Introduction • 15
Les cas d'apoméiose, de parthénogénèse sont très fréquents et ne
peuvent être mis en évidence que par l'étude des Algues en culture.
Quel que soit le degré de leur complexité d'organisation, les Algues
brunes présentent des longévités très diverses. Les Ectocarpales, filamenteuses, tout comme les énormes Saccorhiza sont annuelles. Les Laminaria
vivent plusieurs années (de 10 à 15 ans dans le cas de Laminaria hyperborea). Certaines espèces pérennantes forment des populations importantes et s'inscrivent fortement dans la physionomie de la végétation, allant
jusqu'à établir de véritables formations végétales (champs de Laminaria,
de Fucus...) dont la distribution bathymétrique, nettement étagée, apparaît être le résultat d’adaptations biologiques multiples à un ensemble de
facteurs du milieu.
Les Algues brunes font l'objet, de par le monde, de nombreuses utilisations. La principale en est l'extraction de certains mucilages (alginates)
à applications multiples. Des espèces sont également utilisées pour l'alimentation humaine, la nourriture du bétail, les cosmétiques. En outre,
les grandes Phaeophyceae constituent l'essentiel du goémon d'épave
arraché par les tempêtes. Certaines espèces constituent un engrais organique très recherché (Fucus, Laminaria).
Les Phaeophyceae présentées dans cet ouvrage se distribuent entre un
certain nombre d'ordres définis à partir de caractères anatomiques, reproducteurs et moléculaires.
t Rhodophyta ou Algues rouges
Les Algues rouges regroupent des formes très diverses. À l’exception de
quelques rares exemples unicellulaires, la plupart sont pluricellulaires,
allant de simples filaments microscopiques à des lames épaisses pouvant
atteindre 1 à 3 m de long. La complexité morphologique n'atteint cependant jamais celle des Algues brunes. Malgré leurs formes extrêmement
attractives, les Algues rouges demeurent discrètes, leur recherche et leur
identification, parfois délicates, n'en étant que plus captivantes.
Malgré cette très grande diversité apparente des types d'organisation,
elles se définissent par un ensemble de caractères communs: caractères
cytologiques (structure des plastes) et biochimiques (présence de chlorophylle a seule, masquée par des pigments surnuméraires que sont phycoérythrines et phycocyanines; présence d'un amidon extraplastidial
particulier appelé amidon floridéen ou rhodamylon). Leur couleur est
extrêmement variable. Pour une même espèce, elle varie en fonction de
l'intensité de l'éclairement, qui, lorsqu'il devient excessif, peut entraîner
une photodestruction des pigments surnuméraires; elle varie également
entre les espèces selon les proportions relatives des différents pigments et
la construction du thalle. Certains Rhodophytes apparaissent ainsi noirâtres à la lumière du jour (Ahnfeltia plicata, Bostrychia, Boergesenieila martensiana); leur pigmentation rouge ne peut alors être mise en évidence que
par l'usage d'une lumière artificielle.
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