ment. Lorsqu’elles sont prêtes à se métamorphoser,
elles ont la tête et la partie antérieure du dos
couleur de fer; elles sortent alors de terre et se
nymphosent sur le sol, dans un cocon protecteur.
L’espèce la plus connue de la famille des Cossides. Cossus cossus est très différente de celle que
nous venons de décrire. Elle est très connue des
bûcherons sous le nom de Cossus gâte-bois, car elle
provoque des dommages considérables aux arbres.
Les Papillons au corps roux et trapu, aux ailes
grises rayées transversalement, sortent en juillet
et ont une envergure de huit centimètres. Les
femelles pondent jusqu’à sept cents œufs, en petits
groupes, dans l’écorce de différents arbres: chênes,
châtaigniers, hêtres, noyers, peupliers, pommiers,
poiriers, etc. Elles choisissent de préférence les
vieux troncs; les chenilles naissent au bout de
quelques jours et, après avoir vécu quelque temps
sous l’écorce, entreprennent de creuser un tunnel
en s’aidant de leurs robustes mandibules. Après
avoir passé l’hiver sous l’écorce, elles recommencent leur travail dès le printemps en creusant, en
ligne droite ou à peine ondulée, une galerie dirigée
de bas en haut. La larve grossit au fur et à mesure
et, lorsqu’elle atteint neuf ou dix centimètres de
long, ses tunnels peuvent avoir une longueur
d’un mètre. La chenille est rougeâtre; ses excréments, que l’on trouve parfois entassés dans les
tunnels, sont de la même couleur.
Lorsque l’instant de la métamorphose approche,
la chenille creuse un tunnel perpendiculaire au
tunnel principal à l’extrémité duquel elle tisse un
cocon où elle se transforme en chrysalide. Le Papillont sort sans peine de cette galerie dont l’ouverture affleure la surface du tronc.
Les mœurs et l’habitat de Zeuzera pyrina, le
Zeuzère du poirier, sont les mêmes que ceux de
Cossus. Légèrement plus petit que ce dernier, ce
Zeuzère est fort gracieux; son corps et ses ailes
sont clairs tachetés de bleu. La chenille est jaune,
tachetée de noir; sa tête est d’un noir uni. Les œufs
sont pondus isolés les uns des autres, sur des
branches, sur des tiges et même à la racine des
bourgeons du pommier, du poirier, du châtaignier,
de l’orme, etc. Les chenilles creusent le tronc de
la même façon que celles des Cossus; elles sont
donc tout aussi nuisibles qu’elles.
pénètrent alors dans les fruits et creusent des
tunnels, habituellement dirigés vers le centre; elles
les souillent de leurs déchets. Un mois après les
chenilles quittent le fruit et tissent dans les crevasses de l’écorce de l’arbre un tout petit cocon
blanc où elles se nymphosent. Vers le milieu de
l’été, d’autres adultes naissent et pondent des œufs
à leur tour. Les larves qui éclosent ensuite percent
des galeries dans les fruits d’automne et passent
l’hiver à l’état de chenilles dans un cocon filé lui
aussi dans les fissures de l’écorce.
Les cultivateurs craignent aussi beaucoup une
autre espèce de la même famille: Laspeyresia molesta ou Cydia molesta, connue parfois sous le nom
de Teigne orientale du pêcher. Ce Papillon plus
petit que celui de l’espèce étudiée ci-dessus est
de couleur sombre, piquetée de blanc. Il possède
plusieurs générations par an; tandis que les larves
de la première génération s’attaquent aux pousses
tendres en y creusant des galeries descendantes,
celles de la deuxième génération attaquent d’une
part les pousses et s’insinuent d’autre part dans
la chair des jeunes fruits qu’ils font pourrir. Les
larves des troisième, quatrième et cinquième générations, qui se suivent jusqu’à l’automne, se comportent toutes comme celles de la deuxième.
Une autre espèce très connue qui dépouille complètement les branches de leurs feuilles est la Tordeuse du chêne (Tortrix viridana). Les adultes, dont
l’envergure dépasse à peine deux centimètres, ont
les ailes antérieures d’un vert éclatant et les ailes
postérieures grises. Au printemps, les femelles pondent leurs œufs par couples en les fixant au sommet des branches les plus hautes des chênes, entre
les pousses; mais ce n’est qu’au printemps suivant,
c’est-à-dire un an après, que les chenilles naissent;
elles détruisent les jeunes feuilles après les avoir
liées par des fils de soie. Elles se déplacent du haut
vers le bas, tout en emmêlant les feuilles dont elles
se nourrissent. Quelques années après, il n’est.pas
rare que les arbres attaqués meurent. La chenille
se métamorphose dans un petit cocon de soie
blanche, protégé par des feuilles enchevêtrées.
Les Tortricidés
La famille des Tortricidés comprend quatre
mille espèces. C’est donc une des plus vastes de
l’ordre des Lépidoptères. Quoique étant généralement de petite taille, les adultes ont néanmoins
de grandes ailes; ils sont actifs au crépuscule. Les
chenilles, phytophages, sont presque complètement
nues, elles vivent dans des milieux divers en creusant les fruits, les tiges et les branches, se nourrissant avec voracité des fleurs et des feuilles
qu’elles enroulent en général deux à deux en les
liant par des fils de soie, d’où leur nom vulgaire
de « Tordeuses ».
La larve de Carpocapsa pomonella, l’une des
espèces les plus communes de la famille, porte
parfois le nom de chenille des pommiers et des
poiriers. L’adulte a une* envergure de deux centimètres; les ailes postérieures sont grises tandis
que les ailes antérieures sont ornées de bandes
transversales sombres. En mai, lorsque tombent les
pétales des arbres fruitiers, les femelles pondent
leurs œufs sur les pédoncules des fleurs et sur les
petits fruits. Les larves qui viennent ae naître
' Exemplaire de Géométridé. Le nom de cette famille vient de la démarche curieuse
des chenilles qui semblent "métrer” le sol, tel un arpenteur. On leur donne d’ailleurs
aussi le nom de chenilles arpenteuses.
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