Le corps de ce crabe de corail n 'est pas plus gros que la
petite gomme d’un crayon. Cachée dans le récif pendant la
journée, cette créature minuscule chasse la nuit, entre les
branches des coraux mous.
de promulguer rapidement un décret créant un parc national à Ras Muhammad.
Une semaine plus tard, le Dr Clark traversait le Sinaï dans un convoi de voitures
du gouvernement égyptien transportant scientifiques, juristes et bureaucrates pour
discuter avec les Israéliens responsables en leur temps de Ras Muhammad et établir
un projet de parc. Malheureusement, au cours de la même année, Sadate était
assassiné. Le Dr Clark se rendit rapidement compte que la promesse du décret
présidentiel avait peu de poids parmi les politiques égyptiens. Pour que le parc
devienne une réalité, il fallait qu’il soit approuvé par le Parlement égyptien.
Néanmoins, des associations de protection de la nature en Egypte, en
Angleterre et aux Etats-Unis avaient rejoint le projet de sauvegarde du récif. De
plus, avant sa mort, Sadate avait gagné à la cause de Ras Muhammad un ami influent
au Parlement, Sayed Marei. Le 20 juillet 1983, le Parlement égyptien votait la création
du premier parc national à Ras Muhammad.
L’avenir du récif demeurait pourtant incertain. « Les années qui suivirent
furent décevantes » raconte Eugénie Clark.
Les fonds disponibles pour la gestion du parc étaient maigres,
les moyens pour faire appliquer les lois de protection quasiment
inexistants. Le premier directeur du parc restait au Caire, et n'a jamais
compris ce qui se passait à Ras Muhammad. Le responsable du parc, sur
place, demeurait à Sharm ELCheikh et ne prit la jeep du parc que pour
aller voir les oiseaux. Ce furent de beaux jours pour les chasseurs sousmarins venus d'Europe. Les collectionneurs de coquillages et les chasseurs
de souvenirs commencèrent à piller les récifs tout près de la côte.
Cette situation assez déprimante se poursuivit jusqu’en 1989, date à laquelle
un nouveau responsable, un jeune général de brigade à la retraite, Omar Hassan,
commença à faire sentir son influence. Travaillant en étroite collaboration avec
le Dr Michael Pearson, directeur de projet pour le parc marin de Ras Muhammad
— projet sur trois ans financé par la Communauté européenne —, Omar Hassan
lança la réalisation d’un centre d’information pour les visiteurs, le balisage des sites
de plongées, la surveillance systématique des récifs, et d’autres améliorations. Le
parc d’origine fut également agrandi pour inclure 300 kilomètres carrés (un tiers
sur terre et deux tiers en mer) englobant les îles coralliennes du détroit de Tiran.
La mer Rouge
86
petite gomme d’un crayon. Cachée dans le récif pendant la
journée, cette créature minuscule chasse la nuit, entre les
branches des coraux mous.
de promulguer rapidement un décret créant un parc national à Ras Muhammad.
Une semaine plus tard, le Dr Clark traversait le Sinaï dans un convoi de voitures
du gouvernement égyptien transportant scientifiques, juristes et bureaucrates pour
discuter avec les Israéliens responsables en leur temps de Ras Muhammad et établir
un projet de parc. Malheureusement, au cours de la même année, Sadate était
assassiné. Le Dr Clark se rendit rapidement compte que la promesse du décret
présidentiel avait peu de poids parmi les politiques égyptiens. Pour que le parc
devienne une réalité, il fallait qu’il soit approuvé par le Parlement égyptien.
Néanmoins, des associations de protection de la nature en Egypte, en
Angleterre et aux Etats-Unis avaient rejoint le projet de sauvegarde du récif. De
plus, avant sa mort, Sadate avait gagné à la cause de Ras Muhammad un ami influent
au Parlement, Sayed Marei. Le 20 juillet 1983, le Parlement égyptien votait la création
du premier parc national à Ras Muhammad.
L’avenir du récif demeurait pourtant incertain. « Les années qui suivirent
furent décevantes » raconte Eugénie Clark.
Les fonds disponibles pour la gestion du parc étaient maigres,
les moyens pour faire appliquer les lois de protection quasiment
inexistants. Le premier directeur du parc restait au Caire, et n'a jamais
compris ce qui se passait à Ras Muhammad. Le responsable du parc, sur
place, demeurait à Sharm ELCheikh et ne prit la jeep du parc que pour
aller voir les oiseaux. Ce furent de beaux jours pour les chasseurs sousmarins venus d'Europe. Les collectionneurs de coquillages et les chasseurs
de souvenirs commencèrent à piller les récifs tout près de la côte.
Cette situation assez déprimante se poursuivit jusqu’en 1989, date à laquelle
un nouveau responsable, un jeune général de brigade à la retraite, Omar Hassan,
commença à faire sentir son influence. Travaillant en étroite collaboration avec
le Dr Michael Pearson, directeur de projet pour le parc marin de Ras Muhammad
— projet sur trois ans financé par la Communauté européenne —, Omar Hassan
lança la réalisation d’un centre d’information pour les visiteurs, le balisage des sites
de plongées, la surveillance systématique des récifs, et d’autres améliorations. Le
parc d’origine fut également agrandi pour inclure 300 kilomètres carrés (un tiers
sur terre et deux tiers en mer) englobant les îles coralliennes du détroit de Tiran.
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