaît des Algues vertes profondes et des
Algues rouges superficielles. En outre, la conjugaison d'observations biocénotiques et écophysiologiques a mis l'accent sur l'importance de l’intensité lumineuse, c'est-à-dire sur la quantité de lumière recherchée par les
différentes espèces d’Algues. On a été conduit à distinguer des espèces
photophiles, c'est-à-dire recherchant les fortes intensités, et des espèces
sciaphiles, ou espèces d'ombre. Il est maintenant bien connu que la distribution bathymétrique d'une espèce est limitée en profondeur par son
point de compensation, c'est-à-dire le niveau où l'intensité lumineuse
est telle que photosynthèse et respiration s'équilibrent du point de vue
des échanges métaboliques. Indépendamment des phénomènes très
importants de compétitions interspécifiques, chaque espèce possède donc
ses limites bathymétriques propres qui sont de nature métabolique.
Il n’en reste pas moins que, si l'hypothèse d'une distribution bathymétrique en fonction des longueurs d'onde présentes n'est plus actuellement retenue, l'adaptation chromatique des Algues demeure l'objet de
recherches physiologiques très actuelles.
