Tout comme les branches d'un arbre abrite des oiseaux, des
grenouilles et des insectes, les branches des alcyonaires hébergent
gobies, crevettes et autres petites espèces mannes.
PAGE 85 Un poisson-napoléon croise le long d'un tombant
corallien à Ras Muhammad. Cet individu de 1,50 mètre, connu
en mer Rouge sous le nom de Georges, s’ approche souvent des
plongeurs pour quémander un peu de nourriture. Son régime
alimentaire habituel comprend des mollusques et des crabes, qu’il
brise avec ses puissantes mâchoires.
IL Y A DEUX CENT MILLE ANS, le plateau appelé Ras Muhammad (la « tête » — ou
cap — de Muhammad) était un récif corallien submergé, grouillant de vie.
Aujourd’hui, ce" récif fossile se trouve à plusieurs centaines de mètres au-dessus du
niveau de la mer, terre isolée de sable et de rochers surplombant quelques-uns des
récifs les plus spectaculaires de la région, et même du monde. Nous allons plonger
aujourd’hui sur un petit récif tabulaire au large, de forme presque identique à celle
du récif ancien qui forme le cap. Là, la crête récifale émerge à marée basse, découvrant
des alcyonaires marrons, bruns ou jaunes qui peuvent survivre à une brève exposition
à l’air libre.
Notre groupe de plongée descend doucement à une profondeur de 10 mètres.
Freddy nous fait signe de le suivre. Peu à peu, le tombant massif apparaît. Il s’étend
dans toutes les directions jusqu’à une cinquantaine de mètres, pour autant que je
puisse en juger. Nous nous en approchons et constatons que des coraux durs et
mous colorés occupent chaque centimètre carré.
Le mur est grouillant de poissons : pratiquement toutes les espèces de mer
Rouge peuvent être observées ici ; j’ai l’impression de nager dans un immense aquarium. Les poissons semblent moins craintifs ici que dans le reste de la mer Rouge,
peut-être parce qu’ils sont habitués aux plongeurs qui viennent de Sharm El-Cheikh.
J’entends Susan m’appeller sous l’eau — une aptitude acquise au cours de
onze années de plongée avec elle. Je me retourne et vois qu’un poisson-napoléon
de 1,50 mètre de long s’approche d’elle. Ce grand poisson vert, connu des plongeurs
de la mer Rouge sous le nom de Georges, n’est pas agressif. Il attend juste une
aumône. Georges reste quelques instants avec Susan, l’examinant de ses yeux ronds
qui bougent en tous sens. Quand ce poisson de près de 100 kilos réalise qu’il n’aura
pas de cadeau, il part chercher un plongeur plus compréhensif.
Le comportement de Georges est amusant, mais pose le problème de la
fréquentation humaine à Ras Muhammad. Nourrir les poissons peut sembler anodin.
Mais quand nous offrons aux poissons œufs durs, fromage ou toute autre nourriture
humaine, d’une certaine façon nous transgressons les règles. Cette insouciance peut
se révéler très préjudiciable au bien-être du récif.
La beauté de Ras Muhammad en fait également sa fragilité, car la multitude
de plongeurs qu’elle attire crée un grave stress pour le récif. Tous les capitaines
82
La mer Rouge
grenouilles et des insectes, les branches des alcyonaires hébergent
gobies, crevettes et autres petites espèces mannes.
PAGE 85 Un poisson-napoléon croise le long d'un tombant
corallien à Ras Muhammad. Cet individu de 1,50 mètre, connu
en mer Rouge sous le nom de Georges, s’ approche souvent des
plongeurs pour quémander un peu de nourriture. Son régime
alimentaire habituel comprend des mollusques et des crabes, qu’il
brise avec ses puissantes mâchoires.
IL Y A DEUX CENT MILLE ANS, le plateau appelé Ras Muhammad (la « tête » — ou
cap — de Muhammad) était un récif corallien submergé, grouillant de vie.
Aujourd’hui, ce" récif fossile se trouve à plusieurs centaines de mètres au-dessus du
niveau de la mer, terre isolée de sable et de rochers surplombant quelques-uns des
récifs les plus spectaculaires de la région, et même du monde. Nous allons plonger
aujourd’hui sur un petit récif tabulaire au large, de forme presque identique à celle
du récif ancien qui forme le cap. Là, la crête récifale émerge à marée basse, découvrant
des alcyonaires marrons, bruns ou jaunes qui peuvent survivre à une brève exposition
à l’air libre.
Notre groupe de plongée descend doucement à une profondeur de 10 mètres.
Freddy nous fait signe de le suivre. Peu à peu, le tombant massif apparaît. Il s’étend
dans toutes les directions jusqu’à une cinquantaine de mètres, pour autant que je
puisse en juger. Nous nous en approchons et constatons que des coraux durs et
mous colorés occupent chaque centimètre carré.
Le mur est grouillant de poissons : pratiquement toutes les espèces de mer
Rouge peuvent être observées ici ; j’ai l’impression de nager dans un immense aquarium. Les poissons semblent moins craintifs ici que dans le reste de la mer Rouge,
peut-être parce qu’ils sont habitués aux plongeurs qui viennent de Sharm El-Cheikh.
J’entends Susan m’appeller sous l’eau — une aptitude acquise au cours de
onze années de plongée avec elle. Je me retourne et vois qu’un poisson-napoléon
de 1,50 mètre de long s’approche d’elle. Ce grand poisson vert, connu des plongeurs
de la mer Rouge sous le nom de Georges, n’est pas agressif. Il attend juste une
aumône. Georges reste quelques instants avec Susan, l’examinant de ses yeux ronds
qui bougent en tous sens. Quand ce poisson de près de 100 kilos réalise qu’il n’aura
pas de cadeau, il part chercher un plongeur plus compréhensif.
Le comportement de Georges est amusant, mais pose le problème de la
fréquentation humaine à Ras Muhammad. Nourrir les poissons peut sembler anodin.
Mais quand nous offrons aux poissons œufs durs, fromage ou toute autre nourriture
humaine, d’une certaine façon nous transgressons les règles. Cette insouciance peut
se révéler très préjudiciable au bien-être du récif.
La beauté de Ras Muhammad en fait également sa fragilité, car la multitude
de plongeurs qu’elle attire crée un grave stress pour le récif. Tous les capitaines
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La mer Rouge
