12.4 Les cellules nerveuses
La psychoneuro-immunologie
Dans les années 1970, plus d’un siècle après la publication apparue dans le
British Medical Journal, on va pouvoir expliquer et vérifier scientifiquement
les hypothèses à propos du deuil et des infections. On dispose alors des moyens
techniques pour le faire. Le journal anglais The Lancer publie en 1977 l’expérience
de l’équipe dirigée par Bartrop3.
3. Bartrop étal., 1977. Depressed lymphocyte fonction afterbereavement, The lancet, 1. 834836.
< J.C.Kiecolt-Glaser et al., 1987. Martial Quality, Marital disruption and Immuno fonction.
Psychosomatic medicine vol 49 : 13-34.
Ces scientifiques ont étudié 26 veufs et veuves, (situation objective de deuil)
comparés à un groupe témoin appareillé pour le sexe et l’âge. Par des analyses du
sang peu de temps après le deuil, on a observé que la multiplication des lymphocytes in vit)o se ralentit et ne peut donc pas reagir de façon adéquate en présence
d’une protéine étrangère. L’organisme devient ainsi vulnérable aux infections. Ce
ralentissement commence rapidement après le deuil et se rétablit progressivement
au cours de l’année suivante. Les rituels culturels accompagnent ce rétablissement
psychique et somatique de la personne en deuil. Nous avons ici un exemple très clair
de l’approche bio-psycho-sociale d’un phénomène inéluctable dans l’expérience
humaine.
Cette première recherche a permis le développement d’une nouvelle discipline,
la psychoneuro-immunologie, c’est-à-dire l’articulation entre le fonctionnement
psychique, immunologique et neurologique. Actuellement on dispose d’excellentes recherches sur les conséquences psychoneuro-immunologiques du divorce
par exemple4, ainsi que de toutes les situations de stress comme la préparation
d’examens.
L’immunologie est un champ très prometteur mais il y a un danger majeur de
séduction dans le vocabulaire analogique qui sert à exprimer des concepts
psychologiques aussi bien qu’immunologiques. En effet, les spécialistes de
chacune de ces spécialités se sont rendu compte qu’ils utilisaient un vocabulaire
parallèle. La notion de dépression liée au deuil coïncide avec l’observation de
la dépression de la fonction immunitaire. Ce vocabulaire analogique entraîne la
pensée à faire des sauts du somatique au psychique et vice-versa. Ainsi comme
l’identité est un concept majeur en psychologie, l’identité immunitaire est aussi
un fait scientifique : chacun de nous a un système immunitaire personnel qui a été
construit tout au long de la vie produisant des anticorps en rapport avec les
rencontres avec des protéines étrangères qui l’ont façonné. On peut y voii un
parallèle du développement neurologique produisant des synapses sollicitées pai
le contact avec l’environnement, ainsi qu'une métaphore du développement
psychique tributaire de l’adulte qui s’est occupé de l’enfant au cours des premières
années de vie.
La psychoneuro-immunologie
Dans les années 1970, plus d’un siècle après la publication apparue dans le
British Medical Journal, on va pouvoir expliquer et vérifier scientifiquement
les hypothèses à propos du deuil et des infections. On dispose alors des moyens
techniques pour le faire. Le journal anglais The Lancer publie en 1977 l’expérience
de l’équipe dirigée par Bartrop3.
3. Bartrop étal., 1977. Depressed lymphocyte fonction afterbereavement, The lancet, 1. 834836.
< J.C.Kiecolt-Glaser et al., 1987. Martial Quality, Marital disruption and Immuno fonction.
Psychosomatic medicine vol 49 : 13-34.
Ces scientifiques ont étudié 26 veufs et veuves, (situation objective de deuil)
comparés à un groupe témoin appareillé pour le sexe et l’âge. Par des analyses du
sang peu de temps après le deuil, on a observé que la multiplication des lymphocytes in vit)o se ralentit et ne peut donc pas reagir de façon adéquate en présence
d’une protéine étrangère. L’organisme devient ainsi vulnérable aux infections. Ce
ralentissement commence rapidement après le deuil et se rétablit progressivement
au cours de l’année suivante. Les rituels culturels accompagnent ce rétablissement
psychique et somatique de la personne en deuil. Nous avons ici un exemple très clair
de l’approche bio-psycho-sociale d’un phénomène inéluctable dans l’expérience
humaine.
Cette première recherche a permis le développement d’une nouvelle discipline,
la psychoneuro-immunologie, c’est-à-dire l’articulation entre le fonctionnement
psychique, immunologique et neurologique. Actuellement on dispose d’excellentes recherches sur les conséquences psychoneuro-immunologiques du divorce
par exemple4, ainsi que de toutes les situations de stress comme la préparation
d’examens.
L’immunologie est un champ très prometteur mais il y a un danger majeur de
séduction dans le vocabulaire analogique qui sert à exprimer des concepts
psychologiques aussi bien qu’immunologiques. En effet, les spécialistes de
chacune de ces spécialités se sont rendu compte qu’ils utilisaient un vocabulaire
parallèle. La notion de dépression liée au deuil coïncide avec l’observation de
la dépression de la fonction immunitaire. Ce vocabulaire analogique entraîne la
pensée à faire des sauts du somatique au psychique et vice-versa. Ainsi comme
l’identité est un concept majeur en psychologie, l’identité immunitaire est aussi
un fait scientifique : chacun de nous a un système immunitaire personnel qui a été
construit tout au long de la vie produisant des anticorps en rapport avec les
rencontres avec des protéines étrangères qui l’ont façonné. On peut y voii un
parallèle du développement neurologique produisant des synapses sollicitées pai
le contact avec l’environnement, ainsi qu'une métaphore du développement
psychique tributaire de l’adulte qui s’est occupé de l’enfant au cours des premières
années de vie.
