CHAPITRES • La tectonique des plaques
• des fossiles stratigraphiques identiques se retrouvent aujourd'hui à des latitudes
et donc des environnements très différents, alors qu'en refermant l'Atlantique
ils peuvent se trouver sur des bandes climatiques latitudinales cohérentes et
continues (figure 8.1a) ;
• des traces de paléoglaciers d’âges similaires sont situées aujourd'hui sur des
latitudes très éloignées, certaines même à l’équateur. En refermant l'Atlantique, ces
traces dessinent un grand glacier continu au Sud, dont les directions d’écoulement
sont cohérentes (figure 8.1b) ;
• il existe une continuité lithologique et structurale entre les formations géologiques
de ces continents, qui est parfaite lorsque l’on imagine que les blocs se
touchent (figure 8.1c).
Pour Wegener, il ne fait aucun doute qu'un supercontinent unique qu’il appelle
Pangée a existé, avant qu’il ne se disloque en ces morceaux dispersés que l’on
observe aujourd’hui. Il développe donc un modèle, et propose que :
• les continents se seraient séparés à une vitesse de quelques mètres par an ;
• les forces qui permettent ces mouvements sont reliées à des effets de la rotation
de la Terre sur elle-même ou autour du Soleil.
Malheureusement pour lui, si son hypothèse de mobilité est aujourd'hui acceptée, son modèle a été rapidement rejeté, notamment sous les efforts du physicien
Harold Jeffreys : les vitesses de dérive étaient trop rapides, et les forces proposées
trop faibles. A l’époque, la théorie qui proposait que la Terre en se refroidissant
se contracte, formant ainsi des plissements et autres déformations, restait donc
dominante. Alfred Wegener disparut en expédition au Groenland en 1930, avant
de voir ses travaux contribuer à construire les bases des théories actuelles.
FOCUS
Se faire l’avocat du diable
C’est un exercice formateur que d’organiser un débat en groupe sous forme de jeu de
rôle entre des défenseurs de théorie de la dérive des continents et des défenseurs de la
théorie de la contraction de la Terre. Ou simplement, si l’on est seul, de se faire l’avocat
du diable en montant une argumentation contre la dérive des continents.
Il s’agit de prendre les arguments de Wegener, comme la forme des côtes d’Afrique et
d’Amérique du Sud, et de proposer un raisonnement scientifique cohérent pour expliquer
comment la contraction de la Terre l’explique aussi bien.
Ce genre d’exercice, qui met en débat les hypothèses de Wegener, montre la différence
entre hypothèse et modèle. La particularité du modèle est de réaliser des prédictions, qui
peuvent être vérifiées par des données indépendantes de celles utilisées pour construire
l’hypothèse. Dans le cas de la dérive des continents de Wegener, l’hypothèse était pertinente, mais le modèle rapidement falsifié : les prévisions sur la vitesse de dérive et sur les
forces qui font bouger les masses continentales étaient erronées. On peut ensuite réfléchir
plus largement à la construction de théories du complot et aux faiseurs de doutes, qui
fonctionnent sur le principe d’émettre des hypothèses sans aller jusqu’au modèle, restant
ainsi infalsifiables... mais aussi invérifiables. C’est une différence entre la rationalité qui
apporte du savoir, et la rationalisation qui apporte souvent l’illusion1.
1. Cf. Edgar Morin, Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Paris, Unesco. 1999.
https://unesdoc.unesco.Org/ark:/48223/pf0000117740_fr
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• des fossiles stratigraphiques identiques se retrouvent aujourd'hui à des latitudes
et donc des environnements très différents, alors qu'en refermant l'Atlantique
ils peuvent se trouver sur des bandes climatiques latitudinales cohérentes et
continues (figure 8.1a) ;
• des traces de paléoglaciers d’âges similaires sont situées aujourd'hui sur des
latitudes très éloignées, certaines même à l’équateur. En refermant l'Atlantique, ces
traces dessinent un grand glacier continu au Sud, dont les directions d’écoulement
sont cohérentes (figure 8.1b) ;
• il existe une continuité lithologique et structurale entre les formations géologiques
de ces continents, qui est parfaite lorsque l’on imagine que les blocs se
touchent (figure 8.1c).
Pour Wegener, il ne fait aucun doute qu'un supercontinent unique qu’il appelle
Pangée a existé, avant qu’il ne se disloque en ces morceaux dispersés que l’on
observe aujourd’hui. Il développe donc un modèle, et propose que :
• les continents se seraient séparés à une vitesse de quelques mètres par an ;
• les forces qui permettent ces mouvements sont reliées à des effets de la rotation
de la Terre sur elle-même ou autour du Soleil.
Malheureusement pour lui, si son hypothèse de mobilité est aujourd'hui acceptée, son modèle a été rapidement rejeté, notamment sous les efforts du physicien
Harold Jeffreys : les vitesses de dérive étaient trop rapides, et les forces proposées
trop faibles. A l’époque, la théorie qui proposait que la Terre en se refroidissant
se contracte, formant ainsi des plissements et autres déformations, restait donc
dominante. Alfred Wegener disparut en expédition au Groenland en 1930, avant
de voir ses travaux contribuer à construire les bases des théories actuelles.
FOCUS
Se faire l’avocat du diable
C’est un exercice formateur que d’organiser un débat en groupe sous forme de jeu de
rôle entre des défenseurs de théorie de la dérive des continents et des défenseurs de la
théorie de la contraction de la Terre. Ou simplement, si l’on est seul, de se faire l’avocat
du diable en montant une argumentation contre la dérive des continents.
Il s’agit de prendre les arguments de Wegener, comme la forme des côtes d’Afrique et
d’Amérique du Sud, et de proposer un raisonnement scientifique cohérent pour expliquer
comment la contraction de la Terre l’explique aussi bien.
Ce genre d’exercice, qui met en débat les hypothèses de Wegener, montre la différence
entre hypothèse et modèle. La particularité du modèle est de réaliser des prédictions, qui
peuvent être vérifiées par des données indépendantes de celles utilisées pour construire
l’hypothèse. Dans le cas de la dérive des continents de Wegener, l’hypothèse était pertinente, mais le modèle rapidement falsifié : les prévisions sur la vitesse de dérive et sur les
forces qui font bouger les masses continentales étaient erronées. On peut ensuite réfléchir
plus largement à la construction de théories du complot et aux faiseurs de doutes, qui
fonctionnent sur le principe d’émettre des hypothèses sans aller jusqu’au modèle, restant
ainsi infalsifiables... mais aussi invérifiables. C’est une différence entre la rationalité qui
apporte du savoir, et la rationalisation qui apporte souvent l’illusion1.
1. Cf. Edgar Morin, Sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Paris, Unesco. 1999.
https://unesdoc.unesco.Org/ark:/48223/pf0000117740_fr
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