PARTIE 3 | Les grands ensembles géologiques
■ Un basalte alcalin
avec une enclave de
péridotite. L’enclave
donne une information
sur l'origine du magma
basaltique : c 'est la fusion partielle du manteau terrestre (principe
d'inclusion).
Le canal de Suez
Le rift continental du golfe de Suez s’arrête naturellement en Égypte. La formation de
cette dépression intracontinentale a été exploitée par les humains pour relier des zones
océaniques. Le canal de Suez est une voie de communication construite entre 1859 et
1869 (voir ci-contre). Il relie la mer Méditerranée et le golfe de Suez, porte d’entrée de
la mer Rouge et de l’océan Indien. Le trafic maritime entre l’Europe et l’Asie est depuis
considérablement facilité car les navires n’ont plus à décharger leur contenu pour passer
par voie terrestre ou encore à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance pour
rejoindre l’océan Indien. Bien que la zone du canal de Suez ne couvre que 1 % des océans,
elle absorbe 30 % du trafic maritime mondial.
Cette construction a eu des conséquences climatiques et écologiques, au même titre que
la réalisation du canal de Panama :
• le transfert de masses d’eau entre mer Rouge et mer Méditerranée entraînant la migration
d’espèces marines (dont certaines sont invasives) et générant un déséquilibre écologique.
Le niveau de la mer Rouge est au-dessus de celui de la mer Méditerranée, si bien que les
masses d’eau de la mer Rouge circulent vers la mer Méditerranée ;
• l’isolement physique des continents africain et asiatique et donc des espèces ;
• le développement des problèmes de pollution par les fumées et gaz d’échappement
des navires (formation de pluies acides) ;
• l’augmentation du risque de marée noire (28 % du trafic pétrolier mondial y transite).
1.21 Un magmatisme alcalin à tholéïtique
L’identification de la composition chimique des roches volcaniques permet de
comprendre les processus dynamiques à l’origine de la formation du magma.
Le rift rhénan est caractérisé par des édifices volcaniques au cœur du graben,
comme le Vogelsberg et le complexe volcanique du Kaiserstuhl en Allemagne,
où se situe la plus forte remontée du Moho (figure 9.2). Les échantillonnages des
roches volcaniques révèlent essentiellement des roches basaltiques (ci-contre) et
quelques roches plus riches en silice (phonolites). Les analyses de leur composition
chimique indiquent que ces roches volcaniques sont alcalines et peu siliceuses.
Ces roches peuvent être particulièrement riches en sodium (Na) et en carbonate
de calcium (CaCO3).
On peut mettre en relation l’existence de ces roches volcaniques avec un fort apport
de chaleur observé dans les mines d’évaporites exploitant la potasse (KC1) au cœur
du rift rhénan. Le flux thermique calculé est de 50 °C/km à 100 °C/km au lieu de la
moyenne de 30 °C/km. Ce potentiel énergétique est d’ailleurs utilisé en géothermie
notamment à Soultz-sous-Forêt (voir chapitre 15). Pour identifier l’origine du magma,
les scientifiques utilisent les enregistrements de la vitesse des ondes sismiques P,
qui indique un ralentissement de 5,5 km/s au lieu de 6,5 km/s sous le rift rhénan.
Cet indice permet donc de localiser la zone de fusion partielle (FP) à l’origine des
roches alcalines. La zone de FP se trouve donc à 100 km de profondeur. De plus, la
nature chimique de ces roches volcaniques permet d’estimer l’importance du taux
de fusion partielle (voir chapitre 6). Les basaltes alcalins comme les phonolites sont
des roches formées à partir de la cristallisation d’un magma alcalin et hyposiliceux.
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