CHAPITRE 14 • La planète Terre et le vivant
■ Phalènes du Bouleau.
La théorie de 1 évolution rassemble désormais les observations de nombreuses
disciplines : paléontologie, mais aussi zoologie, génétique, embryologie, éthologie,
écologie, etc. Les mécanismes de l’évolution et leur temporalité sont au centre des
recherches scientifiques actuelles.
Grâce à la théorie synthétique de l’évolution, le mécanisme de sélection naturelle
proposé par Darwin trouve une origine génétique. Lorsqu'une variation génétique
apparaît dans une espèce, elle peut favoriser ou défavoriser la survie de l’organisme
vivant porteur. Les populations de Phalènes du bouleau (Biston betularia, voir
ci-contre) en Angleterre étaient, au début et au milieu du xixe siècle, composées
d’organismes clairs. Des organismes sombres ont alors commencé à être observés,
et à la fin du siècle dans les régions très industrialisées les Phalènes étaient presque
toutes sombres. La pollution noircissant les troncs des arbres désavantageait en effet
les organismes clairs, les rendant bien plus visible aux yeux des prédateurs. Suite
aux mesures anti-pollution des années 1950, la poussière de charbon couvrant les
troncs des bouleaux diminua, et avec elle la proportion de Phalènes sombres. La
rapidité des changements environnementaux (deux en à peine plus d'un siècle)
et du renouvellement des générations de papillons (une par an) ont permis ces
observations. Si les mécanismes à l’œuvre sont assez complexes, cet exemple
confirme que c’est la variation d’un caractère la plus favorable à la survie ou à la
reproduction qui est la plus transmise. Des observations similaires sur différentes
espèces de papillons dans des contextes de pollution/dépollution ailleurs en Europe
et aux États-Unis le confirment.
Les découvertes de la génétique au cours du xxe siècle ont montré que ce sont
les mutations génétiques qui sont à l’origine des variations au sein d’une espèce.
Elles expliquent les variabilités entre individus au sein d'une même espèce (polymorphisme), et sont la « matière première » de l'évolution des espèces et de leurs
spéciations. Cette dérive génétique est aléatoire, et si certaines mutations se révèlent
avantageuses, d’autres non, et d’autres encore ne sont ni l’un ni l'autre, ce qui
explique une variabilité pérenne au sein d'une espèce. Le hasard a donc une part
importante dans l’évolution (voir le focus sur la contingence).
Définition
Espèce : ensemble d’êtres vivants ayant des caractères anatomiques, morphologiques et
physiologiques communs qui sont capables de se reproduire entre eux et seulement entre eux
(interfécondité), et d’engendrer une descendance viable et féconde (d’après la définition d Erst
Mayr, 1942). En paléontologie, l’interfécondité n’étant pas vérifiable, l’espèce est déterminée
par rapport à des ressemblances anatomique et morphologique statistiquement significatives.
Lorsque deux populations d'une même espèce se retrouvent dans des conditions
différentes, leurs évolutions peuvent être distinctes, et finir par dériver de l'espèce
initiale. On parle de mécanisme de spéciation. La barrière séparant deux groupes
d’une même espèce peut être géographique (bras de mer, montagne, dérive des
continents, etc.), climatique (apparition d'une zone désertique par exemple), ou
même comportementale (isolement reproductif pré ou post-zygotique). Ainsi des
variations du chant ou de la parade chez certains oiseaux peuvent les conduire a
évoluer en deux espèces différentes.
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■ Phalènes du Bouleau.
La théorie de 1 évolution rassemble désormais les observations de nombreuses
disciplines : paléontologie, mais aussi zoologie, génétique, embryologie, éthologie,
écologie, etc. Les mécanismes de l’évolution et leur temporalité sont au centre des
recherches scientifiques actuelles.
Grâce à la théorie synthétique de l’évolution, le mécanisme de sélection naturelle
proposé par Darwin trouve une origine génétique. Lorsqu'une variation génétique
apparaît dans une espèce, elle peut favoriser ou défavoriser la survie de l’organisme
vivant porteur. Les populations de Phalènes du bouleau (Biston betularia, voir
ci-contre) en Angleterre étaient, au début et au milieu du xixe siècle, composées
d’organismes clairs. Des organismes sombres ont alors commencé à être observés,
et à la fin du siècle dans les régions très industrialisées les Phalènes étaient presque
toutes sombres. La pollution noircissant les troncs des arbres désavantageait en effet
les organismes clairs, les rendant bien plus visible aux yeux des prédateurs. Suite
aux mesures anti-pollution des années 1950, la poussière de charbon couvrant les
troncs des bouleaux diminua, et avec elle la proportion de Phalènes sombres. La
rapidité des changements environnementaux (deux en à peine plus d'un siècle)
et du renouvellement des générations de papillons (une par an) ont permis ces
observations. Si les mécanismes à l’œuvre sont assez complexes, cet exemple
confirme que c’est la variation d’un caractère la plus favorable à la survie ou à la
reproduction qui est la plus transmise. Des observations similaires sur différentes
espèces de papillons dans des contextes de pollution/dépollution ailleurs en Europe
et aux États-Unis le confirment.
Les découvertes de la génétique au cours du xxe siècle ont montré que ce sont
les mutations génétiques qui sont à l’origine des variations au sein d’une espèce.
Elles expliquent les variabilités entre individus au sein d'une même espèce (polymorphisme), et sont la « matière première » de l'évolution des espèces et de leurs
spéciations. Cette dérive génétique est aléatoire, et si certaines mutations se révèlent
avantageuses, d’autres non, et d’autres encore ne sont ni l’un ni l'autre, ce qui
explique une variabilité pérenne au sein d'une espèce. Le hasard a donc une part
importante dans l’évolution (voir le focus sur la contingence).
Définition
Espèce : ensemble d’êtres vivants ayant des caractères anatomiques, morphologiques et
physiologiques communs qui sont capables de se reproduire entre eux et seulement entre eux
(interfécondité), et d’engendrer une descendance viable et féconde (d’après la définition d Erst
Mayr, 1942). En paléontologie, l’interfécondité n’étant pas vérifiable, l’espèce est déterminée
par rapport à des ressemblances anatomique et morphologique statistiquement significatives.
Lorsque deux populations d'une même espèce se retrouvent dans des conditions
différentes, leurs évolutions peuvent être distinctes, et finir par dériver de l'espèce
initiale. On parle de mécanisme de spéciation. La barrière séparant deux groupes
d’une même espèce peut être géographique (bras de mer, montagne, dérive des
continents, etc.), climatique (apparition d'une zone désertique par exemple), ou
même comportementale (isolement reproductif pré ou post-zygotique). Ainsi des
variations du chant ou de la parade chez certains oiseaux peuvent les conduire a
évoluer en deux espèces différentes.
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