a tous que la curiosité scientifique ne pouvait se traduire par la mort systématique
du sujet d observation. « Nous avons fixe les limites, désormais, pour tous les poissons que nous étudions », explique le Dr Clark.
A moins qu’il ne soit absolument indispensable de prélever et de
disséquer un poisson pour la compréhension du problème, nous laissons
faire la nature qui décide de l'heure de la mort du poisson — une
attitude bien différente de celle de ma jeunesse, lorsque j'écrivis mon
premier livre « La femme au harpon ».
Au lieu de capturer le poisson, nous prenons sa photo. Pour notre
étude d'un groupe de mâles de Parapercis, qui possède des lignes sur la
face aussi distinctives que des empreintes digitales, nous avons conservé,
sur des petites cartes plastifiées, des photos d'identité des deux profils de
chaque mâle. Année après année, nous utilisons ces cartes pour identifier
les individus et étudier leurs comportements territoriaux, la taille de leur
harem, leur remplacement ou leur mort éventuelle.
Tout en dérivant dans les eaux calmes de la pente sableuse, je suis rempli
d’admiration pour le Dr Clark, ses chercheurs, et le monde qu’ils ont découvert
sous le sable. Ici, couleurs et mouvements — tout ce que recherche habituellement
un photographe — sont rares, mais cela ne signifie pas que soient absents les ingrédients qui inspirent ce sentiment d’émerveillement.
Je rencontre un poisson-crocodile (Platycephalus indicus), un habitant plat
et allongé du sable, qui ressemble vraiment à un crocodile. Contrairement à son
homonyme terrestre, cet animal n’est pas du tout effrayant ; il est timide et se laisse
difficilement approcher. Son corps couleur du sable, qui évoque des cailloux, le
camoufle aux yeux des prédateurs. S’il ne s’était pas déplacé, j’aurais pu le frôler
sans le voir. Je m’approche essayant de prendre une photo avant qu’il ne s’enfuie.
En nageant vers les eaux moins profondes, j’aperçois un poisson-lézard (Synodus variegatus), des raies manta, une sole et de petits crabes — tous se camouflant
pour se confondre avec l’environnement. Comme le poisson-crocodile, ils ne révèlent leur présence que lorsqu’ils se mettent en mouvement.
Lorsque nous faisons surface, nous sommes de nouveau à l’abri du récif
et la mer est calme. Avec beaucoup de science, Freddy nous a ramenés à 200 mètres
du bateau, de sorte que nous avons peu à nager en surface.
LA MER ROUGE
La comatule, un filtreur nocturne perché sur un
corail, capture le plancton avec ses tentacules
plumeux Le plancton est ensuite conduit par des
cils, le long de sillons, vers l’ onfue buccal.
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