PARTIE 4 | Histoire de la Terre et de l’Univers
■ Charles Darwin
(1809-1882) est célèbre pour avoir explicité et argumenté une
théorie explicative de
l'origine des espèces :
l’évolution. Cette approche est maintenant
admise quasi unanimement dans la communauté scientifique.
qui peuvent ensuite être sélectionnées ou pas. L’autre manque fut comblé par
l’établissement du système de classification moderne (la cladistique), qui établit les
liens de parenté entre taxons actuels, basés sur l’hypothèse d’un ancêtre commun
et le principe d’homologie (voir la section 1.3).
Aujourd’hui, la notion d’évolution est largement acceptée dans la communauté
scientifique. La vision des mécanismes de l’évolution a changé et s’est enrichie.
On parle maintenant de théorie synthétique de l’évolution. L’absence de sens à
l’évolution, et par conséquent la non-centralité humaine dans celle-ci, reste parfois
encore remise en cause, par exemple par le concept d’« intelligent design », version
pseudo-scientifique du créationnisme.
Ces préjugés idéologiques par rapport à un supposé sens de l’évolution ont parfois
conduit des scientifiques à rejeter certaines découvertes, notamment concernant
l’évolution des Hominidés. D’autres faits sont modifiés pour les faire coller aux
théories en vogue : ainsi les premiers fossiles d’Australopithèques, découverts en
Afrique du Sud en 1924 par Raymond Dart, sont classés en « robustes » herbivores
et « graciles » omnivores, selon un scénario très linéaire. Quelques chercheurs
contemporains adhèrent toujours à l’idée d’une évolution linéaire dite « hominisation », bien que l’ensemble des fossiles à ce jour connu démontre un buissonnement
(voir sections 3.4.2 et 3.4.3).
Définitions
Taxon : unité de classification regroupant des organismes vivants possédant un certain nombre
de caractéristiques communes.
Clade (ou groupe monophylétique) : ensemble constitué d’un ancêtre commun et de tous ses
descendants partageant une même innovation évolutive.
Quand des scientifiques cherchaient à justifier le racisme et les
castes sociales
Au xixe siècle et au début du xxe siècle, la science occidentale bâtissait une différenciation
et une hiérarchisation des populations humaines à grand renfort de mesures du crâne
puis de tests de l’intelligence. Trucages grossiers mais surtout petits arrangements plus
ou moins conscients permettaient d’arriver toujours aux mêmes résultats : les« Noirs» et
autres gens de couleur en bas de l’échelle, assimilés à des bêtes de somme incapables de
se gouverner elles-mêmes-justifiant ainsi l’esclavage et la colonisation -, et les« Blancs»
tout en haut (Stephen Jay Gould, La mal-mesure de l’Homme, 1997). Le même type de
parallèle était fait concernant les classes sociales.
La notion de « chaînon manquant » est liée à cette échelle graduelle et hiérarchique des
êtres humains, et s’est chargée au fil du temps d’enjeux idéologiques (thèses racistes) et
religieux. Elle est toutefois obsolète. Le faux vestige de l’homme de Piltdown (RoyaumeUni), « découvert » en 1912 et définitivement démontré en 1952 comme un faux mêlant
un crâne humain, une mandibule d’Orang-outan et des dents de Chimpanzé, a probablement eu du succès car il satisfaisait la recherche d’un « chaînon manquant » et par
nationalisme, car il permettait d’ancrer l’origine des Humains en Europe (S. J. Gould,
Le pouce du Panda, 1980).
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