Chap. 12. Exemples de cellules
Un troisième concept commun est celui de mécanismes de défense : c’est le
propre du système immunitaire. Mais nous avons aussi les mécanismes de
défense du moi, un concept majeur de la psychanalyse repris ensuite par toutes
les approches actuelles de la psychologie.
Il faut rappeler encore le concept d’identité, la capacité à faire la différence entre
le soi et le non soi. Le système immunitaire est la sentinelle qui reconnaît les
envahisseurs étrangers à l’organisme. L’appareil psychique développe l’identité
de l’individu. La perte d’identité psychique donne lieu à la psychose.
On comprend alors le danger de séduction entretenu par ces concepts équivalents.
C’est une illusion, bien entendu, et les articulations ne sont pas des correspondances binaires comme l’expérience du deuil laissait imaginer. Les mécanismes
d’interaction sont toujours multiples et assez complexes. Néanmoins, l’étude de
ces articulations permet de comprendre les soubassements physiologiques des
états psychiques.
En conclusion, l’approche psychosomatique considère l’unité indissociable du
fonctionnement humain sur les deux plans. Tout être humain est psychosomatique
par nature. La correspondance des états somatiques sur le psychisme, et des états
psychiques sur le corps se produisent à tout instant. Nous ne nous apercevons pas
d’habitude tant que le « silence des organes »5 assure la santé. C’est dans le trouble
que cette liaison apparaît comme une évidence dans l’expérience de chacun. Il
n’y a donc pas de malades psychosomatiques ni de maladies psychosomatiques.
L’approche psychosomatique permet de prendre en compte les variations du
fonctionnement circulant dans les deux sens aussi bien dans l’état d’homéostasie
normal que dans toutes les formes de pathologie.
Doris Vasconcellos, Maître de Conférences, Paris 5.
5. René Leriche, cité par Canguilhem, in « Essai sur quelques problèmes concernant le normal
et le pathologique », Vrin, 1943
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