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du Kenya, je dis à Susan combien ce site m’émerveillait. Sur la plage, un peu plus
tard, sous le ciel tropical brillant d’étoiles, nous avons lancé l’idée d’un projet axé
sur la défense de l’environnement, et qui sensibiliserait les gens aux trésors du monde
sous-marin et à la nécessité de les protéger. Nous envisagions tour à tour un livre,
un documentaire télévisé, ou une exposition itinérante de photographies sousmarines. Tandis que nous échafaudions le projet, le mot « merveilleux » continuait
à faire son chemin dans nos esprits. La nuit était tombée bien avant que nous ayons
fini de discuter.
De retour à la maison, nous avons décidé de mettre à exécution notre idée
de protection. Nous l’avons appelée « les Sept Merveilles du monde sous-marin »,
sachant bien entendu que le monde sous-marin en compte bien davantage. Mais
nous savions aussi que pour faire passer le message, il fallait un thème simple qui
parlerait à tous.
En dressant la liste des sites, nous étions dans la droite ligne d’une tradition
vieille de 2 000 ans. En 130 avant Jésus-Christ, un poète grec du nom d’Antipater
de Sidon composa la liste des sept merveilles édifiées par l’homme : les jardins
suspendus de Sémiramis et les murs de Babylone, le colosse de Rhodes, la statue
de Zeus Olympien par Phidias, le mausolée d’Halicarnasse, le temple d’Artémis
à Éphèse, le phare d’Alexandrie, et les pyramides d’Égypte. Aujourd’hui, seules
les pyramides existent encore.
Pour beaucoup d’entre nous, ces monuments anciens restent encore les Sept
Merveilles du monde. Mais d’autres listes ont été établies au cours du temps. L’une
d’entre elles, qui me plaît particulièrement, est la première liste de merveilles naturelles, plutôt qu’anthropologiques. Elle fut établie au VIe siècle par Grégoire de
Tours, évêque français et historien. Grégoire déclara que la liste d’Antipater était
trop païenne et proposa sa propre liste de six « merveilles issues de la main de Dieu » :
les marées océaniques, la croissance des végétaux à partir d’une graine, l’Etna, la
résurrection du Phénix, le cycle annuel du soleil, et le cycle mensuel de la lune.
Comme Antipater, d’autres, au XXe siècle, ont dressé des listes de merveilles
technologiques. Une liste des « merveilles d’aujourd’hui », publiée par le Scientifïc
American en 1913 citait les avions, les voitures, le béton armé, les machines à
rayons X, le phonographe et le cinéma. La liste du magazine Carrent History en 1937
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