PARTIE 4 | Histoire de la Terre et de l’Univers
L’étude de l’évolution du vivant
1.1 Approche épistémologique : émergence
de l’idée de l’évolution du vivant
■ Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829).
Lamarck reconnaissait
la notion d’évolution,
s'opposant en cela à
Cuvier. Lamarck identifie la transmission des
caractères, et l’évolution des espèces au
cours du temps, mais
avec une vision dans
laquelle la fonction
crée l'organe, et plaçant l’humain au sommet. Il se basait notamment sur des fossiles de
Mollusques Gastéropodes et de Bivalves.
Quelques philosophes grecs comme Anaximandre ou Pythagore avaient imaginé
que certains animaux étaient les descendants d’autres, et avaient bien interprétés
les fossiles comme des restes d’animaux de périodes antérieures transformés en
pierre. Mais en Occident cette interprétation fut longtemps mise de côté au profit des théories d’Aristote, défendant l’idée de finalité, puis des textes bibliques,
préférant voir les fossiles comme des traces du Déluge, malgré les objections de
rares savants à la Renaissance (de Vinci, Fracastoro, de Palissy, de Maillet). Au
xvme siècle, les découvertes de fossiles se multiplient, en lien avec l’essor de l’exploitation du charbon notamment lors de la première Révolution industrielle. Ces
découvertes imposent l’idée que des espèces ont vécu dans le passé mais ont ensuite
disparu, suite notamment à l’ouvrage posthume de Robert Hooke (Discours sur
les tremblements de terre, 1705). En parallèle Cari von Linné propose la première
classification des espèces vivantes en groupes, où les espèces se ressemblent (voir
section 1.3). Émerge alors la question de l’origine de ces ressemblances.
Au tournant du xvme et du xixe siècles, les visions fixistes et transformistes s’opposent. Si Georges Cuvier (1769-1832) étudie avec succès le mastodonte d’Amérique et de nombreux autres fossiles, il avance la théorie du fixisme avec Alcide
d’Orbigny à sa suite. Pour expliquer les nombreux fossiles différents découverts,
ils avancent la théorie du catastrophisme : plusieurs disparitions totales suivies de
recréations par Dieu.
Jean-Baptiste Lamarck soutenait des idées opposées, sous la forme de la théorie du
transformisme : il supposait que les espèces étaient modifiées quand l’environnement
changeait, sous l’effet de contraintes internes (« la fonction crée l’organe »), et que
ses modifications étaient transmises à la descendance, reliant ainsi espèces fossiles
et actuelles. S’il défendait l’idée d’évolution, exemples à l’appui, les modalités qu’il
lui prêtait n’étaient pas les bonnes.
Georges-Louis Leclerc de Buffon avait formé l’idée que toutes les espèces pouvaient
descendre d'une unique espèce ancestrale, mais se rétracta par crainte de la réaction
de T Église. L'influence de celle-ci diminuant relativement au cours au xixe siècle,
les thèses transformistes se répandent parmi les scientifiques.
La publication en 1859 de l’ouvrage central de Charles Darwin, De l’origine des
espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l’existence dans la nature,
impose la notion d'évolution. En étudiant l’impact des modifications de l’environnement sur la survie des espèces il propose une cause à l’évolution, qu’il nomme
sélection naturelle. Il réfute l’idée d’une direction à l’évolution, ainsi qu’une place
centrale ou supérieure des êtres humains dans la biodiversité. La reconnaissance de
la notion d évolution dans la communauté scientifique ne sera pas immédiate, les
théories transformistes faisant un retour après la mort de Darwin, et l’idée d évolution
étant considérée majoritairement comme une hérésie jusqu’à la fin du xixe siècle.
© D unod.
T oute reproduction non
autorisée est un
délit.
320
L’étude de l’évolution du vivant
1.1 Approche épistémologique : émergence
de l’idée de l’évolution du vivant
■ Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829).
Lamarck reconnaissait
la notion d’évolution,
s'opposant en cela à
Cuvier. Lamarck identifie la transmission des
caractères, et l’évolution des espèces au
cours du temps, mais
avec une vision dans
laquelle la fonction
crée l'organe, et plaçant l’humain au sommet. Il se basait notamment sur des fossiles de
Mollusques Gastéropodes et de Bivalves.
Quelques philosophes grecs comme Anaximandre ou Pythagore avaient imaginé
que certains animaux étaient les descendants d’autres, et avaient bien interprétés
les fossiles comme des restes d’animaux de périodes antérieures transformés en
pierre. Mais en Occident cette interprétation fut longtemps mise de côté au profit des théories d’Aristote, défendant l’idée de finalité, puis des textes bibliques,
préférant voir les fossiles comme des traces du Déluge, malgré les objections de
rares savants à la Renaissance (de Vinci, Fracastoro, de Palissy, de Maillet). Au
xvme siècle, les découvertes de fossiles se multiplient, en lien avec l’essor de l’exploitation du charbon notamment lors de la première Révolution industrielle. Ces
découvertes imposent l’idée que des espèces ont vécu dans le passé mais ont ensuite
disparu, suite notamment à l’ouvrage posthume de Robert Hooke (Discours sur
les tremblements de terre, 1705). En parallèle Cari von Linné propose la première
classification des espèces vivantes en groupes, où les espèces se ressemblent (voir
section 1.3). Émerge alors la question de l’origine de ces ressemblances.
Au tournant du xvme et du xixe siècles, les visions fixistes et transformistes s’opposent. Si Georges Cuvier (1769-1832) étudie avec succès le mastodonte d’Amérique et de nombreux autres fossiles, il avance la théorie du fixisme avec Alcide
d’Orbigny à sa suite. Pour expliquer les nombreux fossiles différents découverts,
ils avancent la théorie du catastrophisme : plusieurs disparitions totales suivies de
recréations par Dieu.
Jean-Baptiste Lamarck soutenait des idées opposées, sous la forme de la théorie du
transformisme : il supposait que les espèces étaient modifiées quand l’environnement
changeait, sous l’effet de contraintes internes (« la fonction crée l’organe »), et que
ses modifications étaient transmises à la descendance, reliant ainsi espèces fossiles
et actuelles. S’il défendait l’idée d’évolution, exemples à l’appui, les modalités qu’il
lui prêtait n’étaient pas les bonnes.
Georges-Louis Leclerc de Buffon avait formé l’idée que toutes les espèces pouvaient
descendre d'une unique espèce ancestrale, mais se rétracta par crainte de la réaction
de T Église. L'influence de celle-ci diminuant relativement au cours au xixe siècle,
les thèses transformistes se répandent parmi les scientifiques.
La publication en 1859 de l’ouvrage central de Charles Darwin, De l’origine des
espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l’existence dans la nature,
impose la notion d'évolution. En étudiant l’impact des modifications de l’environnement sur la survie des espèces il propose une cause à l’évolution, qu’il nomme
sélection naturelle. Il réfute l’idée d’une direction à l’évolution, ainsi qu’une place
centrale ou supérieure des êtres humains dans la biodiversité. La reconnaissance de
la notion d évolution dans la communauté scientifique ne sera pas immédiate, les
théories transformistes faisant un retour après la mort de Darwin, et l’idée d évolution
étant considérée majoritairement comme une hérésie jusqu’à la fin du xixe siècle.
© D unod.
T oute reproduction non
autorisée est un
délit.
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