A gauche: "Hirudisoma pallidum”, Diplopode qui mesure à peu près 1 cm. et qui
possède de 42 à 90 paires de petites pattes. A droite: "Polydesmus collaris” qui peut
atteindre 34 mm. de long, et qui appartient également à l’ordre des Diplopodes.
Les représentants des deux premiers se ressemblent tellement que seul le microscope permet
de les distinguer. Polydesmus complanatus, l’un
des plus largement répandus en Europe, se rencontre aussi bien en montagne qu’en plaine, et
jusqu’aux abords des neiges éternelles. Son corps
est robuste et peut atteindre, chez la femelle, une
longueur de 28 mm.; le dos aplati peut mesurer
jusqu’à 5 mm., de large. L’animal est d’un brun
jaunâtre ou d’une couleur de terre. Il se nourrit
de substances végétales en décomposition.
Polydesmus collaris se reconnaît immédiatement aux taches jaunes ou orangées qui soulignent
certaines de ses carènes.
Par contre, les représentants du genre Strongylosoma diffèrent très sensiblement des précédents. Leur tronc, composé de 20 segments, ne
porte ni tubercules, ni carènes aliformes; il présente tout au plus de petites côtes à peine marquées sur les flancs. Dans l’ensemble, les Strongylosoma ressemblent davantage aux Iules qu’aux
Polydesmus.
Strongylosoma pallipes se trouve en terrain
humide, dans les bois et sous les taillis; il est
répandu dans presque toute l’Europe. Son corps,
assez massif, atteint une longueur de 16 à 21 mm.
avec un diamètre de 2 à 2,5 mm.; chacun de ses
anneaux porte un sillon transversal. L’animal est
brun ou roussâtre, et présente deux séries dorsales
de taches transversales jaunâtres; les pattes sont
roussâtres ou d’une teinte plus pâle.
Les Glomeris, et les nombreuses formes voisines, sont très différents de tous les Diplopodes
décrits plus haut. Ici, le nombre des plaques dorsales et, par conséquent, le nombre de paires de
pattes, sont beaucoup plus réduits (11 ou 13 plaques dorsales, et de 17 à 23 paires de pattes). En
outre, les plaques ayant la forme d’un demicylindre à peu près parfait, le dos est, de ce fait,
très convexe; quand l’animal s’enroule sur luimême, il prend la forme d’une petite sphère très
difficile à saisir à cause des téguments lisses.
Bien que l’on connaisse beaucoup d’espèces
de Glomeris on peut difficilement les distinguer
sans risques d’erreur, tant la couleur et les dessins
sont variables à l’intérieur d’une même espèce.
Chez Glomeris hexastica par exemple, espèce
largement répandue en Europe, la couleur fondamentale est le brun ou le noir sur lequel tranchent, le long du dos, 6 ou 7 rangées longitudinales de taches à peu près triangulaires, claires,
jaunes, blanchâtres ou roussâtres, se prolongeant
jusqu’à l’avant-dernier segment; le dernier segment ne porte que deux taches arrondies, plus ou
moins rapprochées. Cependant, cette livrée typique est sujette à d’innombrables variantes: ainsi,
la largeur des bandes dorsales est si variable que
l’on passe graduellement des exemplaires foncés
à bandes claires, aux exemplaires clairs tachetés
de foncé.
L’une des plus belles espèces du groupe est
Glomeris transalpina. Son corps, assez robuste et
fortement convexe, est revêtu d’un tégument chitineux, lisse, d’un beau noir brillant; les plaques
dorsales ont leur bord postérieur ourlé d’une large
bande rouge ou jaune roussâtre. La tête est noire,
ainsi que la plaque thoracique entièrement ourlée
de rouge. Une bande d’un rouge jaunâtre couvre
presque entièrement le dernier segment du tronc.
Précisons que la longueur peut atteindre 8 mm.
chez les mâles, et 16 chez les femelles.
Parmi les formes exotiques, signalons les
Sphaerobelum et les Sphaeropoeus de l’Asie sudorientale, les gros Sphaerotherium de l’Afrique
du sud, et les Globotherium de Madagascar qui
— ce qui est unique chez les Myriapodes — sont
munis d’un appareil stridulant situé dans les
pattes postérieures.
Enfin, toujours parmi les Diplopodes, Polyxenus lagarus mesure 2,5 ou 3 mm. de long, sur 0,5
à 0,8 mm. de large. Son corps déprimé, assez
trapu, au contour à peu près ovale, est entièrement
recouvert de poils dentés ou dentelés, qui lui donnent l’aspect d’un animal emmitouflé dans une
fourrure. Sur la tête, ces poils forment une sorte
de visière dirigée vers l’avant; sur les 11 plaques
dorsales, assez convexes et plus larges que longues, ils sont disposés en rangées transversales
et forment une touffe hérissée sur les côtés. Deux
touffes dirigées vers l’arrière garnissent le segment caudal. Ce minuscule animal est brun ou
grisâtre, et ses touffes caudales, argentées ou brunes, brillent comme de la soie.
Polyxenus lagurus et les espèces voisines sont
largement répandus, mais étant donné qu’ils sont
très petits et qu’ils ont l’habitude de se dissimuler,
ils passent à peu près inaperçus.
Pauropodes et Symphyles
L’ordre des Pauropodes est le moins connu de
ceux que comportent les Myriapodes, car ses représentants sont extrêmement petits et délicats,
si bien qu’il est très difficile de les capturer et
de les examiner.
Leur corps minuscule peut être pâle et mou
comme celui des Chilopodes, ou foncé et chitinisé
comme celui des Diplopodes. Leurs principales
caractéristiques sont: des antennes bifides qui ressemblent à celles des Crustacés et qui sont munies
de fouets, un nombre réduit de plaques dorsales
(de 6 à 10) et de paires de pattes (9), enfin, la
présence de poils sensoriels.
Les Pauropodes vivent dans le terreau et se
nourrissent de substances organiques en décomposition; ils sont répandus en Europe et en Amérique du nord.
Dans cet ordre, nous ne retiendrons que Pauropus huxleyi.
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