grains de sable endiablés sous une loupe pour apercevoir un amphipode
transparent qui saute en emportant sa maison de sable. Une de mes
étudiantes, Carol Falck, a trouvé des maisons avec des « chambres »
séparées pour la mère et jusqu'à dix. de ses petits.
Parmi les espèces découvertes en mer Rouge, le Dr Clark
en a isolé elle-même une douzaine. Elle a appelé un habitant fantomatique du sable, de 10 centimètres de long, Trichonotus nikii,
du nom de son plus jeune enfant, Niki, qui était avec elle lorsqu’elle
a découvert cette espèce.
« Tricky niki » vit en grandes colonies. « Parfois, » écritelle, « vous regardez ce sable désert et vous réalisez que des centaines de nez miniatures sortent du sable et que deux fois plus d’yeux
vous regardent ». Pendant la journée, des essaims de centaines ou
même de milliers de « Tricky niki » nagent dans la colonne d’eau
et se nourrissent de plancton. « Au moindre signe de danger, » ajoute
le Dr Clark, « ils disparaissent dans le sable comme de petits éclairs ».
A la fin du jour, chaque mâle retourne dans son territoire, rassemEnviron une douzaine d'espèces de poissons-scorpions vivent en
nier Rouge. Avec ses appendices ressemblant à des algues et ses
couleurs, ce prédateur se confond avec le substrat et attend sans
bouger que des petits poissons approchent. H ouvre alors sa
bouche, la projette brusquement vers l’ avant et avale sa proie si
rapidement que les plongeurs ont rarement le temps d’apercevoir
la capture.
ble son harem et tous se retirent dans le sable ».
A Ras Muhammad, T. nikii vit en harmonie avec les anguilles des jardins,
dont il partage le territoire, se nourrissant de plancton. « Ces petites créatures se
tiennent très bien à table, » dit-elle, « elles ne se cognent jamais ni ne se précipitent
pour le même morceau de plancton ». Leurs territoires incluent souvent deux ou
trois galeries d’anguilles.
Le Dr Clark et ses étudiants connaissent si bien les habitants des pentes
sableuses qu’ils leur ont donné des noms. Gill, par exemple, était la femelle dominante d’un harem de quatre labres (Xyrichtys sp.\ « Des spécimens comme Gill sont
rares », dit le Dr Clarke. « Mon équipier de plongée, David Shen, pouvait compter
sur Gill pour venir des profondeurs le saluer, même après un an d’absence ».
Gill, comme toute femelle dominante chez cette famille, pouvait changer
de sexe ; c’est pourquoi le Dr Clark et ses étudiants voulaient examiner les organes
sexuels de Gill, afin d’observer d’éventuels signes de modification du sexe. Mais
lorsque le moment vint de la capturer, David Shen ne put s’y résoudre. Il leur apparut
80
La mer rouge
transparent qui saute en emportant sa maison de sable. Une de mes
étudiantes, Carol Falck, a trouvé des maisons avec des « chambres »
séparées pour la mère et jusqu'à dix. de ses petits.
Parmi les espèces découvertes en mer Rouge, le Dr Clark
en a isolé elle-même une douzaine. Elle a appelé un habitant fantomatique du sable, de 10 centimètres de long, Trichonotus nikii,
du nom de son plus jeune enfant, Niki, qui était avec elle lorsqu’elle
a découvert cette espèce.
« Tricky niki » vit en grandes colonies. « Parfois, » écritelle, « vous regardez ce sable désert et vous réalisez que des centaines de nez miniatures sortent du sable et que deux fois plus d’yeux
vous regardent ». Pendant la journée, des essaims de centaines ou
même de milliers de « Tricky niki » nagent dans la colonne d’eau
et se nourrissent de plancton. « Au moindre signe de danger, » ajoute
le Dr Clark, « ils disparaissent dans le sable comme de petits éclairs ».
A la fin du jour, chaque mâle retourne dans son territoire, rassemEnviron une douzaine d'espèces de poissons-scorpions vivent en
nier Rouge. Avec ses appendices ressemblant à des algues et ses
couleurs, ce prédateur se confond avec le substrat et attend sans
bouger que des petits poissons approchent. H ouvre alors sa
bouche, la projette brusquement vers l’ avant et avale sa proie si
rapidement que les plongeurs ont rarement le temps d’apercevoir
la capture.
ble son harem et tous se retirent dans le sable ».
A Ras Muhammad, T. nikii vit en harmonie avec les anguilles des jardins,
dont il partage le territoire, se nourrissant de plancton. « Ces petites créatures se
tiennent très bien à table, » dit-elle, « elles ne se cognent jamais ni ne se précipitent
pour le même morceau de plancton ». Leurs territoires incluent souvent deux ou
trois galeries d’anguilles.
Le Dr Clark et ses étudiants connaissent si bien les habitants des pentes
sableuses qu’ils leur ont donné des noms. Gill, par exemple, était la femelle dominante d’un harem de quatre labres (Xyrichtys sp.\ « Des spécimens comme Gill sont
rares », dit le Dr Clarke. « Mon équipier de plongée, David Shen, pouvait compter
sur Gill pour venir des profondeurs le saluer, même après un an d’absence ».
Gill, comme toute femelle dominante chez cette famille, pouvait changer
de sexe ; c’est pourquoi le Dr Clark et ses étudiants voulaient examiner les organes
sexuels de Gill, afin d’observer d’éventuels signes de modification du sexe. Mais
lorsque le moment vint de la capturer, David Shen ne put s’y résoudre. Il leur apparut
80
La mer rouge
