CHAPITRE 14 • La planète Terre et le vivant
Définitions
L évolution du vivant est l’ensemble des processus de changement et de diversification des
formes de vie à travers le temps. L’évolution est également une théorie scientifique de la
biologie, de la paléontologie et de l’anthropologie, qui se nourrit de faits observés par les
chercheurs. On dit que c’est une théorie car il ne s’agit pas d’une explication figée et définitive.
Elle est toutefois la synthèse la plus cohérente. La classification cladistique (voir section 1.3)
qui décrit les relations de parenté relative entre taxons, actuels et fossiles, est l’outil permettant de proposer un scénario évolutif, qui peut être remis en cause à la lumière de nouvelles
découvertes et de nouvelles techniques (études moléculaires).
L’évolution ne peut être considérée ni comme l'amélioration des formes de vie ni comme une
forme de progrès, comme cela peut encore être véhiculé. Ainsi :
- les espèces fossiles se succèdent en partie en lignées continues, mais aussi souvent buissonnantes : voir le seul dessin de Darwin dans De l’ origine des espèces (figure 14.1) ;
- les espèces fossiles ne sont pas les « ancêtres » des espèces actuelles ; le terme « ancêtre »
ou « ancêtre commun » est un terme phylogénétique (et non généalogique), qui désigne
un être vivant théorique ayant pour descendance un ensemble d’espèces formant un clade.
- le terme « fossile vivant » est incorrect. Souvent appliqué aux Cœlacanthes et au Nautile,
parfois au Ginkgo, ou aux Blattes, son utilisation s’appuie sur le fait que leur morphologie
générale est restée en moyenne la même au fil du temps. Cela montre que l’évolution en
tant que processus est compatible avec la régularité ;
- le terme « chaînon manquant » est supposé désigner la forme intermédiaire entre une espèce
ancienne qui serait l’« ancêtre » et une espèce qui serait son « descendant ». Cette notion
est également inappropriée (voir le focus plus loin) ;
- le terme « espèces primitives » est abusif. L’appréciation se situe moins au niveau de l’espèce que du caractère pour lequel une chronologie est décrite en évoquant l’état ancestral
ou dérivé d’un caractère.
Figure 14.1
La seule illustration
de De l’origine des
espèces.
1,21 La théorie synthétique de l’évolution
Les travaux sur l’hérédité de Gregor Mendel dans les années 1860 (expériences de
croisement sur des pois), redécouverts au début du xxe siècle, apporteront une des
pierres manquantes à la théorie de Darwin, c’est-à-dire les origines des variations
321
Définitions
L évolution du vivant est l’ensemble des processus de changement et de diversification des
formes de vie à travers le temps. L’évolution est également une théorie scientifique de la
biologie, de la paléontologie et de l’anthropologie, qui se nourrit de faits observés par les
chercheurs. On dit que c’est une théorie car il ne s’agit pas d’une explication figée et définitive.
Elle est toutefois la synthèse la plus cohérente. La classification cladistique (voir section 1.3)
qui décrit les relations de parenté relative entre taxons, actuels et fossiles, est l’outil permettant de proposer un scénario évolutif, qui peut être remis en cause à la lumière de nouvelles
découvertes et de nouvelles techniques (études moléculaires).
L’évolution ne peut être considérée ni comme l'amélioration des formes de vie ni comme une
forme de progrès, comme cela peut encore être véhiculé. Ainsi :
- les espèces fossiles se succèdent en partie en lignées continues, mais aussi souvent buissonnantes : voir le seul dessin de Darwin dans De l’ origine des espèces (figure 14.1) ;
- les espèces fossiles ne sont pas les « ancêtres » des espèces actuelles ; le terme « ancêtre »
ou « ancêtre commun » est un terme phylogénétique (et non généalogique), qui désigne
un être vivant théorique ayant pour descendance un ensemble d’espèces formant un clade.
- le terme « fossile vivant » est incorrect. Souvent appliqué aux Cœlacanthes et au Nautile,
parfois au Ginkgo, ou aux Blattes, son utilisation s’appuie sur le fait que leur morphologie
générale est restée en moyenne la même au fil du temps. Cela montre que l’évolution en
tant que processus est compatible avec la régularité ;
- le terme « chaînon manquant » est supposé désigner la forme intermédiaire entre une espèce
ancienne qui serait l’« ancêtre » et une espèce qui serait son « descendant ». Cette notion
est également inappropriée (voir le focus plus loin) ;
- le terme « espèces primitives » est abusif. L’appréciation se situe moins au niveau de l’espèce que du caractère pour lequel une chronologie est décrite en évoquant l’état ancestral
ou dérivé d’un caractère.
Figure 14.1
La seule illustration
de De l’origine des
espèces.
1,21 La théorie synthétique de l’évolution
Les travaux sur l’hérédité de Gregor Mendel dans les années 1860 (expériences de
croisement sur des pois), redécouverts au début du xxe siècle, apporteront une des
pierres manquantes à la théorie de Darwin, c’est-à-dire les origines des variations
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