CHAPITRES • La tectonique des plaques
■ Marie Tharp est
une scientifique américaine née en 1920. Elle
travaille à l’observatoire du Lamont à partir de 1948. Les femmes
étant interdites à bord
des navires scientifiques à l’époque, elle
effectue tout le travail
d’interprétation des
données récoltées. Elle
construit la carte mondiale des fonds océaniques qui sera révélée
en 1978.
Charles Richter identifient les régions étroites localisant les tremblements de
terre superficiels autour de l'Afrique, dans l’Arctique et l’océan Indien, à l'endroit
où des crêtes océaniques sont observées ;
• à partir des années 1950, il devient possible de mesurer l'aimantation rémanente
des roches, et donc de reconstruire la position en latitude d'un échantillon par
rapport au pôle magnétique (voir chapitre 7). Ces mesures difficiles et fastidieuses
ont été effectuées sur des roches anciennes (jusqu’à 200 millions d'années) en
Europe, en Australie ou en Amérique du Nord. Les résultats montrent des latitudes
qui semblent incohérentes si les continents sont restés fixes. Les continents
auraient donc bougé les uns par rapport aux autres ;
• la géophysique marine lève peu à peu le voile sur des mystères des fonds marins.
Dans les années 1950, la sismologie montre que la croûte dans les océans est
quatre fois moins épaisse que dans les continents, quels que soient les bassins.
Cela montre que les fonds océaniques et les continents étaient de nature différente.
La découverte d’une ceinture tectonique continue passant au milieu de tous les
océans, fut primordiale. Les signaux sismologiques confirmèrent la cartographie
de vallées : les dorsales étaient des rifts.
Les années 1960 commencèrent donc pleines de promesses, notamment avec les
missions d’exploration (1953-1981) à bord du navire Vema de l'observatoire du
Lamont (Etats-Unis), qui sillonna les océans sur plus de deux millions de kilomètres
pour récolter des échantillons et des carottages des fonds marins, des mesures de
flux de chaleur, sismiques et photographiques.
Dès 1960, Harry Hess, un géologue américain, profita des progrès réalisés en
1950 pour constituer une synthèse entre la dérive des continents et la convection
du manteau : il proposa que les fonds marins fonctionnent comme un tapis roulant,
arrivant depuis les profondeurs du manteau vers la surface au niveau des dorsales,
et plongeant à l’intérieur de la Terre au niveau des fosses océaniques. C’est un
géophysicien américain, Robert Dietz. qui reprit ces idées et donna un nom à ce
phénomène une année plus tard : l’expansion des fonds océaniques.
Les années qui suivirent ne firent que confirmer cette hypothèse, à travers des
faisceaux convergents d’informations. Nous en développons deux ici.
1.2.2 Les anomalies magnétiques
Les données les plus percutantes et puissantes en faveur de l'hypothèse de l'expansion des fonds océaniques sont les anomalies magnétiques mesurées sur les navires.
Définitions
Les anomalies magnétiques correspondent à un champ magnétique mesuré différent du champ
magnétique terrestre prédit, à la position donnée, à partir d’un modèle à grande longueur
d’onde, basé sur l’actuel et les modèles. On interprète les sources de ces anomalies comme
étant dans la croûte océanique : celle-ci contient des roches aimantées. Les anomalies positives sont le fruit du champ produit par une aimantation rémanente de même sens que celui
du champ actuel, alors que les anomalies négatives indiquent la présence d’une aimantation
rémanente dans le sens inverse de l’actuel.
Le signal magnétique en surface peut être modélisé mathématiquement pour localiser
précisément les sources aimantées. Ainsi, dans les années 1960, des scientifiques.
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