Guide des fonds marins de Méditerranée
Épaves: plongée émotion
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Le repérage en surface est donc capital pour ne pas manquer
les épaves. Au fond, dans les meilleures conditions, les bateaux
apparaissent comme des masses sombres, et il faut un œil exercé
pour découvrir la faune qui y a élu domicile, tandis qu’alentour c’est
quasiment un désert de vase. La visite de ces épaves est réservée
aux plongeurs chevronnés, en équipe étroitement soudée et à
l’organisation sans faille. Les bateaux sont séparés par plusieurs
centaines de mètres et ne peuvent être visités que l’un après l’autre.
• Le Miquelon est un cargo qui transportait un chargement de fonte
et de munitions durant la Première Guerre mondiale. Comme
nombre de bateaux transporteurs pendant le conflit, il avait été
pourvu d’un armement de défense. En cette nuit du 5 octobre
1917, le Miquelon avait quitté le port de Marseille à destination
d’Alger. Avant d’arriver à la hauteur du sémaphore du Mont
Rose, tous feux éteints, il entre en collision avec le vapeur le
Balkan, ce bateau qui, 14 ans auparavant, avait tenté de secourir
les naufragés du Liban. Lavoie d’eau ouverte est importante
et la lourde cargaison entraîne rapidement le Miquelon vers le
fond. Le Balkan a cependant le temps de recueillir à son bord
la totalité de l’équipage du Miquelon. L’épave, de 50 mètres de
long sur 8 mètres, de large repose par 51 mètres de fond. Elle est
légèrement inclinée et laisse voir, sur bâbord avant, une large
entaille de la coque provoquée par sa collision avec le Balkan.
À l’arrière du bateau, on distingue un canon assez bien conservé.
• Le Ker-Bihan était à l’origine un chalutier de 3? mètres de long
qui avait été transformé en dragueur de mines auxiliaire et était
équipé à cet effet d’un armement surajouté. Le destin voulut
que le matin du ?3 janvier 1918 il heurtât une mine; il coula très
rapidement. Il repose maintenant par mètres de fond. La
proue du navire est encore en bon état, tandis que la poupe a
été transformée par l’explosion en amas de tôle et de ferraille.
La cheminée s’est détachée et couchée sur le sable à bâbord.
• La Drôme était un transporteur de munitions et de carburants
de 70 mètres de long et 9 mètres de large. Ce jour-là, ?3 janvier
1918, il transportait 1500 fûts de pétrole. Brutalement, à
5 heures 4,5, il heurte une mine et explose avec une violence
incroyable. Il sombre en quelques secondes entraînant avec lui
les 40 marins de l’équipage. Il gît depuis par plus de 50 mètres
de fond. L’épave est coupée en deux, presque au milieu, les
deux parties étant espacées de quelques mètres. Les pièces
d artillerie sont encore en place à l’avant comme à l’arrière.
L hélice est recouverte d’un épais concrétionnement.
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