Cb vers géants au panache rouge, de quelque 2 mètres de long,
Vivent sans lumière autour des oasis hydrothermales, à de très
grandes profondeurs. Un pigment contenu dans le sang du ver
lui donne sa couleur rouge vif, révélée par la lumière puissante
d’ un flash sous-mann. Les trois cent mille tentacules de l’ animal,
que l’on ne voit pas ici, absorbent l’ oxygène et les bactéries de
l'eau. (©Al Giddmgs, Océan Images, Inc.)
de grands vers à tête rouge, enfermés dans un tube blanc, se balançant doucement
dans les eaux chaudes de la source. Dans les années 1970, un tel grouillement
d’organismes marins était inimaginable à de telles profondeurs, surtout autour des
cheminées géothermiques. Les photographies avaient confirmé que diverses espèces
d’oursins, d’ophiures et d’holothuries vivaient sur le fond, entre 1 200 et
5 500 mètres, et qu’elles jouaient un rôle non négligeable en mélangeant et
homogénéisant le sédiment. Mais, mis à part ces organismes, les fonds abyssaux
étaient considérés comme des déserts stériles.
Tout bascula avec la découverte des grands vers tubicoles en 1977 sur le
site des Galapagos, et d’autres animaux coloniaux autour des rejets brûlants des
« fumeurs noirs » sur la dorsale du Pacifique oriental, à 21° Nord, soit à moins
de 200 milles nautiques de la côte occidentale du Mexique, en 1979.
Les géologues et géophysiciens qui découvrirent ces oasis abyssales ne
cherchaient pas des traces de vie. Ils participaient à une mission scientifique chargée
d’observer l’un des aspects les plus étonnants de notre planète : les dorsales
océaniques, un système de chaînes de montagnes volcaniques et de failles sous-marines
qui serpentent sur des milliers de kilomètres au milieu des océans. Semblable à une
couture qui rassemble deux pièces de tissu, le système de dorsales marque la frontière
des « morceaux » de croûte océanique : les plaques lithosphériques.
Le long des dorsales océaniques, lorsque deux plaques s’éloignent l’une de
l’autre, les forces volcaniques et magmatiques créent en permanence une nouvelle
croûte océanique. Dans certains endroits, comme le long de la dorsale médioAtlantique, le taux d’expansion des failles est très lent, environ 2,5 centimètres par
an. En revanche, dans la partie sud de la dorsale du Pacifique oriental, les valeurs
atteignent 20 centimètres par an. En explorant la dorsale avec des submersibles et
des enregistreurs, les scientifiques espéraient localiser des phénomènes géologiques
particulièrement intéressants qui permettraient d’éclairer leurs connaissances en
matière de tectonique des plaques.
Ils ne furent pas déçus. La découverte des phénomènes d’hydrothermalisme
profond, en apportant des éléments essentiels à la compréhension de nombreux
phénomènes géologiques et océanographiques, a complètement bouleversé les
connaissances scientifiques sur la formation de la Terre. L’analyse des eaux thermales
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Une Oasis au Cœur des abysses
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