confirmer la théorie selon laquelle le lac serait un océan en formation. » Dans des
millions d’années, il ressemblera peut-être à la mer Rouge, une cuvette d’eau salée
entre deux masses continentales.
HUIT MOIS ONT PASSÉ, et je suis retourné en Sibérie pour plonger et prendre des
photos sous la couverture de glace hivernale. Susan n’est pas avec moi cette fois,
et bien que je sois avec mes amis, je me sens seul sans son soutien moral. Une malle
contenant tous mes vêtements chauds s’est égarée et il faudra que
j’emprunte ce que je peux. Le voyage promet d’être Spartiate !
Pendant environ deux heures et demie, notre caravane se
déplace lentement vers le nord, à travers un désert blanc. Deux Russes ouvrent le chemin sur une mobylette fabriquée en Russie, de 1950,
avec un side-car (lequel, dit-on est rempli de bouteilles de vodka destinées à réchauffer les membres de l’expédition). Notre équipe, trois
plongeurs américains et douze scientifiques et plongeurs russes, suit
dans trois camions lourdement chargés, l’un d’équipements de plongée, l’autre de nourriture, le dernier étant destiné au logement.
Je suis sur le siège avant du premier camion. Soudain, Victor,
le conducteur de la mobylette, lève la main et la caravane s’arrête
en dérapant. Chacun saute hors des camions, pour un rassemblement
qui ressemble à un match de football. Je ne parle pas russe, mais je comprends grâce
à notre traductrice, Olga, que Victor a découvert une faille de 2 kilométrés de long
dans la glace, qui nous empêche de poursuivre vers le nord. Je commence à me
sentir nerveux quand je vois Victor faire le geste très clair de la main, d un camion
plongeant sous la glace.
En dépit de mon appréhension, je suis emerveille par la beautc du lac gele.
Nous sommes à 20 kilomètres de tout rivage et entoures de magnifiques formations de neige et de glace. Par endroits, la glace est si claire que j aperçois 1 eau
au-dessous. Tandis que les scientifiques délibèrent, je me promene autour de la caravane pour prendre des photos. J’essaie de ne pas penser a la profondeur du lac
plus de 1 500 mètres.
Pendant que j’actionne mon appareil, la glace gémit, grogne et se craquelle.
En hiver, les camions de quatre tonnes remplacent les bateaux de
recherche comme principal moyen de transport sur le lac. A
l'approche du printemps, des fissures apparausent dans la glace
qui commence à fondre; elles peuvent s'étendre sur plus d'un
kilomètre et obligent les chercheurs à s'arrêter pour mesurer les
dangers.
LE Lac Baïkal
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