Guide des fonds marins de Méditerranée
Épaves: plongée émotion
auquel il barra la route. Malgré une manœuvre arrière désespérée,
L’Insulaire pénétra profondément dans la coque du Liban, ouvrant
une importante voie d’eau près des machines. La panique ne
tarda pas à gagner les passagers du Liban. Le commandant, se
rendant compte que l’eau s’engouffrait à grande vitesse dans le
bateau, tenta de l’échouer à la côte. Gomme il connaissait bien
l’endroit, il savait que le rivage est abrupt et s’évertua donc à
diriger le bateau vers un petit plateau sous-marin au niveau des
Fardions de l’île Maire. Il donna conjointement l’ordre de mettre
les embarcations de sauvetage à la mer. Mais en raison du mauvais
état de fonctionnement des bossoirs, un seul canot de sauvetage
sur six put être mis à l’eau. Les machines tournèrent à plein
régime, quelques dizaines de mètres restaient encore à parcourir.
Soudain, trop alourdi par le flot, l’avant du bateau piqua du nez
faisant sortir l’hélice de l’eau. Sur sa lancée le navire heurta la
roche avec une violence inouïe. Ce fut l’affolement général à bord.
Certains montèrent dans la mature, d’autres se jettèrent à l’eau.
Dans l’eau beaucoup s’essoufflèrent à essayer d’aider ceux qui ne
savaient pas nager. Plusieurs pêcheurs et propriétaires de petites
embarcations se portèrent à leur secours. Près de 120 personnes
auront ainsi la vie sauve, soit par leurs propres moyens, soit grâce à
l’aide des sauveteurs occasionnels. Mais une centaine périra dans
des conditions affreuses. En effet, de très nombreux passagers
complètement paniqués s’étaient précipités à l’arrière du bateau
formant une masse compacte qui allait rapidement se trouver
coincée sous la grande bâche de protection solaire à mesure que le
navire s’enfonçait dans l’eau. Les jours suivants, les scaphandriers
dégageront des dizaines de corps de ce linceul de toile. Sur
L’Insulaire, l’inquiétude était grande pour le sort du navire. L’avant
se remplissait d’eau et le navire gîta sur tribord. L’équipage tenta
un colmatage de fortune à l’aide de matelas. Le commandant décida
de quitter les lieux pour les rivages plus faciles à l’échouage sur le
chemin menant au port de Marseille. On lui reprochera plus tard
de ne pas s’être porté au secours des naufragés. Pour sa défense,
il ne savait pas si son navire n’allait pas lui aussi sombrer et il
avait vu d’autres bateaux se porter sur les lieux du sinistre. En
effet, un autre vapeur de la compagnie Fraissinet, le Balkan, parti
du port de Marseille quelques minutes après le Liban et en route
pour Constantinople, fut le premier navire sur les lieux. Il fut
suivi du Planier, lui aussi de la compagnie Fraissinet et du vapeur
hongrois Rakouzi. Ces trois bateaux eurent le temps de mettre des
canots de sauvetage à l’eau avant que le Liban ne disparaisse. On
Épaves: plongée émotion
auquel il barra la route. Malgré une manœuvre arrière désespérée,
L’Insulaire pénétra profondément dans la coque du Liban, ouvrant
une importante voie d’eau près des machines. La panique ne
tarda pas à gagner les passagers du Liban. Le commandant, se
rendant compte que l’eau s’engouffrait à grande vitesse dans le
bateau, tenta de l’échouer à la côte. Gomme il connaissait bien
l’endroit, il savait que le rivage est abrupt et s’évertua donc à
diriger le bateau vers un petit plateau sous-marin au niveau des
Fardions de l’île Maire. Il donna conjointement l’ordre de mettre
les embarcations de sauvetage à la mer. Mais en raison du mauvais
état de fonctionnement des bossoirs, un seul canot de sauvetage
sur six put être mis à l’eau. Les machines tournèrent à plein
régime, quelques dizaines de mètres restaient encore à parcourir.
Soudain, trop alourdi par le flot, l’avant du bateau piqua du nez
faisant sortir l’hélice de l’eau. Sur sa lancée le navire heurta la
roche avec une violence inouïe. Ce fut l’affolement général à bord.
Certains montèrent dans la mature, d’autres se jettèrent à l’eau.
Dans l’eau beaucoup s’essoufflèrent à essayer d’aider ceux qui ne
savaient pas nager. Plusieurs pêcheurs et propriétaires de petites
embarcations se portèrent à leur secours. Près de 120 personnes
auront ainsi la vie sauve, soit par leurs propres moyens, soit grâce à
l’aide des sauveteurs occasionnels. Mais une centaine périra dans
des conditions affreuses. En effet, de très nombreux passagers
complètement paniqués s’étaient précipités à l’arrière du bateau
formant une masse compacte qui allait rapidement se trouver
coincée sous la grande bâche de protection solaire à mesure que le
navire s’enfonçait dans l’eau. Les jours suivants, les scaphandriers
dégageront des dizaines de corps de ce linceul de toile. Sur
L’Insulaire, l’inquiétude était grande pour le sort du navire. L’avant
se remplissait d’eau et le navire gîta sur tribord. L’équipage tenta
un colmatage de fortune à l’aide de matelas. Le commandant décida
de quitter les lieux pour les rivages plus faciles à l’échouage sur le
chemin menant au port de Marseille. On lui reprochera plus tard
de ne pas s’être porté au secours des naufragés. Pour sa défense,
il ne savait pas si son navire n’allait pas lui aussi sombrer et il
avait vu d’autres bateaux se porter sur les lieux du sinistre. En
effet, un autre vapeur de la compagnie Fraissinet, le Balkan, parti
du port de Marseille quelques minutes après le Liban et en route
pour Constantinople, fut le premier navire sur les lieux. Il fut
suivi du Planier, lui aussi de la compagnie Fraissinet et du vapeur
hongrois Rakouzi. Ces trois bateaux eurent le temps de mettre des
canots de sauvetage à l’eau avant que le Liban ne disparaisse. On
