sentent étrangères. Mais c'est un monde dont les mystères n’en sont pas moins accessibles à quiconque s'y consacre
avec son esprit et avec son cœur
C est de cette façon seulement qu'il devient possible d’appréhender l'unicité de la mer dans sa diversité. Il suffit de
s équiper d une petite réserve d’air pour pouvoir partir à la découverte des multiples spectacles qu'offre le monde
sous-marin : grands éventails des gorgones bleutées des Caraïbes, vastes forêts submergées de la Californie, iguanes
paissant sous les eaux des Galapagos, îles perdues du Pacifique, palette multicolore des récifs tropicaux, infinie divet
sité des poissons coralliens qui fréquentent les confins de l'océan Indien et du Pacifique, lagons bleu-vert des atolls des
Maldives, gradations chromatiques de la mer Rouge, effets de vitrail des eaux lumineuses de la Méditerranée
Toute cette diversité relève d'une évolution qui s'est échelonnée sur des millions d'années, mais qui n'en est pas moins
issue d'une seule et même matrice originelle : laTéthys.
L'ÉVOLUTION DE LATÉTHYS
270 million» d'tnnàn : formation de U
Téthy*. une mer «mmerue qui t étendut rf e»t
en ouest en tépannt les grande* masses
continentale* de la Lauraue et du Gondwwu
Elle réunissait ce qui constitue aujourd'hui Test
du Pacifique. (Atlantique central la Mediterranée,
l'océan Indien et l'ouest du Pacifique
22S millions d'années : formation de
I Atlantique centrai
I SS millions d'années : formation de l’océan
Indien et de l'océan Pacifique
11S millions d'années ; formation de
l'Atlantique Sud
65 millions d'années : formation de la mer
d'Arabie, ou mer d'Oman
57 millions d'années : formation de
l'Atlantique Nord
S0 millions d'années : fermeture de la Téthys
20 millions d'années : formation de la mer
Rouge
5 millions d'années : formation de la
Méditerranée
3 millions d'années : formation de la mer des
Caraïbes (ou des Antilles) et fermeture définitive
du Pacifique Est
UN MONDE EN MOUVEMENT
Un planisphère permet d’embrasser d’un seul regard l'ensemble des continents et des océans, et de repérer la posi
tion des villes, des montagnes, des îles.Tout paraît ordonné selon une configuration immuable sur laquelle l'homme
peut s'appuyer pour décider de son destin. Un examen plus attentif révèle pourtant certains détails donnant à réfié
chin notamment dans la découpe des masses continentales qui présentent de surprenantes correspondances, analogues aux pièces d'un puzzle. Les contours des deux Amériques et ceux de l'Europe et de l'Afrique sont
manifestement complémentaires, ce qui devient encore plus évident quand on les considère à I 000 ou 2 000 mètres
au-dessous de la surface des eaux. Il ne s'agit pas là de révélation, puisque ces coïncidences furent déjà mises au jour
au début du xvne siècle par le philosophe anglais Francis Bacon. Et elles ne sont pas non plus le fruit du hasard, mais
la manifestation d'un lent processus, universellement admis aujourd’hui et qu'on appelle la dénve des continents
Il est évidemment difficile d'imaginer qu'une masse aussi démesurée qu'un continent soit capable de se déplacer Quand
En ba*. à gauche : lé» grande» force*
de la Terre, incarnée* par Vulcain et
Neptune, poursuivent aujourd'hui
encore leur* incessante* confrontations,
comme en témoigne cette image ou *e
mêlent les quatre élément*
fondamentaux : eau, air, terre et feu.
Ci-de**ou* : la mer sculpte le contour
de* continent» avec une puissance
d'érosion qui peut atteindre de*
centaine» de kilo* par centimètre carré.
O
on contemple la mer depuis le rivage, on se sent en sécurité sur un sol d'une
rassurante stabilité, en comparaison de l’incessant mouvement du liquide qui
s’étale devant nous. Pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, au cours
de l’histoire de la Terre les mers sont demeurées plus stables que les continents. Car ceux-ci n’ont jamais cessé de se mouvoir glissant sur la partie la plus
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