16 • Introduction
La reproduction des Algues rouges est complexe et comporte une
succession d'étapes, dont seules certaines sont perceptibles extérieurement par l’observateur de terrain.
Dans la majorité des cas, le cycle est trigénétique, donc caractérisé par
la succession de trois générations. Un sporophyte diploïde produit des
spores méiotiques généralement groupées en tétrades à l'intérieur de leur
sporocyste (le thalle producteur est alors dénommé tétrasporophyte). Un
gamétophyte haploïde, issu du développement d'une tétraspore, produit
des gamètes mâles ou femelles non mobiles, les thalles pouvant être, selon
les genres et les espèces, dioïques ou monoïques. Le gamète femelle
demeure hébergé par le gamétophyte et l'œuf issu de la fécondation engendre, sur le gamétophyte porteur, une génération parasite à développement
réduit: le carposporophyte. Celui-ci produit des spores diploïdes, les
carpospores, qui, après libération, vont se développer en un nouveau
tétrasporophyte diploïde.
La génération carposporophytique, parasite sur le gamétophyte, n'est
pas toujours aisément discernable extérieurement. Dans certains genres,
ce sont de simples taches rouge foncé visibles par transparence. Chez d'autres, au contraire, une prolifération du gamétophyte porteur, en réaction
à ce parasitisme, entraîne la réalisation de sortes de verrues ou cystocarpes bien identifiables (Gracilaria). Les tétrasporophytes se reconnaissent
généralement à leur aspect finement ponctué ou marbré, dû à la présence
des sporocystes disséminés dans les régions superficielles du thalle.
11 existe de nombreux exemples de variations par rapport au schéma
classique de ce cycle trigénétique.
Dans la majorité des cas, gamétophytes et tétrasporophytes sont
morphologiquement identiques et le cycle est alors qualifié de dimorphe
(un premier type morphologique est commun au gamétophyte et au
tétrasporophyte, le second est celui du carposporophyte parasite). Il peut
être trimorphe lorsque gamétophyte et tétrasporophyte sont morphologiquement dissemblables. Tel est le cas d’Asparagopsis armata (gamétophyte) et de son stade «Falkenbergia rufblanosa » (tétrasporophyte),
longtemps considérés comme deux espèces différentes.
Il existe également un certain nombre de cas où l'une des générations
a disparu ou n’est pas réalisée, le cycle devenant alors digénétique. Ainsi
Gymnogongrus crenulatus est un gamétophyte haploïde où le développement du zygote conduit directement à l'élaboration d'un tétrasporophyte
parasite et producteur de spores méiotiques, la génération du carposporophyte n'étant pas réalisée.
Egalement reconnu actuellement comme digénétique, le cycle de
Palmaria palmata, Algue de grande taille et d'utilisation très ancienne, est
demeuré très longtemps inexpliqué. On récolte couramment dans la
nature d une part des tétrasporophytes diploïdes producteurs de tétraspores méiotiques, d'autre part des gamétophytes mâles haploïdes. L’étude
en culture in vitro du développement des tétraspores a mis en évidence
1 existence d un gamétophyte femelle microscopique qui, après féconda
La reproduction des Algues rouges est complexe et comporte une
succession d'étapes, dont seules certaines sont perceptibles extérieurement par l’observateur de terrain.
Dans la majorité des cas, le cycle est trigénétique, donc caractérisé par
la succession de trois générations. Un sporophyte diploïde produit des
spores méiotiques généralement groupées en tétrades à l'intérieur de leur
sporocyste (le thalle producteur est alors dénommé tétrasporophyte). Un
gamétophyte haploïde, issu du développement d'une tétraspore, produit
des gamètes mâles ou femelles non mobiles, les thalles pouvant être, selon
les genres et les espèces, dioïques ou monoïques. Le gamète femelle
demeure hébergé par le gamétophyte et l'œuf issu de la fécondation engendre, sur le gamétophyte porteur, une génération parasite à développement
réduit: le carposporophyte. Celui-ci produit des spores diploïdes, les
carpospores, qui, après libération, vont se développer en un nouveau
tétrasporophyte diploïde.
La génération carposporophytique, parasite sur le gamétophyte, n'est
pas toujours aisément discernable extérieurement. Dans certains genres,
ce sont de simples taches rouge foncé visibles par transparence. Chez d'autres, au contraire, une prolifération du gamétophyte porteur, en réaction
à ce parasitisme, entraîne la réalisation de sortes de verrues ou cystocarpes bien identifiables (Gracilaria). Les tétrasporophytes se reconnaissent
généralement à leur aspect finement ponctué ou marbré, dû à la présence
des sporocystes disséminés dans les régions superficielles du thalle.
11 existe de nombreux exemples de variations par rapport au schéma
classique de ce cycle trigénétique.
Dans la majorité des cas, gamétophytes et tétrasporophytes sont
morphologiquement identiques et le cycle est alors qualifié de dimorphe
(un premier type morphologique est commun au gamétophyte et au
tétrasporophyte, le second est celui du carposporophyte parasite). Il peut
être trimorphe lorsque gamétophyte et tétrasporophyte sont morphologiquement dissemblables. Tel est le cas d’Asparagopsis armata (gamétophyte) et de son stade «Falkenbergia rufblanosa » (tétrasporophyte),
longtemps considérés comme deux espèces différentes.
Il existe également un certain nombre de cas où l'une des générations
a disparu ou n’est pas réalisée, le cycle devenant alors digénétique. Ainsi
Gymnogongrus crenulatus est un gamétophyte haploïde où le développement du zygote conduit directement à l'élaboration d'un tétrasporophyte
parasite et producteur de spores méiotiques, la génération du carposporophyte n'étant pas réalisée.
Egalement reconnu actuellement comme digénétique, le cycle de
Palmaria palmata, Algue de grande taille et d'utilisation très ancienne, est
demeuré très longtemps inexpliqué. On récolte couramment dans la
nature d une part des tétrasporophytes diploïdes producteurs de tétraspores méiotiques, d'autre part des gamétophytes mâles haploïdes. L’étude
en culture in vitro du développement des tétraspores a mis en évidence
1 existence d un gamétophyte femelle microscopique qui, après féconda
