Guide des fonds marins de Méditerranée
Prairies et pelouses sous la mer
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la prairie de posidonie, des îlots de posidonies et de la matte
morte. Ce type de localisation révèle que la pelouse à caulerpe
prolifère serait non seulement un simple faciès de la prairie
de cymodocées, mais aussi la première étape de l’évolution
du substrat meuble vers le climax herbier de posidonies,
lorsque les eaux de la Méditerranée étaient plus chaudes.
L’évolution se serait alors faite selon le schéma suivant.
1. Peuplement pionnier:
pelouse à caulerpes
2. Peuplement intermédiaire :
prairie à cymodocées
3. Climax: herbier de
posidonies
Ce processus se serait enrayé à cause du refroidissement des eaux
méditerranéennes, dans un lointain passé. Caulerpa proliféra est, en
effet, très sensible aux basses températures hivernales. Ce handicap
explique que sur les côtes françaises de Méditerranée, la caulerpe
se trouve à la limite de son aire de répartition et que sa distribution
soit discontinue et fluctuante. Les stations sont localisées à l’est du
littoral méditerranéen, là où les températures des eaux sont les plus
chaudes. Elles sont clairsemées dans les Alpes-Maritimes, rares sur
le littoral varois, très rares dans les Bouches-du-Rhône et absentes
Cladophora proliféra.
de l’embouchure du Rhône à la frontière espagnole. L’algue
réapparaît dans le golfe de Rosas, en Espagne, protégé par le cap
Creus des courants froids qui longent les rivages du golfe du Lion.
Au point de vue sociologique, signalons que sur substrat vaseux,
Caulerpaproliféra est quelquefois associée à l’algue verte
Cladophoraproliféra (port de Golfe Juan, par exemple).
On la trouve aussi en compagnie des Chlorophycées à affinités
subtropicales Dasycladus vermicularis (algue en forme
de petite massue, déjà rencontrée dans la biocénose APT)
et de Penicillus capitatus.
PELOUSE À CAULERPA OLLIVIERI ET PENICILLUS CAPITATUS
Portraits
• Caulerpa ollivieri (Caulerpe d’Olivier). Cette caulerpe, très proche
de Caulerpaproliféra, s’en distingue presque exclusivement par
la taille plus petite de ses constituants (pseudo-feuilles, pseudostolons, pseudo-racines). Ce critère est-il suffisant pour en
faire une espèce distincte? Une étude approfondie serait
nécessaire à ce sujet.
• Penicilluscapitatus (Pénicillus à grosse tête). Cette algue verte de
structure siphonée est facile à reconnaître: elle présente l’aspect
d un pinceau dont le manche serait enfoncé dans le sédiment.
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