PARTIE 4 | Histoire de la Terre et de l’Univers
■ Stephen Jay Gould
(1941-2002) était un
paléontologue, professeur à l’université de
Harvard (Etats-Unis).
Il coformula la théorie
des équilibres ponctués
et insista sur la notion
de contingence. Vulgarisateur prolifique et
populaire, attentif à la
lutte contre le créationnisme, il a également
travaillé sur l’histoire
des sciences, décryptant notamment ses
dérives racistes.
Après une crise biologique, les clades restants se diversifient rapidement, on parle
de radiation évolutive. C’est le cas au Cambrien ou au Tertiaire.
Les phénomènes à l’origine des principales extinctions seront étudiés en section 4.
Notons que l’extinction d’espèces est un phénomène banal : la plupart des espèces
ayant un jour vécu sur Terre ont disparu. Les disparitions peuvent se faire de façon
graduelle, par palier, ou de manière plus abrupte à l’échelle des temps géologiques.
Les phénomènes pouvant participer à des extinctions massives d’espèces sont :
• une baisse du niveau marin et des modifications paléogéographiques importantes ;
• des variations climatiques, de salinité, et d’oxygénation des eaux ;
• des évènements géologiques tels que les chutes de météorites et le volcanisme.
L’impact d’une météorite de grande taille peut entraîner de grands incendies,
ainsi qu’une concentration de poussière dans l’atmosphère, ce qui obscurcit le
ciel pendant des mois, provoquant le dépérissement des plantes (par la baisse de
la photosynthèse), et à la suite des animaux. Les éruptions volcaniques projettent
des cendres dans l’atmosphère, qui peuvent engendrer un changement climatique
sur plusieurs années.
La disparition de nombreuses espèces laisse des niches écologiques vacantes,
permettant à de nouvelles espèces de les occuper et de s’y diversifier par rapport à leur forme d’origine. Après une extinction massive, le nombre de niches
écologiques libérées est élevé, et on assiste donc à un véritable buissonnement
d’espèces nouvelles.
Grâce aux apports de la paléontologie, Stephen Jay Gould et Niles Eldredge proposent en 1972 la théorie des équilibres ponctués dans la continuité de Darwin.
Outre des évolutions qui seraient à la fois progressives et lentes dans le temps
(gradualisme), de nombreuses études menées sur des espèces pluricellulaires ont
montré que leur évolution se produisait par ponctuation, c’est-à-dire des changements rapides, suite à des changements environnements importants, entre des
périodes stables à l’échelle des temps géologiques. Par exemple en 100 Ma, trois
faunes complètement différentes (Ediacara, tommotienne, Burgess) ont existé
(voir sections 3.1 et 3.2.1).
1.31 Classer le vivant
Linné a élaboré au xvine siècle une classification des grands types de taxons en
définissant différents niveaux hiérarchiques : le règne, le phylum ou embranchement. la classe, 1 ordre, la famille, le genre, l’espèce. La classification linnéenne
est aujourd hui abandonnée car erronée mais encore souvent rencontrée du fait
de son importance historique. Exemple : Eucaryotes Animal (règne) Bilatériens
Arthropodes (embranchement) Trilobites (classe) Phacopida (ordre) Pilomeridae
(famille) Pliomerops (genre) escoti (espèce).
Pour identifier une espèce, la taxonomie binomiale (le genre et l’espèce) suffit : par
exemple Homo sapiens ou Proteroctopus ribeti.
Le nouveau système de classification est la classification systématique phylogénétique, qui regroupe tous les êtres vivants ayant un ancêtre commun, et cet
324
■ Stephen Jay Gould
(1941-2002) était un
paléontologue, professeur à l’université de
Harvard (Etats-Unis).
Il coformula la théorie
des équilibres ponctués
et insista sur la notion
de contingence. Vulgarisateur prolifique et
populaire, attentif à la
lutte contre le créationnisme, il a également
travaillé sur l’histoire
des sciences, décryptant notamment ses
dérives racistes.
Après une crise biologique, les clades restants se diversifient rapidement, on parle
de radiation évolutive. C’est le cas au Cambrien ou au Tertiaire.
Les phénomènes à l’origine des principales extinctions seront étudiés en section 4.
Notons que l’extinction d’espèces est un phénomène banal : la plupart des espèces
ayant un jour vécu sur Terre ont disparu. Les disparitions peuvent se faire de façon
graduelle, par palier, ou de manière plus abrupte à l’échelle des temps géologiques.
Les phénomènes pouvant participer à des extinctions massives d’espèces sont :
• une baisse du niveau marin et des modifications paléogéographiques importantes ;
• des variations climatiques, de salinité, et d’oxygénation des eaux ;
• des évènements géologiques tels que les chutes de météorites et le volcanisme.
L’impact d’une météorite de grande taille peut entraîner de grands incendies,
ainsi qu’une concentration de poussière dans l’atmosphère, ce qui obscurcit le
ciel pendant des mois, provoquant le dépérissement des plantes (par la baisse de
la photosynthèse), et à la suite des animaux. Les éruptions volcaniques projettent
des cendres dans l’atmosphère, qui peuvent engendrer un changement climatique
sur plusieurs années.
La disparition de nombreuses espèces laisse des niches écologiques vacantes,
permettant à de nouvelles espèces de les occuper et de s’y diversifier par rapport à leur forme d’origine. Après une extinction massive, le nombre de niches
écologiques libérées est élevé, et on assiste donc à un véritable buissonnement
d’espèces nouvelles.
Grâce aux apports de la paléontologie, Stephen Jay Gould et Niles Eldredge proposent en 1972 la théorie des équilibres ponctués dans la continuité de Darwin.
Outre des évolutions qui seraient à la fois progressives et lentes dans le temps
(gradualisme), de nombreuses études menées sur des espèces pluricellulaires ont
montré que leur évolution se produisait par ponctuation, c’est-à-dire des changements rapides, suite à des changements environnements importants, entre des
périodes stables à l’échelle des temps géologiques. Par exemple en 100 Ma, trois
faunes complètement différentes (Ediacara, tommotienne, Burgess) ont existé
(voir sections 3.1 et 3.2.1).
1.31 Classer le vivant
Linné a élaboré au xvine siècle une classification des grands types de taxons en
définissant différents niveaux hiérarchiques : le règne, le phylum ou embranchement. la classe, 1 ordre, la famille, le genre, l’espèce. La classification linnéenne
est aujourd hui abandonnée car erronée mais encore souvent rencontrée du fait
de son importance historique. Exemple : Eucaryotes Animal (règne) Bilatériens
Arthropodes (embranchement) Trilobites (classe) Phacopida (ordre) Pilomeridae
(famille) Pliomerops (genre) escoti (espèce).
Pour identifier une espèce, la taxonomie binomiale (le genre et l’espèce) suffit : par
exemple Homo sapiens ou Proteroctopus ribeti.
Le nouveau système de classification est la classification systématique phylogénétique, qui regroupe tous les êtres vivants ayant un ancêtre commun, et cet
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