Squelette d’une Éponge de toilette ("Euspongia officinalis”), espèce pêchée depuis des temps très anciens.
Tunisie, des archipels grecs et turcs, de l’Istrie
et de la Dalmatie), dans la mer des Antilles (Cuba,
Bahamas, Floride), le long des côtes de la Mer
rouge et des mers japonaises. Les formes intéressantes du point de vue économique appartiennent
aux Démospongiés dont le squelette corné fournit
l’éponge commune que l’on trouve dans le commerce. Les Éponges siliceuses et calcaires n’ont
pas d’utilisation pratique. Suivant leur coloration,
leur élasticité, leur grain, leur douceur et leur
résistance, les Éponges utiles, c’est-à-dire cornées,
sont classées en plusieurs catégories: fines, Venise
et fines-dures. Les plus connues appartiennent aux
genres Euspongia et Hïppospongia, telles l’Éponge
de toilette (Euspongia officinalis) et la Laineuse
ou Tête-dure (Hippospongia communis), plus grossière et plus rugueuse que la première.
En Méditerranée, les bancs exploités pour le
commerce sont formés par ces deux espèces auxquelles vient s’ajouter Spongia zimocca, dont les
oscules sont presque tous rassemblés sur la partie
supérieure aplatie.
Plusieurs autres espèces importantes se trouvent le long des côtes occidentales des Indes et
sont connues, dans le commerce, sous les noms
de: Laine de Floride, Herbe de Cuba et Gant de
Floride.
La récolte à la main est le procédé de pêche
le plus ancien; les plongeurs descendent au fond,
sans aucune protection, et cueillent autant d’Éponges qu’ils le peuvent pendant la durée de leur
plongée. La pêche au harpon, tout aussi primitive, peut se pratiquer jusqu’à 10 ou 15 m. de
profondeur; la difficulté réside alors dans le fait
qu’il faut arracher les Éponges de leur support
en les déchirant le moins possible. On utilise
encore la drague, sorte de sac de 2 ou 3 m. de
profondeur, maintenu ouvert par un châssis mesurant jusqu’à 12 m. de long; un système de
câbles la traîne sur le fond où elle arrache tout
ce qu’elle rencontre. La pêche à la drague n’est
pas sans inconvénients car elle détruit les gisements et ne peut être pratiquée que sur les fonds
plats. L’emploi du scaphandre a permis de considérables progrès; le scaphandrier peut en effet
descendre jusqu’à 40 ou 50 m. de profondeur, et
choisir les exemplaires les mieux formés. Le seul
inconvénient de cette dernière méthode est, bien
entendu, le prix du matériel et du personnel spécialisé. En Méditerranée, la pêche est pratiquée
par des flottilles armées à cet effet, et dure de
mai à septembre.
A leur sortie de l’eau, les Éponges sont noirâtres et visqueuses; elles sont immédiatement lavées et débarrassées de leurs parties molles qui
ne tarderaient pas à pourrir en durcissant et en
rendant le squelette inutilisable.
Généralement, les squelettes de spongine sont
blanchis avec de l’eau de chlore, de l’hyposulfite
de sodium, du permanganate de potassium, et
dégraissés à l’aide d’une solution ammoniacale.
Des lavages répétés les débarassent également
du soufre qu’ils contiennent et qui finirait, à la
longue, par attaquer la spongine. L’Éponge, telle
qu’on la trouve dans le commerce a donc subi
de nombreux traitements. Mais cette industrie a
grandement souffert du progrès des matières plastiques synthétiques qui permettent de fabriquer
des éponges artificielles beaucoup moins coûteuses
que les naturelles.
Les Spongiaires font partie des animaux vivants les plus anciens, comme le prouvent leurs
fossiles qui datent du Cambrien, c’est-à-dire de
500 millions d’années environ. Leur structure étant
extrêmement simple, à peine plus complexe que
celle d’une colonie de Protozoaires, ils sont classés
517
Tunisie, des archipels grecs et turcs, de l’Istrie
et de la Dalmatie), dans la mer des Antilles (Cuba,
Bahamas, Floride), le long des côtes de la Mer
rouge et des mers japonaises. Les formes intéressantes du point de vue économique appartiennent
aux Démospongiés dont le squelette corné fournit
l’éponge commune que l’on trouve dans le commerce. Les Éponges siliceuses et calcaires n’ont
pas d’utilisation pratique. Suivant leur coloration,
leur élasticité, leur grain, leur douceur et leur
résistance, les Éponges utiles, c’est-à-dire cornées,
sont classées en plusieurs catégories: fines, Venise
et fines-dures. Les plus connues appartiennent aux
genres Euspongia et Hïppospongia, telles l’Éponge
de toilette (Euspongia officinalis) et la Laineuse
ou Tête-dure (Hippospongia communis), plus grossière et plus rugueuse que la première.
En Méditerranée, les bancs exploités pour le
commerce sont formés par ces deux espèces auxquelles vient s’ajouter Spongia zimocca, dont les
oscules sont presque tous rassemblés sur la partie
supérieure aplatie.
Plusieurs autres espèces importantes se trouvent le long des côtes occidentales des Indes et
sont connues, dans le commerce, sous les noms
de: Laine de Floride, Herbe de Cuba et Gant de
Floride.
La récolte à la main est le procédé de pêche
le plus ancien; les plongeurs descendent au fond,
sans aucune protection, et cueillent autant d’Éponges qu’ils le peuvent pendant la durée de leur
plongée. La pêche au harpon, tout aussi primitive, peut se pratiquer jusqu’à 10 ou 15 m. de
profondeur; la difficulté réside alors dans le fait
qu’il faut arracher les Éponges de leur support
en les déchirant le moins possible. On utilise
encore la drague, sorte de sac de 2 ou 3 m. de
profondeur, maintenu ouvert par un châssis mesurant jusqu’à 12 m. de long; un système de
câbles la traîne sur le fond où elle arrache tout
ce qu’elle rencontre. La pêche à la drague n’est
pas sans inconvénients car elle détruit les gisements et ne peut être pratiquée que sur les fonds
plats. L’emploi du scaphandre a permis de considérables progrès; le scaphandrier peut en effet
descendre jusqu’à 40 ou 50 m. de profondeur, et
choisir les exemplaires les mieux formés. Le seul
inconvénient de cette dernière méthode est, bien
entendu, le prix du matériel et du personnel spécialisé. En Méditerranée, la pêche est pratiquée
par des flottilles armées à cet effet, et dure de
mai à septembre.
A leur sortie de l’eau, les Éponges sont noirâtres et visqueuses; elles sont immédiatement lavées et débarrassées de leurs parties molles qui
ne tarderaient pas à pourrir en durcissant et en
rendant le squelette inutilisable.
Généralement, les squelettes de spongine sont
blanchis avec de l’eau de chlore, de l’hyposulfite
de sodium, du permanganate de potassium, et
dégraissés à l’aide d’une solution ammoniacale.
Des lavages répétés les débarassent également
du soufre qu’ils contiennent et qui finirait, à la
longue, par attaquer la spongine. L’Éponge, telle
qu’on la trouve dans le commerce a donc subi
de nombreux traitements. Mais cette industrie a
grandement souffert du progrès des matières plastiques synthétiques qui permettent de fabriquer
des éponges artificielles beaucoup moins coûteuses
que les naturelles.
Les Spongiaires font partie des animaux vivants les plus anciens, comme le prouvent leurs
fossiles qui datent du Cambrien, c’est-à-dire de
500 millions d’années environ. Leur structure étant
extrêmement simple, à peine plus complexe que
celle d’une colonie de Protozoaires, ils sont classés
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