174 • Deuxième partie: Méditerranée
Caulerpa racemosa var.
cylindracea, espèce petite
et discrète, s'est répandue
en dix ans dans tout
le bassin méditerranéen
et le proche Atlantique
(cliché S. Ruitton).
La venue de ces hôtes, que l'on désigne sous le nom d'« immigrants lessepsiens», est facilitée par une particularité hydrologique: le niveau de la mer
Rouge est un peu supérieur à celui de la Méditerranée; de 10 à 20 cm
seulement, mais c'est suffisant pour que le courant dans le canal aille
généralement dans le sens mer Rouge-Méditerranée.
Le plus célèbre des immigrants lessepsiens est le petit Magnoliophyte
marin Halophila stipnlacea. 11 s'installe d'abord en Égypte et en Israël, puis
gagne la Syrie, la Turquie, la Grèce, Malte et la Sicile.
D'autres envahisseurs sont venus par Gibraltar. Dans les années trente,
Asparagopsis armata (et son sporophyte «Falkenbergia rufolanosa»), originaire du Pacifique, après avoir colonisé les côtes atlantiques d'Europe,
entre en Méditerranée. Dans les années quarante, c'est au tour de Codium
fragile de suivre le même chemin. Asparagopsis armata et Codium fragile
progressent lentement le long des côtes nord et sud de la Méditerranée
occidentale; C. fragile vient d'atteindre la Tunisie; A. armata est encore
très rare en Méditerranée orientale. Colpomenia peregrina est, lui aussi, un
immigrant en Méditerranée.
Plus récemment, c'est l'aquaculture de l'huître japonaise, avec l'importation massive de naissains, sans grandes précautions, qui a transformé
l'étang de Thau, près de Montpellier, en véritable péniche de débarquement pour Algues japonaises. L'Algue Sargassum muticum, les Laminariales
Laminaria japonica et Undaria pinnatifida, ainsi que plusieurs autres espèces,
l'ont envahi, avant de s'aventurer en mer ouverte et de commencer la
colonisation de la Méditerranée.
Et ce n'est pas fini: en 1984, une espèce tropicale, Caulerpa taxifolia,
s'évade d’un aquarium de Monaco. En 20 ans, elle a envahi des kilomètres de côte, de la surface jusqu'à 35 m de profondeur, entre Monaco et
Toulon. Plus fort, une variété australienne de Caulerpa racemosa introduite
au début des années 1990 réussit en moins de 15 ans à envahir 11 pays
et toutes les grandes îles de Méditerranée, ainsi que les Canaries, dans
l'Atlantique.
Caulerpa racemosa var.
cylindracea, espèce petite
et discrète, s'est répandue
en dix ans dans tout
le bassin méditerranéen
et le proche Atlantique
(cliché S. Ruitton).
La venue de ces hôtes, que l'on désigne sous le nom d'« immigrants lessepsiens», est facilitée par une particularité hydrologique: le niveau de la mer
Rouge est un peu supérieur à celui de la Méditerranée; de 10 à 20 cm
seulement, mais c'est suffisant pour que le courant dans le canal aille
généralement dans le sens mer Rouge-Méditerranée.
Le plus célèbre des immigrants lessepsiens est le petit Magnoliophyte
marin Halophila stipnlacea. 11 s'installe d'abord en Égypte et en Israël, puis
gagne la Syrie, la Turquie, la Grèce, Malte et la Sicile.
D'autres envahisseurs sont venus par Gibraltar. Dans les années trente,
Asparagopsis armata (et son sporophyte «Falkenbergia rufolanosa»), originaire du Pacifique, après avoir colonisé les côtes atlantiques d'Europe,
entre en Méditerranée. Dans les années quarante, c'est au tour de Codium
fragile de suivre le même chemin. Asparagopsis armata et Codium fragile
progressent lentement le long des côtes nord et sud de la Méditerranée
occidentale; C. fragile vient d'atteindre la Tunisie; A. armata est encore
très rare en Méditerranée orientale. Colpomenia peregrina est, lui aussi, un
immigrant en Méditerranée.
Plus récemment, c'est l'aquaculture de l'huître japonaise, avec l'importation massive de naissains, sans grandes précautions, qui a transformé
l'étang de Thau, près de Montpellier, en véritable péniche de débarquement pour Algues japonaises. L'Algue Sargassum muticum, les Laminariales
Laminaria japonica et Undaria pinnatifida, ainsi que plusieurs autres espèces,
l'ont envahi, avant de s'aventurer en mer ouverte et de commencer la
colonisation de la Méditerranée.
Et ce n'est pas fini: en 1984, une espèce tropicale, Caulerpa taxifolia,
s'évade d’un aquarium de Monaco. En 20 ans, elle a envahi des kilomètres de côte, de la surface jusqu'à 35 m de profondeur, entre Monaco et
Toulon. Plus fort, une variété australienne de Caulerpa racemosa introduite
au début des années 1990 réussit en moins de 15 ans à envahir 11 pays
et toutes les grandes îles de Méditerranée, ainsi que les Canaries, dans
l'Atlantique.
