Guide des fonds marins de Méditerranée
Prairies et pelouses sous la mer
(Somalie, Kenya, Tanzanie, Ceylan, Madagascar, etc.) et océan
Pacifique (Philippines, Hawaï, Nouvelle-Calédonie, Chine,
Vietnam, sud du Japon, Australie, etc.). A priori, les températures
basses de la Méditerranée en hiver ne devraient pas lui convenir.
Pourtant, elle a été observée pour la première fois en 1984 dans
la région de Monaco, par Alexandre Meinezs. A partir de ce point
d’ancrage, elle a rapidement colonisé d’autres zones des AlpesMaritimes, puis du Var et des Bouches-du-Rhône. Elle est signalée
à Saint-Cyprien dans les Pyrénées-Orientales, en Italie (San
Remo, Porto Maurizio, Diano Marina, San Bartolomeo a mare,
Livourne, île d’Elbe et détroit de Messine), en Espagne (Mallorca)
et en Croatie (îles de Hvar, Krk et Dolin, canal de Rab, etc.).
Finalement, à partir de sa signalisation comme espèce nouvelle
en Méditerranée, la caulerpe à feuilles d’if allait rapidement
être qualifiée « d’intruse », « d’envahisseur », au fur et à
mesure que sa colonisation des fonds se poursuivait. Il faut
dire que « l’étrangère », nouvelle venue au pays, s’est révélée
particulièrement douée. Elle montre un incroyable pouvoir
d’adaptation aux conditions de vie en Méditerranée. Elle se
développe indifféremment sur substrats durs et sur substrats
meubles (sables, vases, etc.), de la surface à des profondeurs
importantes (jusqu’à -100 m), dans des eaux saines ou polluées,
même à l’intérieur des ports ! Elle résiste aux températures
hivernales de l’eau qui sont pourtant un facteur limitant pour
les autres caulerpes. Elle montre une capacité de multiplication
végétative particulièrement efficace, à l’aide de ses stolons
rampants. Si elle est fragmentée par les ancres de bateaux et les
engins de pêche, chaque morceau a le pouvoir de se développer
en une nouvelle algue et de coloniser ainsi de nouveaux espaces.
Cette algue surdouée allait ainsi rentrer en concurrence directe
avec les algues autochtones, les herbiers de posidonie et
perturber la vie animale. Ainsi se révélait un problème écologique
inquiétant. La caulerpe allait-elle éliminer les peuplements
en place? Allait-il se produire une modification radicale des
équilibres écobiocénotiques et une altération de la biodiversité?
On se demande d’ailleurs pour quelles raisons celui qui a
découvert le premier l’algue à Monaco, en 1984, ne l’a pas
aussitôt éliminée. Une tache initiale de 1 ma ne devait pas
poser trop de problèmes pour un plongeur spécialisé.
Puis vint le temps des déclarations intempestives, amplifiées
par les médias qualifiant l’algue de « tueuse », de « chiendent
de la mer », de « mutant ». L’algue fut déclarée toxique et
Prairies et pelouses sous la mer
(Somalie, Kenya, Tanzanie, Ceylan, Madagascar, etc.) et océan
Pacifique (Philippines, Hawaï, Nouvelle-Calédonie, Chine,
Vietnam, sud du Japon, Australie, etc.). A priori, les températures
basses de la Méditerranée en hiver ne devraient pas lui convenir.
Pourtant, elle a été observée pour la première fois en 1984 dans
la région de Monaco, par Alexandre Meinezs. A partir de ce point
d’ancrage, elle a rapidement colonisé d’autres zones des AlpesMaritimes, puis du Var et des Bouches-du-Rhône. Elle est signalée
à Saint-Cyprien dans les Pyrénées-Orientales, en Italie (San
Remo, Porto Maurizio, Diano Marina, San Bartolomeo a mare,
Livourne, île d’Elbe et détroit de Messine), en Espagne (Mallorca)
et en Croatie (îles de Hvar, Krk et Dolin, canal de Rab, etc.).
Finalement, à partir de sa signalisation comme espèce nouvelle
en Méditerranée, la caulerpe à feuilles d’if allait rapidement
être qualifiée « d’intruse », « d’envahisseur », au fur et à
mesure que sa colonisation des fonds se poursuivait. Il faut
dire que « l’étrangère », nouvelle venue au pays, s’est révélée
particulièrement douée. Elle montre un incroyable pouvoir
d’adaptation aux conditions de vie en Méditerranée. Elle se
développe indifféremment sur substrats durs et sur substrats
meubles (sables, vases, etc.), de la surface à des profondeurs
importantes (jusqu’à -100 m), dans des eaux saines ou polluées,
même à l’intérieur des ports ! Elle résiste aux températures
hivernales de l’eau qui sont pourtant un facteur limitant pour
les autres caulerpes. Elle montre une capacité de multiplication
végétative particulièrement efficace, à l’aide de ses stolons
rampants. Si elle est fragmentée par les ancres de bateaux et les
engins de pêche, chaque morceau a le pouvoir de se développer
en une nouvelle algue et de coloniser ainsi de nouveaux espaces.
Cette algue surdouée allait ainsi rentrer en concurrence directe
avec les algues autochtones, les herbiers de posidonie et
perturber la vie animale. Ainsi se révélait un problème écologique
inquiétant. La caulerpe allait-elle éliminer les peuplements
en place? Allait-il se produire une modification radicale des
équilibres écobiocénotiques et une altération de la biodiversité?
On se demande d’ailleurs pour quelles raisons celui qui a
découvert le premier l’algue à Monaco, en 1984, ne l’a pas
aussitôt éliminée. Une tache initiale de 1 ma ne devait pas
poser trop de problèmes pour un plongeur spécialisé.
Puis vint le temps des déclarations intempestives, amplifiées
par les médias qualifiant l’algue de « tueuse », de « chiendent
de la mer », de « mutant ». L’algue fut déclarée toxique et
